Île Rouge

25) Les Algues

La Sargasse

Algues :

Algues brunes : Fucacées - Diatonées

Algues vertes : Codiacées – Confervacées Ulvacées

Algues rouges ou Floridées : Coralliaires

Hypnéacées Délessériacées Rhodomélacées

Algues bleues

Bactériacées :

Astérocoques

Bacilles :

Bacillacées – Mycobactériacées Pasteurellacées

Bactéries :

Ultra-microbes ou virus-filtrants :

Molécules : etc.

25ème TYPE

Les ALGUES

Les algues sont des végétaux essentiellement aquatiques. Elles vivent dans l’eau douce, l’eau de mer ou quelquefois dans les lieux humides.

Il est impossible de reconnaître dans le corps de ces végétaux les organes que nous avons décrits précédemment, chez les autres. On ne distingue, ni tige, ni racine, ni feuille, ni fleur. Toutes sont constituées par des filaments diversement ramifiés. L’ensemble de ces filaments se nomme : le thalle.

Les filaments des algues renferment toujours de la chlorophylle. Mais la couleur verte de cette substance peut être dissimulée par les couleurs, souvent très vives d’autres pigments, que la plante accumule en même temps. Ces pigments secondaires peuvent être rouges, bruns ou bleus.

La classification des algues est basée sur leur coloration. On distingue :

- 1°) Les algues brunes
- 2°) Les algues vertes
- 3°) Les algues rouges
- 4°) Les algues bleues

1°) Les algues brunes

Exemple : Les sargasses

- Les sargasses sont des algues communes sur les côtes de la Grande-Île. En particulier à Majunga et à Fort-Dauphin.
- Comme toutes les algues marines, les sargasses affectionnent les côtes rocheuses découpées, surtout si elles sont protégées des grandes lames par des récifs coralliaires. Il leur faut d’autre part, des eaux assez chaudes. Elles ne croissent jamais sur les plages de sable ou de galets roulants qui rendent leur fixation impossible.
- La sargasse se fixe sur les rochers par un large disque adhésif, appelé : crampon. Son thalle, bien que l’on ne puisse y distinguer aucun organe nettement différencié comme nous l’avons dit, présente quand même une organisation très complexe. Les sargasses sont parmi les plus évoluées des algues. Le thalle qui peut atteindre une très grande longueur, comporte un filament principal, duquel se détachent des filaments plus petits, des sortes de rameaux. Sur ces rameaux, on distingue des filaments un peu rubanés, sortes de pseudo-feuilles et de petits renflements, en forme de grains de raisin, remplis d’air. Ce sont des flotteurs qui permettent à la plante de se maintenir à la surface de l’eau. L’ensemble du thalle est de couleur brune.
- Sur certains rameaux se forment de petites vésicules fermées lorsqu’elles sont jeunes, par un petit opercule conique. C’est à l’intérieur de ces vésicules que se forment les cellules reproductrices.
- Certaines vésicules donnent naissance à 8 grosses cellules dont une seule grossit, tandis que les 7 autres sont comprimées près des parois. La grosse cellule ainsi formée est une cellule reproductrice femelle. D’autres cavités, plus petites, renferment 64 petites cellules. Chacune de ces petites cellules s’allonge en forme de poire et peut se déplacer, grâce à deux fils vibratiles : c’est la zoospore. Lorsque ces cellules reproductrices sont mûres, la zoospore ou cellule mâle est 30.000 fois plus petite que la femelle.
- La fusion des deux cellules reproductrice fournit l’œuf qui donnera par son développement, naissance à une nouvelle sargasse.
- Les sargasses sont très abondantes dans toutes les mers tropicales. Elles sont parfois arrachées des côtes, lors des tempêtes et s’accumulent dans certaines régions en amas énormes : La mer des Sargasses dans l’Océan Atlantique-Nord, au large des Bermudes, en est l’exemple le plus connu.

ALGUES VOISINES

- Une des espèces la plus curieuse est la padine queue de Paon, commune à Majunga et à Fort-Dauphin, sur les rochers et dans les flaques d’eau qui restent à marée-basse. Ses frondes ont une forme bien particulière. Elles sont étalées en éventail et zonées de raies multicolores. La plante ne dépasse jamais une vingtaine de centimètres.
- Il faut rapprocher des algues brunes, les diatomées qui accumulent aussi, outre la chlorophylle, du pigment brun. Ce sont de petits organismes unicellulaires ne dépassant pas 1/10ème de millimètre et dont le corps est entouré d’une sorte de carapace à deux valves, imprégnée de silice et très dure. La carapace persiste après la mort de la plante et ces êtres microscopiques sont si nombreux, que leurs débris peuvent constituer d’énormes assises géologiques. Les diatomées vivent aussi bien au fond des mers que dans les eaux les plus modestes, sources, etc. Certaines supportent des conditions tout à fait curieuses. Par exemple, dans les eaux thermales d’Antsirabe qui sont à 56° et contiennent en solution très concentrée des sels minéraux divers, on a trouvé de nombreuses diatomées. Leurs débris joints aux sels minéraux déposés, lorsque les eaux s’évaporent, ont constitué d’importants amas.

2°) Les algues vertes

Exemple : Les conferves

- Ce sont des algues d’eau douce qui forment de longues crinières vertes, composées de filaments très fins, sur les pierres des torrents. Les Malgaches les nomment lomotra et les utilisent à la manière des cataplasmes sur les brûlures, les fractures et les plaies.
- Ces filaments sont constitués de cellules réunies bout à bout et présentent l’aspect de tubes cloisonnés. À l’intérieur de chaque cellule, on distingue au microscope de nombreux grains verts qui sont les grains de chlorophylle.
- Le thalle est ici de couleur vert clair (il existe en effet, avec la chlorophylle, un pigment jaune : la xanthophylle)
- À l’extrémité de certains filaments, de nombreuses zoospores se forment dans les cellules. Elles se déplacent grâce à leurs cils. Bientôt elles arrivent sur un support solide. Elles perdent alors leurs cils, grossissent et reproduisent une nouvelle conferve.

ALGUES VOISINES

Les algues vertes comptent aussi de nombreuses espèces marines. Citons parmi les plus répandues :
- Les ulves ou laitues de mer dont les grandes frondes, à contour arrondi, atteignent de 20 à 50 centimètres, rappelant assez bien l’aspect des feuilles de salade. Elles sont fréquentes sur les rochers de Fort-Dauphin et de Sainte-Luce.
- Le codium tomenteux qu’on rencontre souvent sur les Côtes du Sud et de l’Ouest, a des frondes d’un vert plus sombre, abondamment ramifiées.
- On trouve dans les mêmes stations, l’entéromorphe comprimé, aux frondes d’un vert sombre également, mais généralement entières, élargies au sommet, alors que la base forme un tube étroit.

3°) Les algues rouges

Les algues rouges sont toutes marines et vivent dans les eaux profondes. La richesse de leurs coloris et leurs formes souvent gracieuses, les ont fait nommer floridées ou fleur de mer. Citons parmi les plus communes :
- La petite hypnée en forme de mousse qui forme des touffes épaisses, de petites frondes très divisées, d’un rouge peu brillant et légèrement verdâtre
- La chondrie à feuilles épaisses dont les frondes charnues et cylindriques ont un touché gélatineux. Elles sont surtout fréquentes sur les côtes australes occidentales.
- Tandis qu’à Tamatave, on trouve en abondance la laurencie obtuse dont les frondes pyramidales, à ramifications verticillées, étalées horizontalement, souvent renflées en massue, sont d’une belle couleur pourpre.
- Les delesseries sont aussi très décoratives. Leur thalle forme des sortes de feuilles pourvues d’une nervure et d’une belle teinte purpurine. Les rochers de Fort-Dauphin portent une espèce autochtone : la delesserie de Ferlus.
- Il faut citer aussi, à cause de la bizarrerie de leur port, les corallines qui ont des parois incrustées de calcaire et dont les fines découpures ont souvent la forme des antennes d’insectes.
- Ainsi que les melobésies, algues encroûtées qui forment des plaques épaisses sur les rochers maritimes, généralement de couleur rose. Ces plaques sont parfois curieusement ramifiées. Elles appartiennent alors au genre : Lithothamnion, représenté à Fort-Dauphin par plusieurs espèces autochtones. Ces dernières ont souvent été confondues avec des animaux inférieurs et placées parmi les polypiers.

Les collections d’algues floridées, quand elles sont bien préparées, comptent parmi les plus décoratives. Elles peuvent être facilement réalisées sur toutes les côtes malgaches.

4°) Les algues bleues

Les algues bleues de Madagascar sont encore très peu connues.

Rappelons qu’on groupe à côté d’elles l’importante famille des Bactériacées qui joue un rôle si grand dans le monde.

LES BACTERIES

Les bactéries (du grec : baktêria = bâton) sont de très petits végétaux, de quelques millièmes de millimètre, généralement dépourvus de pigment. Leur unique cellule ne comporte pas non plus de noyau différencié, fait unique dans le monde végétal.

On appelle bactéries pathogènes, celles qui provoquent la plupart des maladies contagieuses :

1°) Chez l’homme : peste (bacille de Yersin), tuberculose, fièvre typhoïde, etc.

2°) Chez les animaux : charbon, etc.

3°) Chez les plantes cultivées : feu du manioc, maladie bactérienne de l’eucalyptus, etc.

Elles reçoivent suivant leur forme, des noms divers :

- Bâtonnets droits : Bacilles

- Bâtonnets arqués : Vibrions

- Enroulés en spirale :Spirilles

- Formes à peine plus longue que large : Bactéries

- Formes sphériques, groupées en chaîne : Streptocoques

- En grappes : Staphylocoques

- Par 8 éléments :Sarcines

- Isolées : Microcoques

- Certaines sont si petites qu’elles sont à peine visibles au microscope, telles que les : Astérocoques

- D’autres ne sont visibles qu’à l’ultramicroscope

- Enfin, certaines Bactériacées qu’on a classées parmi les ultra-microbes ou virus-filtrants, parce qu’elles passent à travers des pores des filtres de porcelaine, sont complètement invisibles.

C’est probablement sous une forme analogue que la vie a dû apparaître à la surface du globe. Les virus-filtrants sont incapables d’une vie autonome. Ils ne peuvent se développer que dans une autre cellule vivante.

Malgré leur extrême petitesse, ils n’en sont pas moins redoutables : Ils provoquent un grand nombre de maladies contagieuses, chez l’homme et les animaux : rage, variole, etc., vis-à-vis des plantes cultivées : mosaïque du tabac, de la canne à sucre, etc. On soupçonne certains d’eux d’être à l’origine du cancer.

MaladieTailleNom de la bactérieNom commun
TUBERCULOSE (x 700) Mycobacterium tuberculosis var. hominis (Schroeter) Bacille de Koch.
CHARBON (x 1000) Bacillus anthracis Cohn Bactéridie charbonneuse
PNEUMOCOQUE (x 800) Diplococcus penumoniae Weichselbaum Pneumocoque
TÉTANOS (x 800) Clostridium tetani Nicolaïer (Holland) Bacille de Nicolaïer
LEPRE (x 1000) Mycobacterium leprae G. A. Hansen – Lehmann & Neumann Bacille de Hansen
PESTE BUBONIQUE (x 1.100) Pastereurella pastia Lehmann et Neumann – Bergey & Al. Bacille de Yersin

Schema 5

J’espère que ces quelques détails intéresseront les amateurs de ce monde des algues, si attachant et dont l’étude est à peine effleurée dans la Grande-Île.

Qu’il aime le très grand ou le très petit, chacun y trouve une étude à son goût, puisque les algues comportent, à la fois les végétaux les plus grands et les plus petits du monde : Depuis les quelques millionièmes de millimètre des virus, jusqu’au ½ kilomètre qu’atteignent certaines macrocystes de la mer des Sargasses.

La classe des algues est bien caractérisée par les traits suivants :

- Végétaux aquatiques
- Constitués par un thalle indifférencié
- Chlorophylle toujours présente, mais souvent masquée par un autre pigment.

Les algues sont des Thallophytes à chlorophylle.

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