Île Rouge

24) Les Mousses

Le Polytric

Mousses :

Dicranacées – Fissidentacées – Funapiacées – Hedwigiancées – Hypnacées – Polytrichnacées – Pottiacées – Sphagnacées - Splachnacées

et

Hépatiques :

Jungermanniacées - Marchatiacées

24ème TYPE

Les MOUSSES et les HÉPATIQUES

Ce sont encore des plantes sans fleur. Elles sont en général de plus petite taille que les fougères. Elles possèdent encore une tige et des feuilles différenciées, mais les filaments qui les fixent au sol « les rhizoïdes » ne renferment plus de vaisseaux. Leur rôle dans l’absorption est limité, voire nul et ils ne peuvent mériter le nom de racine.

Les mousses ne se développent bien en général que dans les lieux humides. Exemple :
- Le polytric, Polytrichum, est une des plus grandes espèces de mousses. Il atteint une vingtaine de centimètres de hauteur. On le rencontre souvent sur les talus humides exposés au Sud et bien protégés du soleil, en Imérina et sur toutes les pentes orientales.
- Il comporte une tige rampante plus ou moins ramifiée et fixée au sol par de fausses racines ou rhizoïdes. C’est sur cette tige que les tiges aériennes dressées prennent naissance et portent de nombreuses feuilles rapprochées, mais alternes. Chaque feuille très mince est généralement formée d’une seule assise de cellules. Elle porte dans sa plus grande longueur une sorte de côte rappelant une nervure, mais ne renfermant aucun tissu vasculaire. Ces feuilles ne tombent jamais, elles se dessèchent à la base pendant que de nouvelles se forment au sommet de la tige. Jamais les tiges dressées du polytric ne se ramifient.
- Vers la fin de la saison des pluies, on voit apparaître au sommet des tiges feuillées, une sorte de pédicelle grêle, au sommet duquel est portée une petite urne. Cette urne est enveloppée d’une sorte de capuchon, la coiffe, à toucher un peu visqueux. Cette coiffe se détache bientôt, mettant à nu la petite urne un peu anguleuse. Celle-ci est encore fermée par un petit chapeau pointu, l’opercule. Sur l’ouverture de l’urne sont fixées une trentaine de petites dents très fines, recourbées vers le centre. Elles se relèvent rapidement à la sécheresse et provoquent l’ouverture de l’urne. À ce moment s’échappent de nombreuses spores. L’urne constitue donc un sporange.
- L’une des spores tombant à terre y germe et donne naissance à un filament plus ou moins compliqué : le protonéma. C’est sur ce protonéma qu’apparaissent les nouvelles tiges feuillées.
- Au début de la saison des pluies (novembre), les tiges feuillées sont presque toutes terminées par une rosette de petites feuilles, d’un vert plus tendre que les feuilles ordinaires. Si l’on examine en détail l’une de ces rosettes, on y distingue entre de nombreux poils, deux sortes d’organes reproducteurs :
- 1°) De petites massues fournissent de nombreux anthérozoïdes ou cellules mâles.
- 2°) Des sortes de bouteilles à long col, les archégones, renferment chacune une cellule femelle.
- La fusion des cellules mâle et femelle donne naissance à l’œuf. C’est le développement de cet œuf qui forme le pédicelle et le sporange, que nous avons étudié précédemment.

Le cycle reproducteur du polytric peut donc être schématisé ainsi :

Schema 1

Le polytric nous apparaît donc comme une succession de deux individus :
- 1°) La tige feuillée provenant de la spore, c’est-à-dire d’origine asexuée.
- 2°) La tige sporifère qui se développe sur la première, mais constitue en réalité un nouvel être provenant d’un œuf, c’est-à-dire d’origine sexuée.

Il est intéressant de noter que l’individu provenant de l’œuf se réduit ici au sporange, alors qu’il constitue la plante entière chez les fougères et les plantes à fleurs. Réciproquement la tige feuillée de la mousse, issue de la spore, correspond au prothalle de la fougère et chez les plantes à fleurs, aux deux cellules qui se forment lors de la germination du grain de pollen.

La comparaison de l’importance des deux individus peut être établie d’après le tableau suivant :

Individu issu de l’œuf
Plantes à fleurs Toute la plante 2 cellules
Fougères Toute la plante feuillée Le prothalle
Mousses Le sporange Toute la plante feuillée

Au fur et à mesure que nous étudions les plantes plus simples, nous constatons donc une diminution de l’importance de la plante issue de l’œuf et réciproquement une augmentation considérable des formes, auxquelles la spore donne naissance.

PLANTES VOISINES

Les MOUSSES

Il existe dans la Grande-Île environ 600 espèces de mousses réparties un peu partout, mais surtout dans le Centre, dans l’Est et dans le Nord-ouest.

- Les anectangies forment généralement des sortes de coussinets dans les reliques de forêts basses et claires qui se dessèchent pendant la saison froide. On les trouve aussi dans les bois de tapias, aux environs d’Ambositra et sur les pentes occidentales.
- Les fissidens comptent de très nombreuses espèces vivant tantôt à terre et tantôt sur les arbres. On les trouve jusque dans les zones relativement froides de l’Ouest : Marovoay et Maintirano.
- Les taylories assez semblables par leur port aux précédentes, mais s’en distinguent par leur urne terminée en bec conique.
- Les trématodons, les trichostomes et les physcomitries comptent parmi les plus petites espèces. Les dernières se distinguent facilement des autres genres par leurs urnes renflées, à large ouverture. Elles vivent dans toute l’île, sur les vieux troncs, dans les lieux humides.

- Ces mousses ont des sporanges qui naissent au sommet des rameaux dressés.

- Chez les hedwigies au contraire, les tiges dressées sont ramifiées et ce sont les rameaux axillaires qui portent les sporanges. Ceux-ci sont dépourvus de pédicelles et fermés par un opercule en forme de verre de montre. Les feuilles de ces curieuses mousses sont dépourvues de chlorophylle et complètement transparentes au sommet. On les rencontre parfois sur les rochers humides des pentes orientales.
- Les hypnum qui sont beaucoup plus fréquents, notamment dans les marécages tourbeux du Centre, ont eux aussi des sporanges sur les rameaux axillaires.
- Enfin les sphaignes ont un appareil végétatif plus divisé. Elles ont la curieuse propriété de se dessécher et de mourir à la base, tandis que leur sommet continu à végéter. Elles sont très abondantes dans certains marais et leurs parties desséchées constituent par accumulation la tourbe. La tourbe peut brûler comme le charbon. On l’utilise aussi comme litière pour les animaux, car elle peut se gorger de liquide comme une éponge. Enfin, elle peut constituer un bon amendement pour les sols latéritiques du Centre, toujours pauvre en azote.

Les mousses jouent un rôle extrêmement important dans les forêts situées entre 1000 et 2000 mètres d’altitude où elles sont souvent très abondantes et plus particulièrement, sur les flancs des monts Tsaratanana et Andringitra. Les arbres de ces forêts sont entièrement couverts de mousses qui s’accrochent jusque sur leurs feuillages. Elles y constituent une véritable éponge qui retient une humidité constante.

Plus haut, à partir de 2400 mètres, lorsque la végétation devient moins luxuriante, elles forment sur le sol un tapis si épais qu’on s’y enfonce souvent jusqu’au genou. Ces forêts-éponges arrêtent le ravinement des eaux sauvages, régularisent le cours des ruisseaux, constituent un régulateur admirable de l’humidité atmosphérique. Leur destruction transforme chaque année, les ruisseaux paisibles en torrents furieux et les contrées les plus fertiles en déserts ravagés par des crues catastrophiques.

Si la forêt à mousses du Tsaratanana venait à être détruite, s’en serait fait de la riche vallée du Sambirano, l’une des régions les plus fertiles de la Grande-Île. Aussi importe-t-il de sauvegarder à tout prix ces formations. Elles ont été aujourd’hui transformées en Réserves Naturelles où il est interdit à quiconque de pénétrer sans autorisation spéciale.

Les HÉPATITES

Les marchanties, Marchantia, sont communes dans les lieux humides et assez obscurs :
- Leur corps est constitué par une seule fronde, sorte de petite lame verte à contours plus ou moins découpés qui s’applique sur le sol et s’y fixe par de nombreux rhizoïdes ou fausses racines. Pendant la saison chaude, on voit apparaître sur cette fronde de petites productions atteignant 2 ou 3 centimètres de hauteur, en forme de parapluie.
- Certains de ces parapluies portent les anthéridies où se forment les cellules mâles. D’autres ont à leur face inférieure des archégones en forme de bouteille, renfermant chacune une cellule femelle. Lorsque cette cellule femelle est fécondée, elle se transforme en œuf. L’œuf donne comme chez les mousses naissance à un sporogone, mais il est ici très réduit et reste toujours enfermé dans l’archégone. Il fournit des spores qui germent et donnent directement naissance à une jeune marchantie, sans former de protonéma. On constate encore ici une nouvelle régression du développement de la plante issue de l’œuf, au bénéfice de celle qui est issue de la spore.
- De place en place, on voit aussi des sortes de petites coupelles, dépourvues de pied et dans lesquelles se forment des sortes de petites bulbilles vertes, appelées propagules. On attribuait autrefois à la marchantie polymorphe des propriétés médicinales et elle était fort utilisée dans le traitement des affections du foie, d’où le nom d’hépatique qu’on lui donna et qui s’étendit à tout le groupe.
- Les hépatiques constituent un groupe très nombreux. Il comprend des formes qui établissent la transition avec les mousses.

Les jungermannies notamment ont des frondes rampantes, mais où l’on distingue nettement une tige et des feuilles.

Les mousses et les hépatiques ont été réunies dans l’Embranchement des plantes sans fleur, dépourvues de vaisseau ou Muscinées.

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