Île Rouge

23) Le Polypode

Le Polypode

Filicinées = Fougères :

Polypodacées :

Aspleniacées – Adiantacées- Davalliacées

Oléandracées – Ptéridacées - Lycopodacées

Marattiacées - Osmundacées – Thélyptéridacées

Vittariacées - Ptéridacées - Schizéacées

Cyathées – Dicksoniacées

Hyménophyllées

Sélaginelles :

Sélaginellacées

23ème TYPE

LES FOUGÈRES

Les fougères ne produisent jamais de fleur. Elles se reproduisent par des spores et non par des graines. Elles comportent généralement une tige, des feuilles et des racines bien différenciées. Ces racines sont pourvues de vaisseaux où la sève circule.

Madagascar compte plus de 500 espèces de fougères. Ce sont des plantes à port extrêmement divers : depuis les grandes Cyathées, Cyathea (Cyatheaceae), arborescentes, jusqu’aux minuscules Hymenophylles qui couvrent les troncs humides de leurs petites feuilles, ressemblant à des mousses. C’est surtout à la forêt orientale, chaude et humide, qu’appartiennent les plus nombreuses espèces.

Les Malgaches donnent aux fougères le nom d’ampanga.

1er exemple : Le polypode excavé, Lepisorus excavatus (Polypodiaceae) :
- C’est une fougère épiphyte que l’on observe dans toutes les forêts du Centre et de l’Est de Madagascar, Ankaratra, Ambohimanga, Mandraka, Analamazaotra, etc.
- Sa tige rampante, assez grêle, est couverte de poils abondants.
- Elle se fixe aux écorces grâce à de nombreuses racines.
- De place en place naissent des feuilles entières, oblongues, lancéolées, atteignant une vingtaine de centimètres de longueur. Les jeunes feuilles, non encore développées, sont toujours enroulées en forme de crosse.
- À la partie inférieure de ces feuilles, on aperçoit de petites excavations arrondies qui ont valu son nom à la plante. On dirait qu’on a frappé avec un poinçon cette partie de la feuille et à la face supérieure, on voit nettement une petite saillie. C’est au fond de ces curieux petits renfoncements que se trouvent les sores. Un sore est constitué par une petite membrane arrondie qui protège une petite coupelle au fond de laquelle, on peut voir avec une forte loupe, de nombreux petits sacs de couleur brune. Chacun de ces sacs renferme de très nombreuses spores : C’est un sporange.
- Lorsqu’une spore tombe à terre dans un endroit convenable, humide et chaud, elle germe. Mais ce n’est pas un nouveau polypode qui apparaît, c’est une sorte de lame verte, très mince et à peine visible à l’œil nu : le prothalle.
- À la face inférieure du prothalle, on peut voir au microscope, deux sortes d’organes très importants malgré leur petite taille :
- Les uns sont des sortes de petites boites qui laissent échapper de petits corpuscules, enroulés en spirale et pourvus de cils qui leur permettent de nager activement dans la mince couche d’eau qui recouvre le prothalle. Ce sont les cellules mâles ou anthérozoïdes.
- Les autres ont la forme de petites bouteilles dont le long col fait seul saillie à l’extérieur. Elles renferment une grosse cellule : la cellule femelle ou oosphère.
- L’une, des nombreuses cellules mâles qui nagent à la surface du prothalle, arrivera bientôt au contact de l’oosphère. Il se forme alors un œuf, dont le développement va donner naissance à un nouveau polypode.

On peut donc schématiser comme suit le cycle des fougères :

Schema 1

PLANTES VOISINES

Il est impossible de songer à énumérer les espèces de fougères, même les plus communes. Nous signalerons cependant de nombreuses espèces de polypodes, voisines de la plante décrite ci-dessus et qui ont des sores arrondis :
- Les Aspléniums, Asplenium (Aspleniaceae-Polypodiaceae) dont le genre comprend 650 espèces cosmopolites. Les frondes composées sont souvent fort décoratives et portent des sores allongés, linéaires.
- Les Adiantes ou capillaires de Montpellier, cheveux de Vénus, Adianthum capillus – veneris (Adiantaceae-Polypodiaceae), aux feuilles très divisées et dont les sores, en forme de haricot, sont situés sur le bord des petites folioles. Ses noms malgaches sont : Ampanga, manilahy (mern., betsil.)
- Les Néphrolepis, Nephrolepis (Oleandraceae-Polypodiaceae), sont souvent utilisés pour la décoration des appartements ou des vérandas. Ils se multiplient outre les spores, par des sortes de tubercules que forme le rhizome, parfois à une grande distance du pied-mère.
- Les Ptéris, Pteris (Pteridaceae-Polypodiaceae), dont les sores sont disposés tout le long du bord de la feuille, soulignant celle-ci d’une bande noirâtre.
- La fougère-aigle, Pteridium aquilinum = Pteridium aquilina (Pteridaceae-Polypodiaceae), (aquila signifie : aigle), voisine des Ptéris est extrêmement répandue à Madagascar. Elle doit son nom : « car en tranchant la partie de la tige enterrée, on voit sur la surface de la section le dessin grossier de l’aigle bicéphale, héraldique, l’emblème de la Maison d’Autriche. ». Malgré son énorme expansion dans l’île, elle y est toujours stérile et ne produit jamais de spores. Son terrain de prédilection est la lisère des forêts. Elle s’y accumule parfois en amas énormes et ses frondes desséchées sont une proie facile pour les feux de brousse. Si bien qu’elle-même contribue à la destruction de la forêt.

Quelquefois, les feuilles qui formeront les spores affectent une forme spéciale, différentes de la forme des feuilles stériles :

- C’est le cas des cornes-de-cerf ou cornes-d’élan, Platycerium bifurcatum et Platycerium madagascariense (Polypodiaceae) : Ces curieuses fougères épiphytes dont les feuilles stériles à peine lobées, sont appliquées sur le support, alors que les feuilles fertiles sont dressées et découpées à la manière des bois des cerfs. Son nom malgache est : ramandrakotra. Ce genre comprend 17 espèces épiphytes.

-  C’est encore le cas des Blechnum, belles fougères à feuilles pennées qu’on trouve souvent au bord des cours d’eau ou dans les endroits protégés des feux, autour de Tananarive. Les feuilles fertiles apparaissent ici à la fin de la saison sèche. Elles sont plus minces que les feuilles stériles et entièrement couvertes par des sporanges qui leur donnent une teinte brune.

Toutes ces fougères constituent la grande famille des Polypodiacées.

- Les cyathées ou fougères arborescentes, Cyathea excelsa (Cyatheaceae) ou Dicksonia antartica (Dicksoniaceae), aux noms vernaculaires de fandia, fougère arbre, sont bien caractérisées par leur tronc qui atteint parfois une dizaine de mètres et leurs grandes feuilles généralement divisées deux ou trois fois. Leurs sores sont dépourvus de membrane de protection. Ils comprennent seulement une petite coupelle où s’entassent de nombreux sporanges. Les Créoles donnent à ces fougères le nom de fanjan et par extension, on appelle ainsi les pots de fleurs que l’on prépare avec leur tige et qui se vendent couramment sur le marché du Zoma. Ces fanjans conservent admirablement l’humidité des arrosages et sont précieux pour la culture de plantes délicates, telles que les orchidées, etc.

2ème exemple : La prêle très rameuse, Equisetum ramosissimum (Equisetaceae) :

- C’est une plante fort commune dans les lieux humides que l’on connaît en Imerina sous le nom de tsitohintohina, alors que les Betsileo l’appellent kitohitohy, autre nom vernaculaire, tsipihipihina. Son aspect rappelle beaucoup la prêle des champs, Equisetum arvense (Equisetaceae), d’Europe, mais ses rameaux sont beaucoup plus allongés et plus grêles. Généralement verticillés par quatre, ces rameaux, ainsi que les tiges, sont constitués de segments qui se déboîtent et se remboîtent très facilement les uns dans les autres. Aussi les Malgaches y avaient-ils vu une signature des propriétés de la plante contre les foulures et les entorses (croyance d’ailleurs répandue dans de nombreux pays). La tige souterraine ou rhizome de la plante est située assez profondément dans le sol et son extirpation est difficile, aussi la prêle constitue-t-elle une mauvaise herbe des plus désagréables.

Les spores de la prêle portent quatre rubans spiralés qui se détendent brusquement lors des alternatives de sécheresse et d’humidité. La spore est alors projetée et peut se déplacer assez loin par ce moyen. Les spores de prêles, toutes semblables, donnent cependant naissance à deux sortes de prothalles, dont les uns ne portent que des cellules femelles et les autres que des cellules mâles.

Son cycle de reproduction qui rappelle beaucoup celui des fougères, à part cette particularité, peut-être représenté par le schéma suivant :

Schema 2

3ème exemple : Le Lycopode éclatant ou somorona, Lycopodium phlegmaria (Lycopodiaceae), (Lycopode : provient du grec, lukos = loup et pous, podos = pied, donc synonyme de pied-de-loup) ; (phlegmaria : provient du grec, phlegein = brûler, briller, être éclatant) :
- Cette espèce est surtout localisée dans la forêt de l’Est.
- C’est une belle plante épiphyte à rameaux tombants.
- Les divisions successives de la tige constituent autant de fourches, on dit que la plante est à ramification dichotomique. Il n’y a plus d’axe principal marqué. Chaque rameau porte des feuilles, petites et nombreuses, simples, à une seule nervure.
- Les feuilles ne forment plus des verticilles, comme chez les prêles, mais sont insérées en spirale continue.
- Les fructifications apparaissent au sommet des rameaux, ce sont des sortes d’épis à ramifications également dichotomiques, pourvus de courtes bractées imbriquées à l’aisselle desquelles apparaissent des sporanges. Tous ces épis sont situés au même niveau et forme dans leur ensemble une sorte de frange qui a valu à la plante, le nom créole d’ « épaulette », car elles rappellent effectivement les épaulettes de certains uniformes militaires.
- Les spores sont toutes semblables et se comportent, lors de leur germination comme celles des fougères, donnant naissance à un prothalle bisexué.
- Il est à noter que les racines de la plante sont aussi à ramification dichotomique.

Les Lycopodes sont représentés par de nombreuses espèces, dans toutes les forêts de l’île et certaines affectionnent aussi les talus et les fossés un peu humides.

Le lycopode courbé, Lycopodium cernuum = Lycopodiella cernua (Lycopodiaceae), noms vernaculaires : tanantandraka, hazotsilaky ou tongotsokina, dont le port rappelle celui d’un arbre de Noël, minuscule et avec ses bougies. Il est abondant en Imerina. Cette plante est aussi fort répandue à la Réunion où on l’utilise largement dans la décoration, sous le nom de « fougère décorative. » Elle servait autrefois paraît-il, à couronner les lauréats des examens, à défaut des traditionnelles « feuilles de laurier ».

PLANTES VOISINES

Il faut rapprocher des Lycopodes, les sélaginelles, Selaginella (Selaginellaceae), délicates petites plantes qui tapissent souvent le sol humide des forêts. Ce genre comprend 600 espèces tropicales.
- Certaines espèces cependant affectionnent les lieux desséchés. Leurs frondes ont la curieuse propriété de se dessécher et de se refermer pendant la sécheresse, pour reverdir et s’étaler largement dès les premières pluies. La plus célèbre est S. lepidophylla (Selaginellaceae), appelée \"rose de Jéricho\". Nom vernaculaire : Patte de lézard.
- Les sélaginelles se reproduisent par deux sortes de spores :
- Les unes microspores de faibles dimensions donnent naissance à de petits prothalles portant les organes mâles.
- Alors que les autres, beaucoup plus volumineuses, appelées macrospores, donnent naissance à de grands prothalles sur lesquels se développent les organes femelles. Le cycle de la reproduction chez les sélaginelles comporte donc une plus longue séparation des sexes, que chez les autres plantes de cet embranchement.

Nous en donnons le schéma ci-dessous :

Schema 2

Madagascar comme nombre de régions tropicales compte afin de très nombreuses fougères aquatiques :
- Les marsilies, Marsilea, dont les feuilles sembles être des « trèfles à quatre feuilles ».
- Les salvinies, Azolla (Salvinaceae) qui couvrent d’énormes surfaces du lac Alaotra de leurs petites feuilles rappelant la forme d’une carène de bateau.

Ces deux variétés de plantes aquatiques comptent parmi les plus répandues.


Toutes ces plantes ont été réunies dans l’important Embranchement des plantes sans fleurs, mais pourvues de vaisseaux ou Cryptogames vasculaires.

Cet embranchement peut-être divisé en quatre classes :

1°) Plantes à feuilles bien développées, à spores identiques, donnant naissance à des prothalles bisexués : Fougères proprement dites

2°) Plantes à feuilles très petites, verticillées, à spores identiques, donnant naissance à des prothalles unisexués : Prêles

3°) Plantes à feuilles très petites, non verticillées : Lycopodes

4°) Plantes aquatiques : Fougères aquatiques

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