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02) Annexe : Le Papayer

LE PAPAYER

Pierre BOITEAU

Tout le monde connaît ce petit arbre si curieux qui nous vient d’Amérique tropicale, par l’intermédiaire de nos voisins de la Réunion. On le cultive abondamment aujourd’hui dans toutes les régions côtières où il peut prospérer, au moins jusqu’à 1200 m. d’altitude, dans les endroits bien abrités.

Le papayer présente un tronc généralement unique qui reste mou et herbacé, bien qu’il puisse atteindre 3 à 4 m. de hauteur. Ce tronc qui conserve longtemps les cicatrices de la base des feuilles, porte à son sommet un bouquet de grandes feuilles très découpées, à l’aspect palmé. Les fleurs naissent à l’aisselle des feuilles les plus basses. Elles sont de deux sortes : sur certains pieds, dits papayers femelles, les fleurs ont un ovaire volumineux et des étamines rudimentaires. Alors que les pieds mâles présentent des fleurs à étamines bien développées et à ovaire rudimentaire, seules, les premières donnent des fruits normaux. Les papayers mâles donnent de petits fruits suspendus au bout d’interminables pédoncules. Ils sont généralement dépourvus de graines.

Le fruit normal est tantôt allongé, tantôt arrondi, suivant les variétés. La couleur de sa chair varie du jaune clair, au rouge orangé. II pèse toujours plusieurs kilos et renferme de très nombreuses graines.

Le papayer, comme quelques arbres fruitiers européens, a la curieuse propriété de pouvoir donner des fruits sans graines, lorsque la fécondation n’a pas eu lieu. De tels fruits, développés sans intervention de l’élément mâle, sont appelés parthénocarpiques (du grec parthenos : vierge et carpos : fruit)

La papaye est un fruit savoureux, très juteux et agréable, lorsqu’il fait chaud. On peut le glacer, comme les melons, avant de le consommer. Sa valeur alimentaire n’est pas très grande, mais il renferme une quantité très appréciable de vitamines A et C. Le fruit, avant maturité, est susceptible de fournir d’excellentes gelées et confitures. On peut en relever le goût, un peu fade, avec quelques zestes d’orange ou un peu de vanille.

Le fruit vert laisse écouler, lorsqu’on lui fait des incisions, un lait ou latex riche en une substance appelée papaïne. Cette substance a la propriété de digérer les albumines et les matières albuminoïdes. Elle est renfermée en moindre quantité, par les feuilles et le tronc. Une curieuse application des propriétés de la papaïne consiste à envelopper les viandes pendant quelques heures dans des feuilles de papayer préalablement froissées. La papaïne digère en partie la viande et le morceau le plus dur peut alors concurrencer un beefsteak de choix. Les mêmes propriétés ont été utilisées par diverses industries et aussi par la médecine. On s’est servi de la papaïne pour dissoudre les fausses membranes provoquées par le microbe de la diphtérie qui obstruaient la gorge des jeunes enfants.

Les propriétés médicinales remarquables du papayer ont été étudiées, dès 1868, par un pharmacien de la Réunion : Emile VlNSON. Elles ont suscité depuis de nombreuses investigations. Le latex, à la dose de 5 à 20 grammes, constitue un excellent vermifuge. On l’utilise aussi dans le traitement des affections de la peau, en usage externe. Il entrerait avantageusement dans la préparation des produits de beauté car il communique à la peau une grande finesse.

Les racines ont des propriétés rubéfiantes et peuvent être utilisées, pour la préparation de sinapismes.

La culture du papayer est très simple. On sème les graines en pépinière, dès leur récolte. Les jeunes plantes sont repiquées lorsqu’elles ont quelques feuilles, puis on les met en place, à 3 mètres environ, en tous sens. Elles affectionnent les sols frais, sans excès d’humidité et les terres riches en humus, dans les régions côtières. Le papayer peut donner une récolte dès la première année de culture. Le plein rendement est atteint vers la quatrième année.

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