Île Rouge
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26) Les Champignons

La Lépiote de Madagascar

Champignons :

Agarics – Bolets ou Ceps – Pleurotes – Amanites - Chanterelles ou Girolles – Lépiotes ou Coulemelles – Lactaires - Russules – Morilles - Vesses de loup, etc.

Champignons comestibles

Champignons vénéneux

Champignons parasites de l’homme des animaux et des végétaux

Champignons industriels : Les levures

26ème TYPE

Les CHAMPIGNONS

Les champignons sont comme les algues des végétaux, chez lesquels il est impossible de distinguer des organes correspondant à ceux des plantes supérieures. Leur corps est constitué d’un thalle. Mais alors que les algues renferment de la matière verte ou chlorophylle, les champignons n’en renferment jamais. Ils sont donc incapables de puiser dans l’air le carbone nécessaire à leur vie, le pigment vert étant indispensable pour cette fixation. Ils doivent puiser ce carbone au sein de matières organiques déjà formées.

- Les champignons doivent donc vivre sur les matières organiques en décomposition : humus, feuilles pourries, etc. : On dit alors, qu’ils sont saprophytes.
- Mais ils peuvent également vivre aux dépens des plantes ou des animaux encore vivants : Ils sont alors parasites.

Ce n’est que depuis peu d’années que les champignons de Madagascar ont fait l’objet d’études suivies. Aussi un grand nombre d’entre eux sont-ils encore inconnus.

Parmi les grosses espèces de champignons, certaines sont comestibles. Les Malgaches les désignent sous le nom d’holatra :

Les plus répandues sont les lépiotes (vient du grec : lépis = écaille) ou coulemelle, de la famille des Agaricacées :

- La lépiote de Madagascar, Lepiota madagascariensis (Agaricaceae), pousse dans les endroits riches en humus et en particulier près des parcs à bœufs. C’est un grand champignon atteignant une quinzaine de centimètres. Il est constitué d’un chapeau en forme de parapluie, relevé au centre en un petit cône assez pointu et porté par un pied assez mince. Au tiers supérieur du pied se fixe une bague, sorte de membrane qui fermait le chapeau lorsqu’il était jeune. Le dessous du chapeau est d’un blanc jaunâtre, orné de petites squames brunes, plus abondantes au centre. En dessous, on observe un grand nombre de lamelles blanches.

- Si l’on gratte le sol au pied du champignon, on y observe de nombreux petits filaments qui forment parfois comme un feutrage. Ces filaments constituent le thalle ou corps du champignon : On leur donne le nom de mycélium. La partie charnue que l’on consomme n’est que l’organe de fructification du champignon. En effet, si nous détachons avec précaution le chapeau de notre lépiote et que nous le plaçons bien à plat sur un papier noir, nous allons voir au bout de quelques heures, un dessin blanc se former sur le papier et y reproduire l’aspect des lamelles. Ce dessin est constitué par une poussière très fine : les spores du champignon. Ces spores très légères peuvent être emportées très loin par le vent et si elles rencontrent un milieu riche en humus et des conditions satisfaisantes de chaleur et d’humidité, elles germent et donnent naissance à de nouveaux filaments mycéliens.

- Si on examine au microscope une petite partie d’une des lamelles, on voit qu’elle est formée de filaments serrés les uns contre les autres et constituant un faux tapis.

- Il n’y a jamais chez les champignons de véritables tissus comme chez les plantes à fleurs. Certains filaments font saillies à l’extérieur, formant un petit renflement appelé : baside. Chaque baside porte quatre spores.

Les champignons comestibles :

À côté des lépiotes, il existe d’autres champignons comestibles à Madagascar :
- Les agarics, Agaricus (Agaricaceae), notamment sont souvent consommés par les Malgaches qui les connaissent sous le nom de : Holatsaonjo, holamahatsikaiky, holatsefotra. Ce sont des champignons à lamelles roses, devenant noires à maturité. Le pied porte toujours un reste d’anneau plus ou moins net. Les agarics se cultivent très facilement dans les endroits ombragés. Ils apparaissent souvent spontanément sur les tas de feuilles de géranium ou de citronnelle qui ont été soumises à la distillation et se décomposent vite.
- Quelques espèces d’agarics, ainsi que des podaxons, ne se rencontrent que sur les termitières dans l’Ouest et le Sud. Les termites en font en effet une véritable culture : Elles établissent des couches avec des fragments de feuilles. Elles y déposent de petits fragments de mycélium de leurs champignons préférés et les entretiennent avec soin. Elles consomment le mycélium quand il a pris un développement suffisant.
- Il existe aussi des coprins, Coprinus (Agaricaceae) et des chanterelles ou girolles, Cantharellus (Agaricaceae), malgaches, comestibles.

D’autre part les champignons se répandent très facilement en raison de la finesse de leurs spores et de leur grand nombre :
- C’est ainsi que la morille, Morchella, a été introduite à Madagascar avec les graines des mimosas
- Le bolet granuleux ou cèpe de pin, Suillus granulatus ou Boletus granulatus (Boletaceae), avec les graines de ces conifères. Ce dernier, très apprécié en France, possède ici des propriétés purgatives assez nettes. D’ailleurs chez les personnes ayant le foie malade, les champignons, même les plus inoffensifs, peuvent provoquer des accidents assez graves.

En ce qui concerne les bolets, il faut signaler que Madagascar compte les plus grandes espèces du monde :
- Le bolet colosse, Boletus colossus (Boletaceae), qui atteint 60 centimètres de diamètre. Il est assez commun sur les côtes orientales, mais plus rare dans l’Est de l’Imerina.
- Le bolet de Bouriquet, Boletus bouriqueti qui atteint 40 centimètres de diamètre, est localisé en Imerina.

Ces deux champignons géants que les Malgaches nomment holabe, ont malheureusement une chair spongieuse, sans grande saveur ou à goût de rave peu agréable.

Les champignons vénéneux :

- Certaines personnes ont avancé qu’il n’y avait pas à Madagascar d’espèce toxique. C’est là une idée complètement fausse. Nous avons dit d’ailleurs que les champignons malgaches étaient encore mal connus et d’autre part, que l’introduction d’espèces nouvelles était très facile. Des espèces vénéneuses peuvent donc être introduites, au même titre que les espèces comestibles et il convient toujours de rejeter les champignons dont on ne peut faire la détermination.
- Les champignons les plus dangereux appartiennent au genre amanite, Amanita (Agaricaceae), caractérisé par la membrane ou volve qui enveloppe entièrement le jeune carpophore (tiré du grec : karpos = fruit et de phore = porter) Le carpophore est l’organe de fructification que l’on nomme habituellement sous le nom de champignon, mais celui-ci n’est en réalité que la partie visible du champignon. La volve se déchire ensuite et l’on en aperçoit les débris sur le chapeau et surtout autour du pied.

Pour ne parler que des espèces actuellement connues :
- L’amanite à odeur d’ail, Amanita alliiodora (Agaricaceae), semble être une des plus suspecte de la Grande-Île. Les Malgaches désignent souvent les Amanites sous le nom de holabetongotea, en raison de leur pied renflé.

Les champignons curieux :

- Il faut mentionner ici le fameux holatafa, sur lequel tant de légendes malgaches existent et qui jouit entre autre, de la réputation de détourner la foudre. C’est un champignon de consistance très coriace, en forme d’entonnoir. A sa base se trouve un volumineux tubercule, un sclérote qui lui a valu le nom de truffe des rois, en raison de son volume.
- Citons aussi les étoiles de terre, les geasters, Geastrum (Lycoperdaceae) qui s’épanouissent dans les forêts humides des pentes orientales (Mandraka).

Tous les champignons cités précédemment produisent un carpophore observable à l’œil nu. Ce sont les macromycètes ou « champignons supérieurs », subdivisés en deux parties :
- Les basidiomycènes, dont les 4 spores se forment dans les cellules terminales, les basides (citées précédemment) comprennent :
- Les champignons à lames : Les amanites, les lépiotes, les coprins, les agarics, etc.
- Les champignons à plis lamelliformes : les chanterelles, etc.
- Les champignons à tube : Les bolets ou cèpes
- Les vesses : Les geastres ou geasters
- Les Ascomycètes, dont les 8 spores se forment à l’intérieur d’utricules nommés : asques. Lorsque les spores sont mûres, l’extrémité des asques s’ouvre et laisse échapper la sporée : Les morilles

Les champignons parasites de végétaux :

- Le climat humide et chaud de nombreuses régions de la Grande-Île, s’il favorise la végétation, favorise aussi malheureusement l’éclosion des champignons parasites et il n’est guère de plantes cultivées qui ne soient en proie à quelques-unes de ces maladies cryptogamiques.
- On voit souvent sur les feuilles du caféier d’Arabie, une rouille qui provoque des taches rouges. C’est un champignon microscopique : Hemileia vastatrix qui est responsable de cette maladie. La culture du caféier d’Arabie a dû être remplacée par d’autres espèces résistantes sur la Côte-est et partout ailleurs, on doit le protéger par des pulvérisations de produits cupriques.
- Le blé autrefois très cultivé autour d’Antsirabe a dû être abandonné en raison des ravages que causaient là encore les rouilles :
- - Rouille noire, causée par le Puccinia graminis
- - Rouille brune, causée par le Puccinia triticina
- - Rouille jaune, causée par le Puccinia glumarum
- La vigne est attaquée par nombre de parasites :
- - Le mildiou : Plasmopara viticola
- - L’oïdium : Uncinula necator
- - L’anthracnose : Glaeosporium ampelophagum
- Les feuilles du haricot son souvent détruites elles-aussi par une rouille : Uromyces appendiculatus
- Enfin la vanille, culture si importante dans la Grande-Île, est la proie de nombreuses maladies dues à des champignons parasites :
- - Pourrissement des racines : Fusarium
- - Pourrissement des gousses : Phytophtora
- - Ces maladies sont si répandues qu’il est impossible de replanter de la vanille sur un sol qu’elle a déjà occupé, car la plantation serait immédiatement détruite.

Tous les champignons parasites ne sont pas forcément microscopiques :
- Le manioc par exemple, porte souvent un parasite très volumineux :
- - Le Phaeolus, dont les organes de fructification atteignent un poids de plusieurs kilogrammes.

Les champignons parasites des animaux et de l’homme :

- Les maladies contagieuses dues à des champignons sont très communes à Madagascar. On leur donne le nom de mycoses.
- Certaines mycoses sont localisées sur la peau. Elles sont généralement dues à des Tricophytes et provoquent des taches plus ou moins purulentes.
- Les Actinomyces déterminent chez le bœuf, une maladie très grave : une tumeur des maxillaires ou abcès profond des mâchoires qui empêchent l’animal de s’alimenter et celui-ci en meurt fréquemment. L’actinomycose peut se rencontrer aussi chez le porc et chez l’homme, mais beaucoup plus rarement.
- Les Aspergilles causent aux volailles des affections graves des voies respiratoires, dont les symptômes se rapprochent de ceux de la pneumonie.
- Le cheval est sujet à deux maladies très graves dues à des champignons :
- - Sporotrichose
- - Farein d’Afrique

- Chez l’homme enfin et surtout chez les enfants, on retrouve fréquemment le muguet qui est une affection des muqueuses de la bouche.
- Les mycoses des membres inférieurs, pieds et jambes, sont fréquentes chez les campagnards. Elles causent des ulcérations profondes d’où s’écoule un pus fétide.
- Enfin, il peut exister des mycoses généralisées quand les spores pénètrent dans les poumons et le sang et que tout l’organisme est envahi. Ces affections très graves ont souvent des symptômes analogues à ceux de la tuberculose et on leur donne le nom de : pseudo-tuberculose.

Les champignons utilisés dans l’industrie :

Il existe un groupe de champignons extrêmement importants pour l’industrie. Ce sont les levures.
- Ces petits champignons microscopiques sont constitués par une seule cellule. Celle-ci se multiplie par bourgeonnement. Le jeune bourgeon se détache bientôt de la cellule-mère, constituant une nouvelle cellule de levure.
- C’est grâce aux levures que nous pouvons fabriquer le pain, la bière, les boissons fermentées et l’alcool. Elles jouent donc dans la vie de l’homme un rôle extrêmement important.

Tous ces végétaux constituent la classe des champignons.

Ils sont caractérisés par leur corps constitué d’un thalle indifférencié, toujours dépourvu de chlorophylle.

Ce sont les Thallophytes sans chlorophylle.

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