Borona

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BORONA (la racine verbale borona (du malais borong) signifie principalement : ruiné, qui a tout perdu au jeu ; le même nom est donné à plusieurs arbustes, mais on ne décèle pas le rapport qui peut lier ces mots).

Trois arbustes au moins portent ce nom :

1. (mer.) Tetradenia fruticosa Benth. (Lamiaceae) qui joue un très grand rôle en médecine et dans les traditions populaires.

Ses feuilles étaient utilisées jadis pour nourrir la chenille d’un Lépidoptère autochtone productrice de soie, landibe. Il était fady (tabou) d’en brûler les tiges : c’est avec son écorce qu’on assemblait les tissus et autres objets constituant l’attirail du sampy (idole) ikelimalaza (« la petite très célèbre »), une des principales idoles de l’Imerina.

La plante avait une grande réputation en médecine populaire : le jus exprimé des feuilles était instillé dans les blessures pour les protéger de l’infection (odi-fery) ; les racines écrasées servaient à préparer une remède administrée par la bouche contre les affections de la peau ; les feuilles écrasées et mélangées à d’autres ingrédients étaient utilisées en emplâtres pour soigner la gale (odihatina) ; la sécrétion des tiges, coupées ou incisées, additionnée d’eau tiède, était administrée pour provoquer des vomissements, etc. Mme Polonsky a extrait de cette plante une lactone, la boronolide.

2. ((betsil.) Lasiosiphon ambondrombensis Boiteau (Thymeleaceae). Sous-arbrisseau à belles fleurs jaunes. Fibres textiles. Saponine de saveur brûlante. Voir aussi bororona.

3. (tanosy) Plante indéterminée, à feuilles allongées. On l’emploie, associée à d’autres végétaux, pour préparer une potion antispasmodique administrée aux enfants atteints de coqueluche. Prévient les vomissements alimentaires.