Île Rouge

27) Les Lichens

La Parmélie

Lichens :

Lichens fruticuleux : Roccelles – Usnées Parmélies

Lichens crustacés : Lécanores – Graphies Lécidées géographiques

27ème TYPE

Les LICHENS

Les lichens sont très abondants et encore mal connus à Madagascar. Ils constituent des sortes de petites lamelles ou des taches incrustées, jaunes, grises ou roses, sur les troncs des arbres et les rochers les plus arides.

Les vieux murs de latérite autours de Tananarive disparaissent parfois complètement, sous leurs teintes bariolées, surtout lorsqu’ils sont orientés au Sud et protégés du soleil.

Les Malgaches connaissent les lichens sous les noms de volombato et volonkazo, suivant qu’ils se développent sur les rochers ou les écorces.

Les lichens revêtent des formes très diverses :

Certains forment des sortes de buissons minuscules à rameaux finement découpés : Ce sont les lichens fruticuleux.

D’autres sont constitués de lames plus ou moins appliquées sur les supports : Ce sont les lichens foliacés.

Enfin, certains font absolument corps avec leur support, dans lequel ils s’incrustent assez profondément : Ce sont les lichens crustacés.

1°) Les lichens fruticuleux :

Exemple, l’Usnée : Ce lichen est constitué par de longs filaments grisâtres, pouvant atteindre jusqu’à 1 mètre de longueur et que l’on voit souvent pendre des rameaux des arbres de la Forêt orientale. Ces filaments sont solidement fixés aux écorces, par des poils fins et nombreux. On voit çà et là les filaments qui s’épanouissent en des sortes de petits disques, où les spores prennent naissance. Ces lichens sont surtout abondants dans les forêts claires des cimes fréquemment balayées par les vents de l’Est, chargés d’humidité. Ils caractérisent les formations des hauteurs qui domine la Côte-orientale, auxquelles on a donné le nom de sylve à lichens, formations presque entièrement détruites aujourd’hui.

2°) Les lichens foliacés :

Exemple les parmélies : Elles sont fréquentes sur les écorces des arbres isolés. Les lichens foliacés demandent en effet, une situation aérée et ensoleillée. Leur corps est constitué par une sorte de lame contournée, plus ou moins découpée, au centre de laquelle se trouvent de petits disques plus ou moins jaunes d’or.

3°) Les lichens crustacés :

Exemple, les lecanora : Ces lichens sont absolument inséparables des écorces sur lesquelles ils croissent, étant intimement incrustés à l’intérieur de ces écorces. On les rencontre souvent aussi sur les talus de latérite absolument arides et les vieux murs. Ils portent des disques de couleur pâle, gris-clair et de petits tubercules bruns et noirs.
- Les graphies dessinent souvent des sortes d’arabesques sur les écorces jeunes des arbres. Ils sont complètement inclus à l’intérieur de celles-ci.
- La lécidée géographique doit son nom à l’aspect de grandes taches gris-cendré qu’elle forme sur les vieux murs et les talus latéritiques de l’Imerina et dont les contours irréguliers rappellent une carte de géographie.

Structure des lichens :

- Lorsqu’on fait une coupe à l’intérieur d’un lichen, on aperçoit au microscope : Des filaments rappelant ceux d’un champignon, entre lesquels semblent retenues de petites cellules arrondies, dont chacune est une petite algue unicellulaire.
- Ces curieux organismes résultent en effet de la vie en commun, d’un champignon et d’une algue. On a voulu voir dans cette vie en commun, une association admirablement réglée, une symbiose dont les bénéfices seraient réciproques. En effet, l’algue et le champignon isolés ne sauraient vivre dans les lieux arides où prospère le lichen. Le champignon y mourait faute de matière organique et l’algue faute d’humidité. Il semble bien que le champignon bénéficie d’une partie du carbone que l’algue fixe grâce à sa chlorophylle et que celle-ci rencontre entre les filaments du champignon, un milieu plus humide et plus favorable à son existence.
- En réalité, cette association ne va pas sans quelques heurts, comme le prouve l’étude du développement du lichen. Le champignon, envahi par l’algue, réagit en prenant une forme spéciale, comme le ferait n’importe quel hôte attaqué par un parasite. La déformation du champignon correspond à une gale végétale ou au tubercule que forment les tissus animaux infectés par certaines bactériacées. Le champignon répond d’ailleurs par des attaques non moins sévères et on trouve toujours à l’intérieur du lichen, des zones où l’algue est complètement tuée. Mais après une première phase de lutte violente, les antagonistes se fatiguent et une sorte de paix armée, à peine coupée de quelques escarmouches, succède au combat. Il s’établit un équilibre d’ailleurs instable. Malheur au partenaire dont la force diminue. Il sera dévoré par son irascible commensal.
- Le lichen nous apparaît donc comme un curieux cas de parasitisme réciproque, équilibré et non, comme cette symbiose amicale dont il a été fait si souvent l’apogée.

Utilité des lichens :

Certains lichens fournissaient autrefois des matières colorantes rouges ou jaunes, très appréciées et connues sous le nom d’orseille de mer. Ces lichens à orseille donnaient lieu à un commerce très important avec la Compagnie de Madagascar au 17ème siècle. Très abondants sur les rameaux des arbustes dans tout le Sud de l’Ile, ils étaient facilement récoltés. Les deux principales espèces qu’on exploitait alors dans la région de Tuléar étaient :
- La lécanore, rose-cendré.
- Et la roccelle de Montagné. Peu à peu, leur exportation diminua. En 1898, le port de Tuléar n’en livrait plus que 18 tonnes. Leur recherche a été abandonnée depuis la découverte des colorants chimiques. Les lichens sont d’autre part, des végétaux précieux en raison de leur rusticité :
- C’est eux qui apparaissent les premiers sur les rochers et les sols stériles.
- La faible couche d’humus, qu’ils forment en se décomposant, peut permettre ensuite l’établissement d’une végétation plus abondante. Les lichens ne sont pas à proprement parler des plantes, mais des associations. Cependant ces associations sont assez constantes pour permettre une étude extrêmement intéressante.

On leur attribue donc une existence propre.

Ils constituent parmi les Thallophytes : la classe des lichens.

Bien que leurs constituants entrent : D’une part, dans la classe des champignons et d’autre part, dans la classe des algues.


Les trois derniers types de plantes que nous venons d’étudier ont en commun le caractère suivant :
- Corps constitué par un thalle non différencié.
- Elles constituent l’embranchement des Thallophytes (qui autrefois faisaient partie des Cryptogames : dits Cryptogames cellulaires) dont les trois classes se distinguent par les caractères différentiels ci-dessous :
- 1°) Plantes pourvues de chlorophylle : Algues
- 2°) Plantes dépourvues de chlorophylle : Champignons
- 3°) Association d’une algue et d’un champignon : Lichens

L’ensemble des végétaux que nous avons groupés en 27 types constitue :

LE REGNE VÉGÉTAL

Les végétaux sont généralement caractérisés :
- 1°) Par une vie fixée.
- 2°) Par leurs cellules, dont la membrane renferme de la cellulose.

Toutefois la limite, entre les végétaux et les animaux inférieurs, est assez difficile à établir et ceci nous rappelle une fois de plus que les classifications abstraites que construit notre esprit ne peuvent refléter qu’imparfaitement les immenses possibilités de la Nature.


Le règne végétal est divisé en quatre embranchements que nous avons étudiés successivement et qui se différencient par les caractères suivants :

CLASSIFICATION DU REGNE VÉGÉTAL

Plantes à fleursPhanérogames
Plantes sans fleur
sans fruit et sans graine
pluricellulaires
Pourvues de racines Cryptogames vasculaires
ou Filicidées
Ptéridophytes
Cryptogames non vascularisés
Dépourvues de racines Muscinées
ou Briophytes
Cryptogames cellulaires
Corps constitué d’un thalle Thallophytes
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