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06) Annexe : Haricots et arachides

HARICOTS ET ARACHIDES

par LEDREUX

Causerie agricole radiophonique, du 10 novembre 1939.

Les Hauts-Plateaux et la Côte-Ouest de Madagascar sont des contrées particulièrement favorables à la culture des haricots. Notre colonie exporta l’année dernière sur la Métropole, 4.300 tonnes de ces graines alimentaires, représentant une valeur de plus de 8 millions.

Dans le Centre de Madagascar, les semis ont lieu en novembre, décembre et février, tandis que dans l’Ouest, dans les contrées de Morombe, Morondava et Tuléar, les graines ne sont mises en terre, que vers la fin des pluies, en mars, avril.

Le sol doit être labouré, fumé et ameubli. Les sols humides sont à éliminer. Les terres alluvionnaires ou en colline, riches et saines, sont celles qui sont les plus propices à cette culture.

Le semis a lieu en poquets, à raison de 4 a 5 graines par trou, à des distances variables, suivant les variétés cultivées. Ce qui représente de 60 à 100 kg. de semences à l’hectare. Dans ces poquets, il sera toujours profitable d’apporter avant le semis du fumier très décomposé et des cendres qui seront mélangés à la terre.

Pour les variétés naines : lingots blancs ou haricot suisse blancs, rognon de coq (haricot rouge), etc., une distance, de 40 centimètres, sur les lignes et de 50 centimètres, entre les lignes, est généralement adoptée.

Pour les variétés à rames : le géant de Pologne ou l’éléphant de Pologne, par exemple, on sème en planches. Chaque planche ne porte, que deux lignes de haricots, espacées de 60 centimètres environ. Un sentier assez large doit séparer chaque planche.

À la colonie, le haricot-suisse ou lingot blanc est déjà cultivé par de nombreux planteurs. C’est cette variété que nous recommandons de vulgariser avant toute-autre, pour la vente et surtout en vue de l’exportation. Ce haricot atteint d’ailleurs des cours plus élevés et son rendement est intéressant : de 800 à 1.200 kg. à l’hectare.

Il faut éviter de planter les haricots en mélange avec le maïs. Il est toujours préférable de cultiver séparément ces deux plantes. Après la levée, un ou deux sarclages sont nécessaires jusqu’à la récolte. Un buttage doit être aussi fait avant la floraison.

La récolte a lieu 4 à 5 mois après le semis. Lorsque les feuilles se dessèchent, que les gousses sont sèches, les pieds sont arrachés et laissés en petits tas pour que les grains achèvent de mûrir.

Après battage, les grains doivent être triés soigneusement avant la vente. Nous recommandons à tous les planteurs de ne livrer au commerce que des lots irréprochables, de couleur uniforme et sans grains défectueux.

L’arachide ou cacahuète, appelée encore plus communément pistache, est cultivée dans différentes contrées de Madagascar : Itasy, Lac Alaotra, Majunga et Diégo-Suarez.

L’arachide exige un sol léger, perméable et assez riche pour donner un rendement intéressant. Les terres argileuses doivent être éliminées, ainsi que celles de la Côte-Est de Madagascar, où la pluviométrie est trop élevée.

Le sol sera labouré et bien ameubli. Les fumures phosphatées donnent des rendements généralement intéressants et sont à conseiller.

Les distances de plantation sont de 50 centimètres, en tous sens ou de 60 centimètres, entre les lignes et de 40 centimètres, sur les lignes, suivant les variétés. Deux ou trois graines sont déposées dans chaque poquet, ce qui représente environ de 50 à 70 kg. de semences à l’hectare.

Parmi les nombreuses variétés introduites à Madagascar, certaines doivent être conseillées aux planteurs, principalement celles à port dressé :
- C’est ainsi que pour la contrée de l’Itasy, les variétés Valencia et Buitenzorg sont celles qui réussissent le mieux sur les terres volcaniques de cette contrée.
- À Diégo-Suarez, la variété Buitenzorg est celle qui donne aussi le meilleur rendement, environ 1.500 kg. à l’hectare.
- Au lac Alaotra et à Majunga, la variété Valencia semble être celle qui est la mieux adaptée à ces contrées. Son rendement est d’environ 1.200 kg. à l’hectare.

Les semis ont lieu en octobre et début novembre sur les Hauts-Plateaux ; en décembre au lac Alaotra ; en janvier et février dans la contrée de Majunga. Ils sont plantés à la main ou à l’aide de semoirs mécaniques. Les soins culturaux, que cette légumineuse exige sont : des binages et un buttage. Cette dernière façon culturale doit être faite à la veille de la floraison.

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