Fady

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FADY (merina, betsileon betsimisaraka) (du mots dayak : pali ; adjectif : frape d'interdit, tabou) (voir aussi faly).

On dit par exemple : fady azy ny tongolo, c'est-à-dire « il s'interdit les oignons », l'oignon est tabou pour lui, il doit s'abstenir d'en manger. Le mot peut être pris comme racine verbale pasive « fady ahy ny manao izany », « il m'est impossible de faire cela, cela m'est interdit ». Les jours considérés comme sacrés, où il ne convient pas de travailler, s'appellent andro fady.

Il est indispensable de respecter les fady du village où l'on séjourne si l'on veut avoir la confiance de la population. Par extension, le jeûne, l'abstinence s'appellent fifadiana. Voafady veut dire déshonoré, violé, flétri.

Fadin-ody : substances contraires à un remède ; incompatibles avec lui et dont le malade doit s'abstenir durant son traitement. H.F. Standing a relevé en 1883 environ 2.000 sortes de fady rien que pour l'Imerina centrale.

Ceux du pays sihanaka ont été étudiés par Mrs Mackay ; ceux des Sakalava par le Révérend J. Sibree ; ceux du Betsileo R.P. Dubois. Enfin, A. Van Gennep leur a consacré un ouvrage intitulé « Tabou et Totéisme à Madagscar » (1904). Beaucoup de ces travaux ont vieilli et mériteraient d'être actualisés.

En ce qui concerne les interdits en rapport avec les végétaux, ils consistent le plus souvent à s'abstenir de consommer certains produits, soit en permanence, soit seulement à l'occasion de certaines circonstances.

Dans beaucoup de cas, ces interdits visaient la patate, Ipomoea batatas (Lam.) Poir. (Convolvulaceae). La variété interdite est le plus souvent remplacée par une autre, connue sous un autre nom. C'est une des raisons des très nombreux noms de la patate que nous avons déjà cités (voir ambizo, anantaraona, bageda, bariaho, batata, etc.).

Dans d'autres cas, les interdits sont prononcés à l'occasion de la culture d'une plante. Ainsi, on ne doit pas porter de chapeau à large bord lorsqu'on travaille à la culture du riz. Les femmes qui portent un bébé sur le dos sont un facteur favorable pour sarcler le maïs ; celui-ci portera plusieurs épis, etc.