Île Rouge

21) La Vanille

La Vanille

Orchidacées

21ème TYPE

LA VANILLE

La vanille, Vanilla planifolia (Orchidaceae), est originaire du Mexique. Elle était utilisée par les Aztèques pour parfumer le cacao. Elle fut introduite en Europe vers 1800. Son nom est espagnol et signifie petite gaine : vainilla.

Elle fut introduite anciennement à la Réunion où on la cultivait surtout à titre de curiosité et de plante décorative. Transportée aux Comores et sur la Côte-Est de Madagascar, au 19ème Siècle, elle y trouva un terrain d’élection.

Mais la disposition très curieuse de ses fleurs ne permet pas à la vanille de se reproduire sans intervention étrangère. Aussi restait-elle stérile. Ce n’est que vers la fin du siècle que les colons apprirent à faire la fécondation et la préparation des « gousses ». Depuis lors, la production de la Grande-Île a été croissant et elle fournit aujourd’hui une bonne moitié des vanilles vendues sur le marché mondial, soit près de 500.000 k.

Cette grande liane, à tiges un peu charnues, à grandes feuilles épaisses ovales et pointues au sommet, à nervures parallèles peu marquées, doit s’enrouler autour d’un tuteur.
- La tige émet de nombreuses racines adventives qui se dirigent vers le sol et peuvent atteindre de grandes longueurs. Un grand nombre de ces racines aériennes n’ont pas de poils absorbants, mais sont entourées d’une couche de grandes cellules irrégulières qui peuvent absorber directement l’humidité de l’atmosphère. On a donné à l’ensemble de ces cellules le nom de « voile », car elles paraissent toujours un peu floues sur les préparations microscopiques, en raison de leurs grandes dimensions.
- Au début de la saison chaude, on voit apparaître à l’aisselle de feuilles supérieures, des épis de grandes fleurs blanches, très décoratives. Ces fleurs ont une structure extrêmement curieuse. Elles comportent un ovaire très allongé, légèrement tordu, qu’on prend souvent pour un pédoncule tant il est long. Au sommet de cet ovaire, sont fixés 3 sépales blancs, puis les 3 pétales. Les deux pétales latéraux ressemblent beaucoup aux sépales, mais le pétale inférieur beaucoup plus développé, est bien différent. Il est enroulé en une sorte de tuyau dont les bords se touchent presque dans le haut. Ses bords sont élégamment frangés. Au centre et au-dedans, il porte un faisceau de lames parallèles, déchiquetées. On lui donne le nom de « labelle ». Enfin, tout au centre de la fleur et soudé à la base du labelle, on trouve une sorte de colonne qui joue à la fois le rôle : d’un style, d’un stigmate, ainsi que celui d’une étamine, le « gynostème ». Le pollen est aggloméré en deux grosses masses sphériques, les « pollinies ». Elles sont protégées par un capuchon, sur lequel il suffit d’appuyer pour les faire tomber sur le sommet du stigmate. L’opération s’effectue à l’aide d’une petite aiguille de bois. Ce sont généralement les enfants ou les femmes qui pratiquent cette fécondation artificielle.
- Le fruit est une capsule très allongée, pouvant atteindre 25 centimètres et qu’on appelle improprement « gousse ». Il renferme de très nombreuses graines minuscules et noires. Ces graines ne peuvent germer par leur propre moyen car elles doivent recevoir des sucres du milieu extérieur, pour que leur développement soit assuré. Dans la nature, elles sont envahies par un champignon microscopique qui leur fournit les sucres nécessaires à leur germination, puis vit aux dépends de la plante à l’intérieur des cellules de ses racines. On peut déclencher également la germination, en semant les graines dans des milieux riches en sucre.
- Les gousses de vanille n’ont aucune odeur à l’état frais. Pour que leur parfum délicieux apparaisse, il faut leur faire subir une préparation : On commence par tremper les fruits dans l’eau chaude. Puis, il faut les faire sécher avec précaution, en les enveloppant de couvertures de laine, pour que leur température reste aussi constante que possible. Cette opération demande une sérieuse expérience et les bons préparateurs de vanille sont rares.
- La vanille demande pour se développer, un sol couvert d’humus de forêt. Il lui faut aussi le climat humide et chaud de la Côte-est. C’est dans la région d’Antalaha que se trouvent les plus belles cultures de vanille.

PLANTES VOISINES

La vanille appartient à la curieuse famille des Orchidées, l’une des plus riches de la Grande-Île, puisqu’elle compte près de 1000 espèces malgaches.

Les orchidées de Madagascar sont remarquables, surtout par leur spécialisation à un habitat quelquefois extrêmement restreint : une seule source, un petit coin de forêt. Nombre de ces espèces poursuivent leur évolution sous nos yeux et les formes nouvelles apparaissent certainement encore dans les formations primitives. Hormis quelques rares espèces, les orchidées sont incapables de vivre en dehors des conditions de la forêt primaire. Aussi, est-ce sans doute des centaines d’espèces qui ont été détruites avec les formations forestières du Centre et de l’Ouest et qui resteront à jamais inconnues pour la science et pour les amateurs orchidophiles.

Un grand nombre d’orchidées malgaches sont dignes d’être cultivées pour la beauté et l’originalité de leurs fleurs :

1°) Au premier rang de celles-ci, il faut citer les grands Angrecs, Angraecum (Orchidaceae) :
- L’angrec d’un pied et demi, Angraecum sesquipedale (Orchidaceae) qui doit son nom à ses fleurs d’un blanc de porcelaine qui peuvent atteindre 20 centimètres de diamètre. Elles sont pourvues d’un éperon de 30 centimètres de long. Tout au fond de cet éperon se trouve une glande à nectar. Un seul insecte a le privilège de butiner le suc de ce nectaire, car sa trompe atteint une longueur suffisante : C’est un papillon nocturne, un sphinx, le Xanthopan morgani predicta de Morgan. C’est lui qui effectue le transport des pollinies et féconde la fleur en venant boire à ce calice réservé.
- L’angrec superbe, Angraecum eburneum (Orchidaceae), de la forêt de l’Est (Ambila, Tamatave), fournit de grandes hampes de fleurs, moins belles mais délicieusement parfumées.
- L’angrec odorant, Jumellea fragrans et Jumellea françoisii (Orchidaceae), de la Réunion. Il est connu sous le nom créole de faham et exhale un parfum encore plus délicat, dû à la coumarine On l’utilise pour parfumer le linge et pour préparer des infusions délicieusement parfumées et douées de vertus stimulantes, stomatiques et pectorales.

2°) Parmi les autres orchidées épiphytes, il faut citer une plante spéciale à la petite île de Sainte-Marie :
- Eulophielle d’Elisabeth, Eulophiella roemplerana (Orchidaceae), dont les grandes grappes de fleurs mauves, à labelle rehaussé de jaune, sont très décoratives.
- Les Aeranthes dont les fleurs d’un vert-sombre, à pétales curieusement découpés, pendent à l’extrémité d’interminables pédoncules.

3°) Les orchidées terrestres ne le cèdent en rien en beauté à leurs congénères aériennes :
- Les Gastrorchis, Gastrorchis (Orchidaceae), épanouissent leurs belles hampes de fleurs dans les sous-bois de la Forêt-orientale.
- Le Gastrorchis de Humblot, Gastrorchis humblotii (Orchidaceae), aux fleurs mauves.
- Le Gastrorchis de François, Gastrorchis françoisii (Orchidaceae), à fleurs roses avec un labelle finement fimbrillé de jaune et de brun, sont communs dans les forêts de la Mandraka.
- Sur les flancs de l’Ankaratra, les sous-bois de Manjakatompo se parent en janvier des charmantes grappes violettes du Calanthe de Warpur, Calanthe madagascariensis Watson (Orchidaceae).

Tandis que les vallées humides, protégées des feux, arborent les brillantes couleurs :
- Du Disa incarnat, Disa incarnata (Orchidaceae), à fleurs d’un pourpre orangé-vif.
- Et du Disa de Buchenau, Disa buchenaviana (Orchidaceae), à fleurs bleu-roi.

Arrêtons-là notre énumération, car il vaut beaucoup mieux contempler ces merveilles que les décrire.

Les quatre derniers types de plantes que nous venons de décrire ont un important caractère commun : leur embryon ne comporte toujours qu’un seul cotylédon.

Ils constituent la classe des Monocotylédones.

On peut résumer les caractères qui permettent de les distinguer dans le tableau suivant :

Fleurs petites, à corolle nulle ou peu colorée La tige est un chaume et les fleurs bisexuées Graminées
La tige est un stipe et les fleurs unisexuées Palmiers
Fleurs grandes, à calice et corolle, colorés Étamines différenciées, pollen libre Liliacées
Étamines concrescentes avec le style. Pollen aggloméré en pollinies Orchidées

Toutes les plantes groupées autour de ces 21 premiers types portent des fleurs, dont les ovules sont protégés par un ovaire fermé. Les graines résultant du développement des ovules restent enfermées dans un fruit, au moins jusqu’à la maturité de celui-ci.

On les a réunies pour former :

Le sous-embranchement des plantes à ovules protégés ou Angiospermes.

Voir aussi : Annexe : La vanille

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