Vidéo : Interview du Dr. Philippe Rasoanaivo

Cette vidéo présente une interview du Dr. Philippe Rasoanaivo, scientifique malgache, par Lucile Allorge à propos de son travail avec Pierre Boiteau. Elle fut enregistrée à l’Institut Malgache de Recherches Appliquées le 26 mai 2012 :

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Le Dr. Philippe Rasoanaivo est décédé le 13 juillet 2016. Retrouvez un article à sa mémoire sur le site du journal l’Express de Madagascar. (copie locale)

Vidéo : Travail à l’herbier de Guyane

Cette vidéo présente le travail de Jean-Jacques de Granville et de Lucile Allorge à l’herbier de Guyane situé à Cayenne :

Lien direct vers le fichier au format webm : Travail à l’herbier de Cayenne (189 Mo)

Retrouvez ici la Flore des trois Guyanes, Apocynaceae par Lucile Allorge.

Texte d’accompagnement

Lucile Allorge se rend à l’herbier de Guyane situé à Cayenne. Elle a rendez-vous avec son collègue Jean-Jacques de Granville pour participer à l’identification des herbiers. Des compacteurs permettent de stoker sur une petite surface une grande quantité d’échantillons botaniques. Il s’agit d’armoires sur roulettes dans lesquelles on classe les herbiers par famille puis par genre. Les champignons et les lichens sont rangés à part dans des sachets papier et conservés dans des boites identifiées.

Il y a actuellement 300 000 plantes à fleur connues dans le monde et donc une classification des végétaux est nécessaire (arbre phylogénique). Elle s’est faite principalement par la morphologie, c’est-à-dire sur les caractères observables à l’œil nu (étude à la loupe d’une plante). Chaque plante a été nommée par un nom double équivalent au nom et au prénom. Dans une famille de plantes telle que les légumineuses, tout le monde peut observer la ressemblance des fruits de l’arbre de Judée et du petit pois ou des fleurs de la Pervenche et du Frangipanier, c’est pourquoi on les classe dans la même famille. Le genre sert à classer des espèces qui partagent encore plus de caractères. Du temps des Grecs les plantes étaient classées selon leur port : arbre, arbuste, liane ou herbe. On s’est rendu compte que ce classement ne fonctionnait pas correctement car on séparait des plantes proches par leur fleur et leur fruit.

Lucile et Jean-Jacques passent en revue des herbiers pour en vérifier l’identification. Chaque plante séchée est analysée en détail puis comparée à des livres de référence et aux informations notées dans les carnets de récolte. Lors de la collecte des plantes dans la nature, des échantillons sont prélevés et mis à sécher entre deux feuilles de papier journal. Dans les pays humides comme la Guyane, un four peut-être utilisé pour accélérer le séchage et s’assurer que les plantes ne sont pas abîmées par des moisissures.

La plante est alors collée sur une feuille de papier blanc avec de petites bandes collantes ou à la colle thermo-fusible de façon à pouvoir les détacher en cas de nécessité. Une étiquette est ajoutée qui précise le lieu et la date de récolte ainsi que le nom de l’espèce à laquelle la plante appartient. Identifier le nom d’une plante s’appelle une détermination. Seule une longue expérience permet de pratiquer cette activité.

Le Raphia

Le Raphia

Palmiers :

Aracées

19ème TYPE

Les palmiers

Les palmiers ont un port tout à fait spécial, éminemment décoratif d’ailleurs, si bien qu’on les a cultivés depuis longtemps en Europe :
– Leur tronc est généralement très droit, mince et élancé, non ramifié.
– Une coupe de ce tronc ne montre pas ces assises concentriques qu’on rencontre chez tous les autres arbres.
– L’intérieur est uniformément constitué d’un parenchyme, au milieu duquel sont plus ou moins régulièrement disposés de très nombreux petits faisceaux libéro-ligneux.
– À l’extérieur, la tige porte encore la cicatrice des feuilles ou quelquefois leur gaine qui y reste adhérente.
– On donne le nom de stipe à ce tronc particulier des palmiers.
– Les feuilles sont toutes groupées à l’extrémité du stipe. Elles sont très grandes et déchirées en nombreuses lanières : ce sont les palmes.

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L’un des palmiers le plus répandu à Madagascar est le raphia, Raphia farinifera (Palmae), en malgache : maivanaty, fomby. Il très commun surtout dans 4 régions côtières, mais plus rare dans le Centre. On en rencontre cependant quelques beaux exemplaires dans les vieilles propriétés de l’Imerina. Il pousse dans les endroits humides, près des rivières et forme des raphières :
– C’est un arbre splendide, au stipe très droit pouvant atteindre 20 mètres, garni des gaines des vieilles feuilles.
– Les feuilles atteignent 7 à 8 mètres de longueur. Entières, lorsqu’elles sont jeunes et pliées en accordéon, elles se déchirent suivant les plis en un grand nombre de segments à nervures parallèles.
– La nervure principale qui est creusée en gouttière au sommet, est à la fois solide et légère. On l’emploie souvent pour constituer des montants d’échelles.
– Les segments des feuilles sont battus, on recueille ainsi une sorte de cire qui était à la face inférieure de la feuille.
– On les fait ensuite sécher et ils fournissent le raphia, bien connu en France des jardiniers. On en exporte chaque année 8 à 10.000 tonnes. Il sert d’autre part, sur place à la confection des rabanes ainsi que de cordages, chapeaux, vanneries diverses.

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– Le raphia ne fleurit que lorsqu’il a atteint sa plus grande dimension.
– On voit alors naître à l’aisselle des feuilles supérieures d’énormes inflorescences, enveloppées dans les bractées ou spathes. Elles atteignent souvent 4 à 5 mètres de longueur. L’inflorescence comprend de nombreuses grappes composées d’épis. L’ensemble des épis d’une grappe occupe un seul plan, présentant ainsi un aspect comprimé.
– Les fleurs sont petites, vertes, unisexuées. Les fleurs femelles occupent la base de la grappe. Elles comprennent : un petit calice tubuleux à 3 sépales, une corolle plus développée à 5 pétales et un ovaire à 3 loges, contenant chacune un ovule. Les fleurs mâles sont situées au sommet de la grappe, elles ont : un périanthe analogue à celui des fleurs femelles, mais ne renferment que des étamines au nombre de 6 à 15.
– Entre les fleurs femelles et les fleurs mâles typiques, il existe souvent des fleurs intermédiaires, portant à la fois des étamines et un petit ovaire incomplètement développé et généralement stérile. Des 3 loges de l’ovaire, une seule se développe.
– Elle donne naissance à une sorte de drupe ovoïde ou piriforme (en forme de poire) dont le tégument très dur est constitué d’écailles imbriquées les unes dans les autres, à aspect vernissé très brillant. A l’intérieur se trouve une pulpe molle, jaune, riche en matière grasse que les Sakalaves consomment souvent et qu’ils nomment « voampizo »
– Le centre du fruit est occupé par une graine dure.
– En incisant les spathes de l’inflorescence jeune, on obtient un liquide sucré et abondant « le vin de palme » connu en malgache sous le nom de : harafa.
– Le raphia ne fleurit qu’une fois, quand toutes les inflorescences ont produit leurs fruits, la plante meurt. On dit qu’elle est monocarpique.
– D’autre part, le bourgeon terminal du raphia est comestible :
– Il est même très savoureux et se vend cher.
– Aussi, en a-t-on fait une ample consommation, détruisant ainsi un grand nombre de plantes car le bourgeon terminal d’un palmier, une fois coupé, ne peut plus se développer et meurt rapidement.
– Le raphia est maintenant protégé : Il est interdit de couper les « cœurs de raphia » et on fait des semis, importants en vue de nouvelles plantations.

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Le rônier de Madagascar, Borassus madagascariensis (Palmae) ou le dimaka des Sakalaves, est un beau palmier de l’Ouest et du Nord-ouest :
– Il atteint une vingtaine de mètres de hauteur.
– Son tronc lisse, sur lequel les cicatrices des feuilles sont peu marquées, est nettement renflé vers le milieu.
– Il porte à l’extrémité un bouquet de grandes feuilles, en forme d’éventail qui atteignent 2 mètres de long, sur 2 mètres 50 de large, pourvues d’un pétiole, de 2 mètres environ, creusé en gouttière et garni sur les bords de petites aiguilles.
– C’est une plante dioïque.
– Les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. Elles sont groupées en inflorescences volumineuses.
– Le fruit est une grosse baie atteignant la taille de la tête d’un enfant, arrondie et pourvue à sa base des 6 pièces du calice et de la corolle qui se développent en même temps que l’ovaire. La pulpe de ce fruit, fibreuse, d’un jaune rougeâtre, est sucrée et assez parfumée. Elle sert à la préparation de boissons alcooliques.
– Le tronc renflé de ce beau palmier sert à la confection de coffres et de barriques primitives. Enfin, son bourgeon terminal constitue un bon chou palmiste.

Signalons encore, parmi les palmiers les plus utiles, le satranabe, Bismarckia nobilis (Palmae) ou médémie noble, très abondant dans tout l’Ouest, dans les savanes brûlées, car il résiste bien au feu.
– Il ressemble au rônier dont nous venons de parler, mais ses feuilles ont une teinte plus glauque, un peu bleutée. Elles sont dépourvues des petites ponctuations rouges qu’on trouve sur le limbe de ce palmier.
– Le fruit est beaucoup plus petit, de la taille d’un œuf de poule.
– La moelle de l’intérieur du stipe est comestible, féculente et riche en matières albuminoïdes.
– Les fibres contenues dans le pétiole sont exportées, sous le nom de piassava. Elles servent en Europe à la confection de paillassons, brosses, etc. Les segments foliaires servent en vannerie.

Le satranamira, Hyphaene coriacea (Palmae) ou hyphène coriace, est plus petit que le précédent. Il vit aussi dans les savanes de l’Ouest :
– Son tronc émet à la base d’abondants rejets qui permettent de le distinguer facilement du satranabe et du dimaka.
– Son fruit appelé en sakalave, loloko est comestible.
– On se sert des feuilles pour de nombreux ouvrages de vannerie et les fibres du pétiole sont exportées comme piassava.

Le dattier de Madagascar, Phoenix reclinata, que les Sakalaves connaissent sous le nom de taratra, tandis que les Tanala et les Antaimoro le nomment daro :
– Il fournit un petit fruit rappelant beaucoup la datte d’Afrique, à pulpe sucrée et parfumée, mais peu abondante.
– Il dépasse rarement 3 à 4 mètres de hauteur et forme des touffes drues à peu près impénétrables, car la base de ses feuilles est armée de piquants redoutables.

Le cocotier, Cocos nucifera (Palmae), nommé en malgache, nio (l’arbre), Dafo, Kamba (tank.) :
– Il prospère sur toutes les côtes basses et chaudes : Côte-orientale, Sambirano, Nosy-Be, etc. Une très grande cocoteraie a été plantée au Nord de Sambava, avec une variété naine. C’est une plante pan-tropicale dont les noix nécessitent un séjour dans l’eau pour germer et ont été disséminées grâce à la mer. Le cocotier est sans doute une des plantes les plus utiles du monde
– Les Polynésiens qui l’apprécient beaucoup prétendent, qu’il a autant d’usages qu’il y a de jours dans l’année.
– Les feuilles servent en vannerie et pour la confection des toitures.
– La base du tronc fournit un bois extrêmement dur appelé « bois de porc-épic »
– Les racines ont des propriétés diurétiques et sont utilisées dans le traitement des fièvres.
– Le suc des fleurs fermenté fournit une boisson alcoolique.
– Le bourgeon terminal constitue un excellent chou palmiste, on en extrait par cuisson un sucre grossier, généralement connu dans l’Inde et en Malaisie, sous le nom de « jaggery »
– Mais la partie la plus utile est la noix de coco. Elle comporte une coque dure qui sert à la confection de nombreux instruments.
– Cette coque est entourée d’une fibre grossière très résistante à l’action de la mer : Le coir qui est utilisé pour la fabrication des cordages de marine.
– À l’intérieur se trouve une amande qui entre dans l’alimentation
des Malgaches.
– Quand le fruit (voanio, voaniho) n’est pas encore mûr, il contient un liquide sucré : « le lait de coco » qui est une excellente boisson.
– Le coprah ou kaopra n’est pas autre chose que l’amande desséchée. Il fait l’objet de grosses exportations sur l’Europe, où on en extrait une huile pour la fabrication des articles de parfumerie, des bougies et surtout du beurre végétal ( végétaline, covose, etc.).

Enfin, le palmier à huile ou éléis de Guinée, Elaeis guineensis (Palmae), existe aussi sur la Côte-occidentale de Madagascar. Les Sakalaves le connaissent sous le nom de tsingilo.

Toutes ces plantes constituent l’importante famille des Palmiers ou des Palmacées qui est bien caractérisée :
– Par son tronc particulier ou stipe ;
– Ses grandes feuilles palmées ou pennées ;
– Ses fleurs unisexuées, construites sur le type 3 ;
– Ses fruits drupacés.

FAMILLES VOISINES

Bien qu’elles en diffèrent énormément par le port, on doit placer à côté des palmiers, la Famille des Aracées qui s’en rapprochent par leurs fleurs toujours unisexuées.

On peut prendre pour type de cette famille les grands arums, Zantedeschia aethiopica (Araceae), si souvent vendus sur le marché de Tananarive :
– La splendide pièce blanche en forme de cornet, que l’on considère généralement comme la fleur, est en réalité une bractée ou spathe.
– Au centre de ce cornet, on observe une sorte de tige cylindrique jaune : C’est l’inflorescence ou spadice. Si l’on regarde sa surface avec attention, on voit qu’elle est légèrement granuleuse. Chaque petit granule est une fleur.
– Les fleurs femelles sont groupées à la base du spadice et les fleurs mâles au sommet. Ces fleurs sont très simples. Elles ne comportent pas du tout de périanthe. Les fleurs femelles sont réduites à un ovaire, à une seule loge et les fleurs mâles, à une seule étamine.
– L’arum est une plante herbacée qui affectionne les endroits humides.
– Son appareil végétatif se réduit à une tige souterraine, très courte, sorte de tubercule sur lequel se développent de grandes feuilles en fer de lance, d’un vert gai.

Le songe appartient à cette famille, Colocasia esculenta, syn. C. antiquorum (Araceae), en malgache, saonjo, anantsaonjo, tarela (tan.), horirika (mer.) :
– C’est une plante herbacée de 50 à 70 centimètres de haut, à feuilles membraneuses, hastées, portées par un long pédoncule, dont la spathe entoure l’inflorescence, blanc verdâtre.
– Elle est originaire de 1’Inde.
– Elle est très cultivée dans toute l’île pour ses tubercules alimentaires riches en amidon qui servent à l’alimentation de l’homme et des animaux.
– Sa culture se fait sur les Hauts-Plateaux où il est nécessaire de faire une petite cuvette à son pied, pour maintenir de l’humidité et dans les zones humides.
– Son introduction à Madagascar doit avoir été contemporaine de celle du riz. Les Betsimisaraka lui donnent encore le non de taho qui est à rapprocher du malais taloe et du polynésien taro.
– La plante, malgré son introduction très ancienne, n’est pas naturalisée.
– Elle ne fleurit que très rarement et ne fructifie jamais.
– Le songe ou taro est toxique dans toutes ses parties et ne devient comestible qu’après cuisson.

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Les viha ou typhonodores, Typhonodorum lindleyanum (Araceae), en malgache via, mangoka, mangaska, dont le genre Typhonodorum ne comporte qu’une espèce et est sans doute originaire de Madagascar :
– Ce sont de grandes plantes aquatiques, pouvant atteindre 2 mètres de haut et habitant les marais des régions côtières chaudes, jusque vers 800 mètres d’altitude. On les trouve tout au long de la Côte-Est et dans les eaux dormantes, sur les Hauts-Plateaux.
– Elles portent de grandes feuillées échancrées en cœur, à la base.
– La fleur comprend une grande spathe blanche, avec le centre jaune.
– Le fruit reste entouré de la spathe.
– Le rhizome contient de la fécule, mais aussi un suc irritant qu’il faut éliminer avant de le consommer. Cette fécule n’est utilisée qu’en période de disette.
– D’autre part, son tubercule est utilisé frais et râpé, en application contre les morsures des animaux venimeux.
– Les grandes gaines des feuilles contiennent des fibres assez solides, qu’on peut extraire facilement et dont les Sakalaves se servent souvent pour faire des filets de pêcheur.
– Les graines bouillies plusieurs fois peuvent aussi être comestibles.

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Voir aussi : [->art37].

Le Riz

Le Riz

Graminées :

Cypéracées

Pandanacées – Aponogetonacées

18ème TYPE

Le RIZ

Le riz, Oryza sativa (Gramineae) ou vary en malgache, est certainement la plante la plus cultivée à Madagascar et son grain entre dans l’alimentation de toutes les populations de la Grande-Île. Ce genre comprenend, 19 espèces.
– Tout le monde connaît donc bien cette plante herbacée, dont les tiges ou chaumes, ont la particularité d’être creusées d’un canal, entre les nœuds.
– Ses feuilles linéaires, à nervures parallèles, portent à leur base une gaine très développée qui enveloppe complètement la tige sur une grande longueur.
– Les fleurs sont disposées en une grande panicule terminale. Elles sont petites et peu visibles. Chaque fleur est entourée de 4 bractées, 2 très petites à la base, appelées « glumes » et 2 autres plus grandes, les « glumelles »
– La glumelle extérieure est coriace, rigide, terminée au sommet par une pointe plus ou moins développée : l’arête.
– La glumelle interne, plus petite, est emboîtée dans la première.
– La fleur proprement dite comporte : 6 étamines et un ovaire uniovulé, muni de deux styles plumeux qui font saillie en dehors, entre les glumelles.
– Le fruit est une sorte d’akène, mais les parois de la graine et celle du fruit sont intimement soudées. Le tégument du fruit peut être de couleur rouge, jaune ou blanche. On donne à cet akène particulier le nom de caryopse. Le grain de riz reste enveloppé étroitement, même à maturité, dans les glumelles. On lui donne alors le nom de pady.

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Le grain de riz renferme un petit embryon pourvu d’un seul cotylédon et un volumineux albumen farineux.

C’est l’amidon contenu dans ce volumineux albumen du grain qui renferme les principes nutritifs très riches du gain de riz. Par contre, ce grain ne renferme aucune matière azotée, analogue au gluten du blé. C’est pourquoi, il est impropre à la fabrication du pain. Le tégument du fruit qu’il soit coloré ou incolore, renferme une substance extrêmement importante pour l’alimentation de l’homme et des animaux : la vitamine B 1 ou antineurine. L’absence de cette substance dans la ration alimentaire détermine une grave maladie de carence : le béribéri. Aussi, est-il bien préférable de consommer le riz avec sa pellicule et non le riz blanchi (varyfotsy).

Le riz occupant une place prépondérante dans la nourriture des Malgaches, ils doivent en faire des cultures importantes. La production actuelle atteint 65.000 tonnes. Les habitants de la Grande Ile cultivent le riz, depuis un temps immémorial. Il fut sûrement apporté par les premiers immigrants. Les premiers européens qui débarquèrent dans la Grande-Île, signalèrent déjà sa culture comme largement pratiquée (Tristan da CUSCHA, 1506) et il était planté aux Comores avant le 10ème siècle.

Le riz est originaire de la Corée. Ses noms sanscrits sont : vrihi ou arunya. Le premier est très proche de celui du malgache, vary et est d’ailleurs à la base de notre mot « riz » beaucoup plus déformé. On retrouve des consonances très analogues dans la plupart des dialectes indo-malais et polynésiens. Il est important de noter que malgré l’antiquité de son introduction, le riz a conservé un seul nom dans toute la.

II existe aujourd’hui un très grand nombre de variétés de riz à glumes, pourvues d’arêtes ou au contraire, mutiques : C’est-à-dire sans arête, à grain rond ou très allongé, pourvu d’un tégument incolore ou rouge, etc. Tous ces riz sont plus ou moins estimés suivant les régions. On a sélectionné pour l’exportation, les riz à grain allongé : vary lava à tégument incolore et à amidon parfaitement translucide. Ces varilava de Madagascar sont probablement les plus beaux riz du monde et ils sont très appréciés sur les marchés européens.

La Culture du riz s’effectue de deux façons : en marais ou en montagne.

Les marais ou rizières sont très bien aménagés en Imerina, dans le Vakinankaratra et le Betsileo. Les souverains malgaches et surtout Andrianampoinimerina avaient compris la nécessité de cet aménagement et des travaux d’hydraulique parfois importants avaient été effectués. Aujourd’hui, des ouvrages remarquables, comme le barrage de Mantasao, ont été réalisés qui permettent la culture d’étendues de plus en plus considérables.
– Les régions les mieux aménagées sont :
– la plaine de Marovoay, dans l’Ouest,
– la vaste plaine du Betsimitatatra, autour de Tananarive, alimentée par l’immense réservoir de Mantasoa,
– les environs du lac Alaotra, etc.

On se bornait autrefois à faire piétiner le sol de la rizière avant le repiquage, par les troupeaux de bœufs. Cet ameublissement insuffisant et l’absence de fumure ne permettaient pas de dépasser le rendement d’une tonne ou d’une tonne et demie à l’hectare. Aujourd’hui, grâce au labour mécanique à la charrue, aux fumures, à la sélection des variétés cultivées, on peut arriver à des rendements de 6 à 8 tonnes à l’hectare. La culture en rizière est pénible, mais peut être d’un excellent rapport.

La culture de montagne est bien différente. Elle est surtout pratiquée dans la forêt de l’Est. Celui qui veut la pratiquer commence par faire un tavy. Il abat les arbres de la forêt et les brûle. Puis sur ce sol riche, sans avoir besoin de labourer, il sème son riz et n’a plus qu’à attendre qu’il mûrisse, mollement assis.

Au bout de deux ans, le sol dénudé a été lavé par les pluies, il est devenu pauvre et a été envahi par des mauvaises herbes qui rendraient nécessaire de nombreux sarclages. Si bien que notre cultivateur de riz de montagne s’empresse de l’abandonner, pour aller faire un nouveau tavy. La forêt disparaît ainsi rapidement car sur le sol brûlé, il lui est impossible de se reconstituer, dès que la fréquence des déboisements devient trop grande.

Cette pratique des tavy, pour la culture du riz de montagne est certainement une des plus désastreuses qui soit pratiquée dans la Grande-Île. De nombreux règlements tendent à la limiter, mais il est bien difficile de l’empêcher complètement. Il faut pour cela que tous les Malgaches se persuadent que la forêt représente un capital commun, dont personne n’a le droit de distraire la plus petite parcelle.

Celui qui fait un tavy commet un véritable vol au préjudice de la collectivité nationale.

Le grain de riz blanchi (varyfotsy) contient 80 % d’amidon, des protides, glucides, lipides, calcium, iode, fer, phosphore. La teneur en vitamine B 1 dépend des divers traitements que le riz a subit, plus il est blanc, moins il est riche, puisque la vitamine est surtout contenue dans l’enveloppe. L’absence de cette vitamine entraîne le béribéri qui s’est manifesté chez des gens qui ne mangeaient que le riz blanc, dès l’administration de riz non décortiqué, le béribéri disparaissait.

Les Malgaches achèvent leur repas à base de riz, par une boisson constituée du reste de riz attaché et noircit, dilué et bouillit. C’est une sorte de café.

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PLANTES VOISINES

Les céréales ou Graminées : on donne ce nom à toutes les graines riches en amidon, des plantes voisines du riz et qui entrent comme lui, dans l’alimentation de l’homme.

Le maïs, Zea maïs = Zea mays (Gramineae), est sans doute le plus cultivé à Madagascar après le riz. Originaire de l’Amérique tropicale, il fut introduit à l’île Bourbon, par La BOURDONNAIS, en 1735. Puis de là, à Madagascar peu de temps après. Cette culture, d’abord pratiquée uniquement pour la consommation locale, a donné lieu à certaines époques à d’importantes exportations : de 15 à 50.000 tonnes.
– C’est une grande plante herbacée à feuilles rubanées, engainantes.
– Ses fleurs sont unisexuées. Les fleurs mâles, groupées en un grand épi terminal et les fleurs femelles en épis axillaires, au nombre de 2 ou 3 par plante.

Le mil, Panium miliaceum (Gramineae), très cultivé par les noirs d’Afrique pour leur alimentation, fut introduit par eux lors du commerce des esclaves, avant le XVIIe siècle. Sa culture est toujours pratiquée par leurs descendants sur les Côtes occidentale et australe, ainsi que celle du sorgho, Sorghum vulgare = Andropogon
sorghum
. Ces deux plantes sont d’origine africaine. Les Malgaches leurs donnent les noms d’ampemby, noroma, bakaka.

Le blé, Triticum, l’orge, Hordeum vulgare, le seigle, Secale cereale, l’avoine, Avena sativa, en malgache (mern.) Varinisoavaly : ont été introduits dans la région d’Antsirabe et faisaient l’objet de cultures assez importantes. Mais, l’invasion d’un champignon parasite, la rouille qui causait des dégâts redoutables, a forcé les cultivateurs à abandonner presque complètement ces céréales. Il serait pourtant possible, comme on l’a fait dans d’autres pays, de sélectionner des variétés résistantes.

Plantes industrielles

La canne à sucre, Saccharum officinarum, en malgache fary : C’est une des cultures les plus anciennes des malgaches et son introduction fut peut être contemporaine de celle du riz. Elle se développe surtout très bien sur les Côtes chaudes : Côte-orientale, Sambirano, Nosy-Be. Mais on la rencontre fréquemment jusqu’à 1500 mètres et même jusqu’à 1800 mètres, dans les situations protégées (Vakinankaratra).

La production totale de la canne à sucre peut être évaluée à Madagascar, à environ 25.000 tonnes. Ce qui permet l’alimentation de la consommation locale et l’exportation de 8 à 10.000 tonnes de sucre chaque année.
– La canne est une sorte de grand roseau dont la tige est pleine, contrairement à la plupart des graminées.
– C’est dans le parenchyme assez mou qui occupe l’intérieur de la tige, que le sucre est emmagasiné.
– On extrait le jus sucré par broyage et pression. Ce jus sucré ou vesou est traité à son tour, pour l’extraction au sucre. Il reste un résidu ou mélasse renfermant les sucres qui ne peuvent cristalliser.
– Ces mélasses fermentées peuvent permettre par distillation, la fabrication du tafia qu’on appelle improprement rhum.
– Le véritable rhum provient de la fermentation directe du vesou et de sa distillation. Le vesou fermenté est souvent consommé tel quel par les Malgaches, sous le non de « betsabetsa ». Cette boisson contient à peu près autant d’alcool que le vin ordinaire. Mais, elle est en général plus riche en principes minéraux. Elle est agréablement parfumée lorsque sa préparation est bien faite et constitue, si elle est absorbée modérément, une excellente boisson.
– La canne est une plante bisannuelle.
– Elle fleurit assez fréquemment dans les régions chaudes (Sambirano).
– Mais ses fleurs sont généralement stériles.
– On la multiplie uniquement par bouturage.

Graminées à essences odorantes

Les trois graminées ci-dessous sont de grandes herbes à feuilles linéaires. Elles accumulent, dans leurs feuilles ou leurs racines, des essences odorantes qu’on peut extraire par distillation et qui sont très utilisées en parfumerie. Elles font toutes l’objet de cultures assez importantes à Madagascar et aux Comores.

1°) La citronnelle, Andropogon schoenanthus, donne une huile volatile et a des propriétés thérapeutiques.

2°) Le lemon-grass, Cymbopogon citratus, en malgache, fatakamanitra ou veromanitra, est une plante herbacée en touffe, de 1 mètre de haut, compacte, au rhizome aromatique. Cette graminée donne une huile essentielle : l’essence de lemon-grass.

3°) Le vétiver, Andropogon muricatus = Vetiveria zizanioides ou khas-khas, khus-khus grass, est originaire d’Asie. Cette plante herbacée, robuste, atteint 2 mètres de haut. Elle est cultivée comme plante à parfum à Madagascar dans Sambirano, dans les îles de la Réunion et de Maurice. Ses racines très odorantes et sont utilisées :
– Dans les armoires à vêtements pour éloigner les insectes.
– Et après avoir été brûlées, pour éloigner les moustiques.

Les bambous, Bambusa arundinacea, sont les plus grandes plantes de cette famille :
– Leurs tiges portent des nœuds saillants et sont creuses, mais elles sont cependant très résistantes. Elles peuvent atteindre jusqu’à 50 mètres et plus.
– Les bambous jouent un très grand rôle dans l’industrie indigène. Ils servent à la construction des cases, entiers ou déployés. On s’en sert pour porter les bagages sur l’épaule. Ils permettent la fabrication d’instruments nombreux : récipients pour puiser l’eau, instruments de musique (valiha), tabatières, etc.

Les roseaux, Phragmites communis = P. mauritianus, en malgache : bararata, katsaka, volotara :
– Grande graminée, à port de bambou, peut atteindre 4 à 6 m de haut, ses rhizomes rampants sont épais et longs, de plusieurs mètres. Elle a des feuilles longues, de 50 à 60 cm et des panicules atteignant, 30 à 60 cm.
– Cette espèce est commune dans toute l’île et est fréquente, dans la Région occidentale sur les sols alluvionnaires et en région humide, surtout au lac Alaotra où elle peut atteindre 6 mètres et former des peuplements denses.
– Elle est peu consommée par les zébus.
– Ces grands roseaux servent aussi souvent à la construction des cases et un grand nombre de plantes voisines sont utilisées, suivant les régions, à la confection des toitures de chaume.

Plantes fourragères

D’immenses étendues du Centre et de l’Ouest de Madagascar ne possèdent pour toute végétation, que des plantes de la famille des graminées. C’est un petit nombre d’espèces introduites (une trentaine) qui ont colonisé ces espaces énormes.

Nous avons vu que cette formation est tout à fait artificielle, si l’homme propageant le feu n’était pas arrivé à Madagascar, la prairie n’y existerait pas. La valeur fourragère de ces espèces résistantes au feu est bien faible et les animaux doivent y parcourir de longues distances, avant de trouver leur ration d’entretien.

Seuls ont une valeur alimentaire appréciable :

a) Les vero ou Andropogon, Andropogon nardus = Cymbopogon nardus et en malgache : verofehana, veromanitra. Ils sont originaires de l’Inde et sont souvent confondus avec la véritable citronelle, Cymbopogon citratus. C’est une herbacée atteignant 2 mètres de haut, à rhizome court.

b) Les fandrotrarano ou Cynodon, Cynodon dactylon ou en créole gros chiendent, chiendent pied de poule et en malgache rampandrotra, fandrotsana, kidresy en sakalava.

Il suffit pourtant souvent de faucher la prairie au lieu de la brûler, pour que de nombreuses espèces intéressantes s’y installent rapidement : (paspales, panics, sétaires, tricholène. Cette pratique permet d’autre part, de recueillir un foin de bonne qualité qui constitue un appoint précieux au moment des plus grandes sécheresses. Jointe à l’amélioration progressive des sols par le labourage et la fumure, elle permettrait rapidement l’entretien d’un cheptel plus important, avec une surveillance très facile, du fait du faible parcours qui serait nécessaire à chaque animal.

La superficie totale de Madagascar est d’environ 500.000 km². La moitié au moins de cette superficie est brûlée chaque année, soit 250.000 km². Or un hectare de prairie peut donner en moyenne 20 tonnes de fourrage, contenant 3 % de matière azotée, soit 600 kg à l’hectare. C’est donc chaque année 15 millions de tonnes d’azote organique qui partent en fumée, soit un capital d’un milliard de francs. On comprend facilement qu’à cette cadence, la ruine de ce pays soit fatale.

La meule de foin dans chaque village est une condition indispensable de l’évolution économique de Madagascar.

Toutes les plantes que nous venons d’étudier possèdent des caractères communs très marqués :
– Tiges creuses (chaumes),
– Feuilles linéaires à nervures parallèles, à gaine foliaire embrassant longuement la tige.
– Le fruit est un caryopse (la graine n’a qu’un seul cotylédon)

Elles constituent l’importante famille des Graminées.

FAMILLES VOISINES

Les Cypéracées (Cyperaceae) ont pour type le genre Cyperus (en français : souchet) extrêmement répandu à Madagascar :

a) L’espèce la plus connue est le souchet d’Imérina ou zozoro ou bilo, Cyperus madagascariensis :
– C’est une plante des marais et du bord des rizières, facilement reconnaissable à ses grandes inflorescences dont les pédicelles primaires groupés en ombelle portent à leur sommet de petits et nombreux épillets.
– Les tiges de ces plantes séchées servent à de nombreux usages : confection de nattes, claies, corbeilles, paniers, fauteuils, malles, etc. Elles pourraient constituer une importante source de pâte à papier.
– La moelle contenue à l’intérieur des tiges est aussi utilisée pour bourrer les matelas.

b) La herana et le harefo, Heleocharis baroni, sont aussi des souchets. Ils servent également à la confection de nattes, de corbeilles et de paniers.

c) L’ahibano, Cyperus medicaulis ou souchet à tige nue, a des tiges plus fines, utilisées pour le tissage des chapeaux de paille dits « Panama de Madagascar ». Ils ont donné lieu à une certaine époque à des exportations importantes.

Famille des Pandanacées :

Les vaquois (Réunion) ou pandanus, Pandanus edulis ou Pandanus utilis (Pandanaceae), en malgache vakoa ou hoffa, sont de curieux arbres, occupant surtout les endroits humides en forêt :

1°) Au sommet d’un tronc plus ou moins ramifié, ils portent des feuilles allongées, insérées en spirale continue.

2°) Ces grandes feuilles sont très utilisées pour la confection des cases, de nattes, etc.

– Le genre Pandanus comporte environ 600 espèces dont certaines ont des fruits qui sont à la base de l’alimentation des populations de Nouvelle-Guinée et du Pacifique.
– Il y a environ 70 espèces à Madagascar.
– Leurs feuilles sont utilisées pour recouvrir les toits et en artisanat.
– En bord de mer, un de ces pandanus atteint de 3 à 15 mètres de haut. Il a des racines échasses et de longues feuilles épineuses sur leurs bords
et sur la nervure médiane. Son fruit orange à maturité est comestible.

Famille des Aponogetonacées :

On trouve enfin parmi les plantes voisines, des plantes aquatiques curieuses, telles que les ouvirandres, Aponogeton fenestralis (Aponogetonaceae), en malgache, ovirandrana, dont les feuilles sont découpées en une fine dentelle, réduite aux nervures.
– Elles sont cultivées en Europe par les amateurs d’aquarium et atteignent alors, des prix très élevés.
– Les tubercules de ces plantes sont comestibles.

Voir aussi : [->art38].

La Renouée

La Renouée

Polygonacées :

Chenopodiacées

Amaranthacées – Nyctaginacées

Ficoïdacées ou Aizoacées

17ème TYPE

La RENOUÉE

Les Renouées, Polygonum (Polygonaceae), sont des herbes communes dans les lieux humides et que les Malgaches connaissent généralement sous le nom de varinakoholahy, allusion à leurs fleurs qui ressemblent un peu à des grains de riz, mais ne sont pas comestibles :
– Le genre Polygonum comprend 150 espèces qui peuvent être des plantes aquatiques, ligneuses ou grimpantes. Il y a 2 espèces indigènes à Madagascar dont une est également présente en Afrique, mais environ une quinzaine d’espèces y ont été introduites.
– Ces herbes ont des tiges à nœuds saillants et renflés (d’où son nom français) sur lesquels s’insèrent de grandes feuilles, un peu engainantes à la base, pourvues de stipules membraneuses soudées en une sorte de gaine, à bord supérieur frangé autour du nœud de la tige. Son nom scientifique, Polygonum, se rapporte à la même particularité : poly signifiant « beaucoup » ; gonum « genou ».
– Les fleurs sont groupées en panicules terminales, pourvues à leurs ramifications de bractéoles soudées en gaine à la manière des stipules. Les fleurs sont bisexuées. Elles comprennent : un périanthe à 5 pièces, blanc ou rosé, de 4 à 9 étamines et un ovaire trigone, à 3 côtes saillantes, renfermant un seul ovule, surmonté de stigmates capités.
– Cet ovaire se transforme en un petit akène trigone qui reste enveloppé du périanthe persistant.

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PLANTES VOISINES

a) L’oseille, Rumex acetosa (Polygonaceae), est souvent cultivée dans les jardins pour ses feuilles acidulées qui sont consommées après cuisson. L’oseille sauvage ou patience ou rhubarbe sauvage, Rumex patientia (Polygonaceae), est commune dans le Centre, autour des villages ou sur le bord des chemins. Elles sont connues des Malgaches sous les noms de famelomana ou lavaravina.
– C’est une plante herbacée à longues feuilles lancéolées, ondulées ; ses fleurs sont verdâtres et son fruit est un akène trigone.
– Elle est originaire d’Europe orientale, on la trouve surtout en Europe et en Amérique du Nord
– Ses feuilles à saveur très acide sont administrées en infusion aux enfants lorsqu’ils ont la colique.
– Le suc, des feuilles et des racines, exprimé est utilisé par les empiriques de la Réunion et de Maurice, contre les maladies de la peau. Il redonne à celle-ci un touché lisse, agréable.
– Sa racine est aussi utilisée pour ses propriétés laxatives.

b) Les antigones sont de gracieuses petites lianes, introduites d’Amérique tropicale et souvent cultivées pour l’ornementation des tonnelles. Leurs fleurs sont pourvues d’un calice rose, longuement persistant.

Ces plantes constituent la famille des Polygonacées caractérisée par ses fleurs apétales, hermaphrodites et à ovaire anguleux.

FAMILLES VOISINES

Les Chénopodiacées ne diffèrent guère des Polygonacées que par leur ovaire et leur akène arrondis, au lieu d’être anguleux.

a) Les chenopodes, Chenopodium (Chenopodiaceae), servent de type à cette famille :
– Ce sont de mauvaises herbes, originaires d’Amérique du Sud, mais introduites à Madagascar d’Europe, vers la fin du siècle dernier et qui pullulent maintenant autour des villages du Centre.
– Leurs feuilles alternes assez grandes et molles dégagent quand on les froisse une odeur forte et désagréable qui leur a valu le nom vernaculaire de taimborontsiloza qui signifie « crotte de dindon » et a pour nom scientifique : Chenopodium botrys (Chenopodiaceae).
– Le suc de ces feuilles a des propriétés vermifuges, bien connues des malgaches, aussi bien que des créoles.
– Ses fleurs forment de grandes grappes terminales. Elles sont petites et pourvues d’un calice vert à lobes soudés.

b) La betterave potagère, Beta vulgaris (Chenopodiaceae), cultivée pour sa racine renflée à saveur sucrée et la bette ou poirée, Beta vulgaris var. ‘Cicla’ (Chenopodiaceae), chez laquelle la nervure centrale et le pétiole des feuilles sont charnus et comestibles sont couramment plantées dans les jardins maraîchers, puis vendues sur le zoma de Tananarive.

c) L’épinard, Spinacia oleracea (Chenopodiaceae), est plus rare. On le remplace le plus souvent, par la tétragone qui est cependant loin d’en avoir la saveur.

Les Amarantacées ont un périanthe constitué de sépales membraneux, secs. Leurs akènes sont souvent pourvus de pointes adhésives :

a) Les amaranthes, Amaranthus (Amaranthaceae), sont des mauvaises herbes très communes dans toute l’île, autour des villages et au bord des ruisseaux et des chemins. Certaines ont des feuilles et des inflorescences pourpres. Les Malgaches en consomment souvent les feuilles comme brèdes, c’est pourquoi ils les appellent anampatsa, anambano.

b) Les Irésines, Iresine herbstii (Amaranthaceae) et les alternanthères, Alternanthera (Amaranthaceae), servent si souvent de bordures dans les jardins, en raison de leurs feuilles colorées en rouge ou en jaune et de la facilité avec laquelle ils se bouturent. Ils sont à ranger aussi dans cette famille. Les créoles les nomment souvent « vieux garçons »

c) Il faut citer aussi, l’achyranthe rugueuse, Achyranthes (Amaranthaceae) :
– Qui est une des mauvaises herbes les plus répandues, non seulement ici, mais dans le monde entier.
– Ses akènes sont en effet pourvus de nombreux petits crochets qui leur permettent d’adhérer aux vêtements ou aux toisons des animaux.
– Les Malgaches lui ont donné les noms de fandrangozaza (qui s’accroche aux enfants) et de tsipolimena (tsipolitra : fruit adhésif du biden) et (mena qui signifie rouge, en malgache)

Les bougainvillées font partie la famille des Nyctaginacées

Les bougainvillées, Bougainvillea spectabilis (Nyctaginaceae), superbes arbustes grimpants, comptent parmi les plus beaux ornements de nos jardins. Ils sont originaires d’Amérique centrale et nous viennent sans doute de la Réunion :
– Leurs branches flexibles portent de nombreux aiguillons recourbés et des feuilles alternes, entières.
– Les fleurs petites, jaunâtres, peu intéressantes sont groupées par 3, au centre de 3 splendides bractées, d’un violet plus ou moins soutenu ou parfois rouges. Ce sont ces bractées qui rendent la plante si décorative. La fleur proprement dite est formée par un calice en tube, à 5 ou 6 segments, auquel se soudent les étamines. Au centre, se trouve l’ovaire en forme de fuseau très mince.
– Les bougainvillées donnent très rarement des graines fertiles.
– On les multiplie par bouturage.

Ces plantes tout à fait remarquables croissent très vigoureusement à Tananarive et sont littéralement couvertes de fleurs, depuis septembre jusqu’en mars.

Enfin, les Ficoïdacées ou Aizoacées comprennent : les ficoïdes ou mesambryanthèmes, Mesambryanthemum (Aizoaceae) :
– Qui sont des plantes grasses, à tiges et feuilles charnues, dont une espèce à grandes fleurs roses est souvent cultivée en pots ou sur les rocailles, à Tananarive.
– Ces plantes résistent très bien à la sécheresse.
– Leurs fleurs comprennent : un réceptacle charnu dans lequel est inclus l’ovaire infère. Le périanthe est constitué d’un grand nombre de pièces, toutes semblables et que l’on peut donc considérer comme des sépales. Les étamines sont très nombreuses.

Les tétragones, Tetragonia expansa (Aizoaceae) qui sont originaires d’Australie et de Nouvelle-Zélande, très voisines des ficoïdes, s’en distinguent par les 4 épaississements persistants que porte leur réceptacle. On les cultive beaucoup autour de Tananarive, pour leurs feuilles charnues qui servent comme succédané de l’épinard. Elles sont toutefois beaucoup plus fades. Mais la culture de la tétragone étant moins difficile, les maraîchers la préfèrent.

Toutes les plantes, que nous venons de décrire dans ces quatre derniers types, ont des fleurs dépourvues de pétales.

Elles constituent l’ordre des APÉTALES.

Les quatre types ont entre eux des différences qui peuvent être résumées dans le tableau ci-dessous :

|I Fleurs généralement unisexuées|a) Fleurs groupées en fascicules ou en cyathium. Capsule, à 3 loges, plantes à latex|Euphorbiacées|
||b) Fleurs en chatons, akène, capsule uniloculaire ou drupe|Arbres à chatons|
||c) Fleurs en grappe, akène|Urticacées|
|II Fleurs généralement bisexuées||Polygonacées|

Les 17 types, que nous avons étudiés jusqu’ici, ont tous en commun un caractère très important : leurs graines renferment toujours deux cotylédons.

On en fait pour cette raison un grand groupe : la classe des dicotylédones.

Nous avons divisé cette classe en 5 ordres, dont la classification s’établit ainsi :

Classe des Dicotylédones

Plantes à pétales séparés
1°) ovaire supère : Dialypétales superovariées
2°) ovaire infère : Dialypétales inférovariées

Plantes à pétales soudés
1°) ovaire supère : Gamopétales superovariées
2°) ovaire infère : Gamopétales inférovariées

Plantes sans pétale : Apétales

Voir aussi : [->art44]

L’Amiane

L’Amiane

Urticacées :

Cannabacées – Protéacées

Aristolochiacées – Lorantacées

16ème TYPE

Les AMIANES

Les Malgaches désignent sous le nom d’amiana des arbres et des arbustes à feuilles pourvues de nombreux poils urticants. Ce sont de véritables orties en arbre, qui rendent dans certaines forêts la circulation fort difficile. On les classe en deux genres :

1°) Les Obetia, Obetia (Urticaceae), sont de véritables arbres à bois mou, à rameaux dénudés, portant des feuilles à leur sommet seulement. Ils sont très abondants à Ambohimanga, autour du Rova.

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2°) Les Urera, Urera (Urticaceae), sont des arbustes à grandes feuilles, de forme variable. On les rencontre souvent dans la Mandraka et la forêt de 1’Analamazaotra.

L’urère oligolobe, Urera oligoloba (Urticaceae), par exemple a :
– Des feuilles à 5 lobes, dont les nervures saillantes sont colorées en rouge à la partie inférieure. Ces feuilles, ainsi que les jeunes rameaux, portent des poils glanduleux très abondants qui renferment un liquide très irritant.
– La plante est dioïque. Les pieds mâles portent des fleurs en grandes grappes terminales, constituées par un périanthe à 4 ou 5 lobes, 4 ou 5 étamines légèrement saillantes et un pistil rudimentaire. Les pieds femelles partent des grappes axillaires. Leurs fleurs comportent aussi un périanthe à 4 ou 5 lobes, à peu près égaux et un ovaire renfermant un seul ovule et couronné par un stigmate sessile, ramifié en forme de petit balai à nombreuses branches stigmatifères.
– Le fruit est un akène qui reste généralement coiffé par le stigmate persistant et enveloppé dans le périanthe qui s’accroît après la fécondation.

On attribue à ces plantes des propriétés vulnéraires. Les racines broyées sont appliquées en topiques sur les blessures et les cendres des tiges sont souvent utilisées sur les ulcères et les plaies persistantes.

Le chanvre, Cannabis sativa, Canabis indica (Cannabaceae), est très anciennement cultivé dans la Grande-Île. FLACOURT le citait déjà en 1650. Mais, ce n’est malheureusement pas pour ses fibres que les Malgaches le plantent. C’est surtout pour le fumer, comme stupéfiant. Ses propriétés sont encore plus dangereuses que celles de l’opium et les Malgaches ne l’ignorent pas, comme en témoigne son nom : makao = djamala qui rend fou. Mais, ils en usent largement néanmoins et cette plante cause dans certaines populations des ravages importants.

PLANTES VOISINES

La ramie, Bochmeria nivea (Urticaceae), est une sorte d’ortie, dont les feuilles sont pourvues surtout à leur partie inférieure d’un duvet blanc abondant, mais sans poils urticants. Ses tiges renferment des fibres très appréciées. Elle fait l’objet d’une petite culture à Madagascar. Mais c’est en Chine qu’on la cultive le plus.

Ces plantes forment la famille des Urticacées.

Enfin, les figuiers, Ficus (Moraceae), dont il existe près de 80 espèces malgaches. Ce sont de beaux arbres bien connus pour leurs fruits comestibles. Ils portent suivant les espèces et les régions les noms de : nonoka, amontana, kivozy, adabo, ampalibe, aviavy, amontambavy, nonosay, etc.

Le figuier de Baroni, Ficus baronii = F. lutea (Moraceae), (Fig 39), est un des plus communs dans l’lmerina. Il était souvent planté dans les résidences royales, Rova de Tananarive et d’Ambohimanga et est sans doute le plus bel arbre de la région centrale.
– Son tronc épais, tortueux, se fixe au sol par d’énormes racines, fortement saillantes.
– Ses branches étalées horizontalement portent de grandes feuilles, d’un vert foncé et brillant.
– Ces feuilles tombent au mois de septembre, mais pour être remplacées presque immédiatement par de nouvelles.
– Les fleurs sont très petites, enfermées en grand nombre à l’intérieur d’une sorte de réceptacle creusé en coupe profonde.
– Ce réceptacle devient charnu et sucré et continue à renfermer les fruits qui sont de petits akènes, croquant sous la dent quand on mange la figue. La figue est donc un faux fruit.

Toutes les parties de la plante laissent écouler un latex blanc abondant.

Ces plantes forment la famille des Moracées.

Ficus baronii Bak. (Moraceae)

FAMILLES VOISINES

Le chêne d’Australie ou Grévillé, Grevillea robusta (Proteaceae) qui appartient à une famille voisine, est un bel arbre fréquemment planté dans le Centre et dans l’Est pour ombrager les caféiers en particulier :
– Ses feuilles découpées, d’un blanc argenté en dessous, sont très décoratives.
– Les fleurs apparaissent en septembre, elles sont d’un jaune orangé, groupées en épis assez denses. Leur structure est extrêmement curieuse. Elles sont constituées d’un périanthe à 4 pièces soudées, sauf à la partie supérieure. Par cette échancrure se dégage le style très long qui forme une sorte d’anse, car son stigmate reste inclus dans la partie supérieure du périanthe, au milieu des étamines réduites à leurs anthères. Ce n’est qu’à la fin de la floraison que le style se dégage complètement, cependant que le périanthe caduc se détache et tombe.
– Le fruit est un follicule à une seule loge, s’ouvrant par une fente supérieure. Il est surmonté par le style allongé et persistant.

Les vivaona, Dilobeia thouarsii (Proteaceae) qui fournissent un bois apprécié, appartiennent à la même famille :
– Ce sont de curieux arbres de la forêt malgache, dont les pieds mâles et femelles portent des feuilles légèrement différentes. Les pieds femelles portent des feuilles en forme de cœur, à 2 lobes nettement séparés par une échancrure profonde (d’où le nom scientifique de Dilobeia)
– Les fleurs comportent un périanthe à 4 segments aigus et un ovaire renfermant un seul ovule qui donne naissance à un petit fruit drupacé, riche en huile odorante. Les pieds mâles portent des feuilles à lobes ramifiés symétriquement, en 4 ou 8 lobes. Cette feuille rappelle la forme de celle du tavolo, plante cultivée pour ses tubercules et on donne souvent à cet arbre le nom de tavolohazo (hazo veut dire en malgache : arbre)
– Les fleurs mâles ont aussi un périanthe à 4 segments, renfermant 4 étamines à filet court et un pistillode (pistil rudimentaire)

L’existence de Proteacées à Madagascar montre qu’il y eut autrefois des connexions entre l’Afrique, le continent Indo-Malgache et l’Australie.

De la famille des Aristolochiacées, les aristoloches, Aristolochia (Aristolochiaceae), sont des lianes à curieuses fleurs, dont il existe une espèce malgache, connue sous le nom d’arovy ou de tavimpatrana.

– L’aristoloche acuminée, Aristolochia acuminata (Aristolochiaceae) :
– Chaque fleur comporte un périanthe soudé en une seule pièce contournée qui affecte un peu la forme d’une pipe allemande, 6 étamines réduites à leurs anthères sont fixées sur la colonne stylaire. L’ovaire est infère à 6 loges, terminé par un style court portant un stigmate épanoui en un disque à 6 lobes.
– Le fruit est une capsule à 6 vulves, renfermant de nombreuses graines plates, empilées les unes sur les autres. Il est toujours pendant au bout d’un long pédicelle et rappelle
une petite lanterne chinoise.

Enfin, les Loranthacées, Loranthus (Loranthaceae), plantes parasites à racines transformées en suçoirs qui s’enfoncent profondément dans les tissus de l’hôte

Elles sont représentées par de nombreuses espèces de loranthes et de guis, nommés en créole bois fier ou bois Bon Dieu et connus en malgache, sous les noms de ramitanbina ou de safitra.

AVIAVY

par J.J. RABEARIVELO.

Revue de Madagascar
N° 6 – avril 34. p. 25

Arbre qui prend racine aux pierres des tombeaux
et dont la sève vive est peut être le sang
de ceux qui furent les flambeaux
de mon Emyrne et de son esprit finissant,

tu dresses dans l’azur ton palais ténébreux
qui ne fait retentir dans le front du matin,
que les appels silencieux,
de nos morts contre les astuces du Destin !
Et tu nous dis, bel arbre isolé, de rester
nous-mêmes et d’avoir la suprême fierté
d’épouser nos seuls paysages.

Ah ! qu’à te voir, ficus aux feuillages légers,
bien que naissant parmi des rythmes étrangers,
mon chant s’inspire de nos sages.

Le Filao

Le Filao

Casuarinacées :

Pipéracées – Ulmacées

Arbres à chatons :

Fagacées – Bétulacées

Salicacées – Juglandacées

15ème TYPE

Le FILAO

filao

Il y a à Madagascar deux espèces de filaos ou cèdres Casuarina (Casuarinaceae) de la famille des Casuarinacées :

1°) Celle de la Côte Est : le filao à feuilles de prêle qui est indigène de Madagascar. C’est un bel arbre fournissant un bois dur.
2°) Celle du Centre : le filao de Cummingh qui est une espèce introduite récemment.

Tous deux présentent un port élancé et sont facilement reconnaissables à leurs petits rameaux articulés, formés d’éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres. On les confond souvent avec les conifères, mais cette ressemblance n’est que superficielle :
– Ce sont en effet les rameaux des filaos qui ressemblent aux feuilles ou aiguilles des conifères.
– Les feuilles des filaos sont réduites à de petites écailles verticillées par 4 généralement, à chaque articulation du rameau. Elles se soudent sur une partie de leur longueur, en une sorte de gaine.

filao

– Les fleurs sont unisexuées, très petites et difficilement visibles. Les fleurs mâles forment de petits épis. Elles comprennent chacune : une petite bractée caduque et une seule étamine. Les fleurs femelles sont groupées en petites têtes ovoïdes. Chaque fleur est entourée de 2 petites bractéoles et d’une bractée plus grande ; elle est fermée par un petit ovaire, à une loge. Les bractées de l’inflorescence femelle durcissent peu à peu en grossissant et forment de petites loges, où restent enfermés les akènes provenant du développement des petits ovaires.

Le filao est un bon fixateur de dunes et est utilisé pour la reforestation, grâce à sa croissance rapide. Son bois très dur est fendu et débité en tuiles de bois, ces toitures peuvent durer plus de 100 ans. Une maison à Mandena, au Sud de Madagascar, entre Fort-Dauphin et Ambovombe, en atteste, mais le prix de revient en est très élevé. Le bois est très résistant à l’eau de mer et l’écorce fournit un tannin.

filao

L’ovaire est clos et la graine pourvue de deux cotylédons.
Nous sommes donc bien en présence d’une dicotylédone et non d’un conifère.

FAMILLES VOISINES

Les poivriers, Piper (Piperaceae), sont des lianes grêles, à tiges un peu charnues, renfermant une résine odorante :
– Ils portent des feuilles alternées, insérées sur les nœuds renflés.
– Les inflorescences sont opposées aux feuilles. Ce sont des épis portant de nombreuses fleurs. Chaque fleur est entourée d’une bractée, à la base et de 2 bractéoles, au-dessus. Elle comprend un ovaire sphérique, surmonté d’un stigmate à 3 branches, presque sessile, le style étant à peine marqué et 2 étamines situées de part et d’autre de ce gros ovaire.
– Le fruit ou grain de poivre est une petite drupe peu charnue.

On cultive surtout à Madagascar :
– Le Poivre noir, Piper nigrum.
– Le poivre cubèbe ou poivre à queue, Piper cubeba, ainsi appelé en raison de son fruit qui reste surmonté du style persistant.
– Il existe en outre, de nombreuses espèces de poivriers sauvages, Piper sylvestre, dans les forêts.

Ces plantes forment la petite famille des Pipéracées.

Famille des Ulmacées :

Le micocoulier de Madagascar, Trema orientalis, T. grisea (Ulmaceae) ou andrarèze de formation créole, du malgache andrarezina, est un bel arbre commun dans l’Est et le Centre dans les restes de végétation primitive :
– On attribue à son écorce des propriétés stomachiques, astringentes et fébrifuges.
– Ses feuilles passent pour diurétiques.
– L’arbre fleurit en novembre sur les plateaux.
– Ses fleurs vertes, très petites apparaissent au sommet des jeunes rameaux, à l’aisselle des feuilles supérieures. Elles sont de deux formes : mais, on ne peut les appeler mâle ou femelle. Certaines portent un calice à 5 segments, 5 étamines courtes et arquées et un ovaire bien développé, renfermant un seul ovule. Ce sont les fleurs fertiles. Les autres ont un calice analogue, mais leurs étamines sont plus longues, dressées et saillantes. Leur ovaire, est mal développé, rudimentaire et ne donne jamais de fruit. Ce sont les fleurs stériles.
– Le fruit est une petite drupe, à pulpe peu abondante, mais cependant recherchée en raison de son goût sucré par les enfants et surtout par les oiseaux. Un noyau dur occupe le centre de cette drupe.

L’andrarèze est un proche parent du micocoulier d’Occident, Celtis australis (Ulmacées-Celtidaceae), souvent cultivé dans le midi de la France. Il se rapproche aussi des ormes, Ulmus (Ulmaceae-Celtidaceae).

Famille des Moracées :

Le mûrier, Morus alba et M. nigra (Moraceae), fut introduit par la Réunion, vers le XVIIIe siècle. Sa culture fut entreprise dans le Centre de Madagascar, en vue de l’élevage du ver à soie. Le mûrier fournit en outre un fruit à saveur sucrée : la mûre.
– La mûre est plus exactement un ensemble de fruits, chaque fleur femelle s’est transformée en une petite drupe qui s’enveloppe du calice devenu charnu. C’est cet ensemble qui constitue la mûre.

Il faut enfin rapprocher de ces familles les arbres à chatons qui sont essentiellement européens, mais dont certains ont été introduits à Madagascar. Tous sont caractérisés par leurs fleurs groupées en chatons, (au moins, pour les fleurs mâles), unisexuées et apétales.
On peut les classer en quatre grandes séries
qui sont toutes plus ou moins bien représentées à Madagascar.

1ère série des cupulifères :

– Le chêne, Quercus (Fagaceae) : on a introduit en Imerina le chêne pédonculé, Quercus robur (Fagaceae), à la fin du XIXe siècle. Les plus vieux exemplaires doivent être ceux du parc de l’Ambassade de France à Tananarive :
– Les feuilles du chêne sont simples, plus ou moins dentelées, alternes.
– Ses fleurs mâles sont groupées en chatons et ses fleurs femelles en petits paquets.
– Le fruit ou gland est caractéristique. C’est un gros akène entouré à sa base d’un organe particulier en forme de petite calotte : la cupule (d’où le nom de cupulifères). Cette cupule résulte de la soudure des nombreuses bractées qui accompagnaient la fleur femelle.

Le châtaignier, Castanea sativa (Fagaceae), a aussi été introduit à Madagascar et fructifie bien à Tananarive et Antsirabe. Sa cupule qui enveloppe complètement les akènes est ornée de nombreux piquants.

2ème série, l’aulne :

L’aulne, Alnus glutinosa (Betulaceae), est un petit arbre des lieux humides. Il fut introduit plus récemment. Les plus beaux exemplaires qui existent actuellement ici, sont ceux du parc de l’Ambassade de France à Tananarive.
– Les fleurs mâles et femelles sont groupées en chatons. Chatons mâles allongés, chatons femelles plus arrondies, sont portés par un même arbre.

3ème série, les saules :

Les saules, Salix (Salicaceae), sont au contraire des plantes dioïques (certains pieds ne portent que des chatons mâles, d’autres que des chatons femelles)

À Madagascar, il y a deux espèces endémiques de saules :

1°) Salix madagascariensis (Salicaceae) qui est localisé le long des torrents, dans les formations forestières, à 1500 à 1900 mètres d’altitude, en Imerina ou sur le versant occidental des Hauts-Plateaux, au-dessus de 800 mètres.

2°) Salix bojer et S. perierri (Salicaceae).

On cultive souvent dans les
parcs, le saule de Babylone, Salix babylonica (Salicaceae), pour son beau port pleureur.

Les peupliers, Populus (Salicaceae), sont très voisins des saules :
– Le fruit est ici une capsule contenant de nombreuses petites graines. Chaque graine est pourvue d’une aigrette, elle n’est susceptible de germer, que pendant quelques heures après sa maturité. S’il est à peu près impossible de semer ces arbres, leurs tiges se bouturent par contre, avec une extraordinaire facilité.

4ème série, les noyers :

Les noyers, Juglands (Juglandaceae) : Ce sont les seuls arbres à chatons pourvus de feuilles composées :
– Le fruit ou noix est ici une drupe. La pulpe charnue est très amère, on ne consomme que l’amande de la graine.
– Le noyer est introduit depuis très peu de temps. Il pousse vigoureusement dans la région d’Antsirabe, mais redoute beaucoup les sels compacts et l’humidité stagnante.

Les caractères de ces 4 séries d’arbres à chatons se résument comme il suit :

|I Arbres à feuilles simples|l°) une cupule|Cupulifères|
||2°) pas de cupule |plantes monoïques, akène : aulnes|
|||plantes dioïques, capsule : saules|
|II Arbres à feuilles composées|Le fruit est une drupe|noyers|

FILAO

par J.J. RABEARIVELO.

Revue de Madagascar
N° 6 – avril 1934. p. 26

Filao, Filao, frère de ma tristesse,
qui nous vient d’un pays lointain et maritime,
le sol imerinien a-t-il pour ta sveltesse
l’élément favorable à ta nature, intime ?

Tu sembles regretter les danses sur la plage
des filles de la mer, de la brise et du sable,
et tu revis en songe un matin sans orage
glorieux et fier de ta sève intarissable.

Maintenant que l’exil fait craquer ton écorce,
l’élan de tes rejets défaillants et sans force
ne dédie aux oiseaux qu’un reposoir sans ombre,

tel mon chant qui serait une œuvre folle et vaine
si, né selon un rythme étranger et son nombre,
il ne vivait du sang qui coule dans mes veines !

Le Manioc

Le Manioc

Euphorbiacées :

14ème TYPE

Le MANIOC

Le manioc, Manihot esculenta, syn. M. utilissima (Euphorbiaceae), est originaire d’Amérique du Sud. C’est La BOURDONNAIS qui en 1735, l’apporta du Brésil à la Réunion. Il donne lieu aujourd’hui à une culture des plus répandues dans la Grande-Île et sert d’aliment fondamental à de nombreuses populations. Sa production annuelle peut-être évaluée à 1.500.000 tonnes. Il est particulièrement cultivé en Emirne et dans le Betsileo et surtout dans la plaine du lac Alaotra et dans le Sambirano.
– C’est un arbuste à gros rameaux, pourvus d’une moelle abondante et secrétant un latex assez abondant.
– Les feuilles alternes sont palmées et comportent de 3 à 11 lobes, suivant les variétés. Elles portent, à la base du pétiole, deux petites stipules plus ou moins velues. La partie inférieure du limbe de la feuille présente un aspect pruineux, dû à la présence de nombreux poils courts, monocellulaires.
– Les inflorescences sont terminales. Ce sont des grappes comprenant deux sortes de fleurs :
– 1°) À la base, se trouvent une ou deux fleurs femelles. Elles comprennent : un calice blanc, verdâtre, plus ou moins lavé de rouge, à 5 lobes et au centre, un gros ovaire supère à 3 loges, surmonté par les 3 stigmates à peu près sessiles.
– 2°) Au sommet, des fleurs mâles ayant un périanthe analogue, mais renfermant 10 étamines et un ovaire rudimentaire.
– Le fruit est une capsule de la taille d’une cerise, portant 6 côtes longitudinales, plus ou moins atténuées. Il s’ouvre à maturité en 3 coques bivalves, renfermant chacune une graine. Celle-ci est ovoïde, marbrée, pourvue à l’une de ses extrémités d’une caroncule. Elle a un peu l’aspect d’un petit coléoptère qui ferait le mort.

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À la base de chaque pied de manioc se trouvent de grosses racines tuberculeuses, fasciculées. Ces racines renferment de l’amidon, en quantité :
– 1°) Elles sont très nourrissantes et peuvent servir telles-quelles ou après séchage (bouchons), à l’alimentation de l’homme et des animaux.
– 2°) On peut aussi en extraire la fécule qui est elle-même transformée, en tapioca.
D’importantes usines installées dans la vallée du Mangoro et aux environs d’Ambatondrazaka, procèdent à cette transformation. Madagascar exporte environ 10.000 tonnes de tapioca, chaque année.

PLANTES VOISINES

Le pignon d’Inde ou pulghère, Jatropha curcas (Euphorbiaceae), est une des plus répandues. Les Malgaches le nomment généralement kinampotsy ou tanantanampotsy :
– Ses graines contiennent une huile aux propriétés, purgative et drastique, mais qui utilisée sans discernement par certaines personnes provoque souvent des accidents.
– Cette huile sert aussi pour l’éclairage.
– Elle peut être rendue siccative par un traitement approprié et, utilisée alors pour la préparation des peintures, vernis, etc.
– Les graines peuvent-être, enfilées elles-mêmes, sur des tiges de graminées et constituent ainsi des sortes de mèches qu’on allume directement. Elles donnent une belle lumière et sont encore souvent utilisées.
– Le latex abondant de la plante peut-être, utilisé en application sur les plaies pour éviter les hémorragies et sur les piqûres de guêpes. Les enfants s’en servent souvent à la Réunion pour faire des bulles, en guise d’eau savonneuse.

Le pignon d’Inde sert souvent de clôtures aux terrains cultivés ou de tuteurs pour la vanille. Il se développe bien jusqu’à 1.200 mètres d’altitude et même jusqu’à 1.400 mètres, dans les bonnes expositions. Il s’est naturalisé sur les alluvions des fleuves de l’Ouest et y prend une grande extension. Cet arbuste provient de l’Amérique tropicale et fut introduit par la Réunion vers le 18ème siècle.

Le ricin, Ricinus communis (Euphorbiaceae), connu sous les noms vernaculaires de kinamena ou de tanatanamanga, est encore un arbuste à graines oléagineuses.

L’huile de ricin a des propriétés purgatives bien connues. Elle a aussi de nombreux usages industriels : graissage des moteurs, teinturerie, produits insecticides, etc.

La plante originaire de l’Afrique tropicale est abondamment naturalisée autour des villages et sur les alluvions des fleuves de l’Ouest.

Cet arbuste porte de grandes feuilles, alternes, palmées à 5-9 lobes dentés, portées par un pétiole muni de glandes. Les inflorescences sont des grappes terminales, constituées à la base par des fleurs mâles et au sommet par des fleurs femelles. Ces fleurs sont monoïques et dépourvues de pétale.
– Les mâles comprennent : un calice formé dans le bouton et se déchirant à l’éclosion de la fleur, en 3 ou 5 lobes, plus ou moins réguliers. Les étamines très petites sont portées par des filets ramifiés. Elles sont très nombreuses (jusqu’à 1000 sur certaines fleurs)
– Les femelles ont un calice, à 5 sépales qui tombent dès l’éclosion de la fleur. L’ovaire volumineux porte des aspérités molles. Il est divisé, en 3 loges mono-ovulées et, surmonté de 3 stigmates sessiles, fourchus, généralement rouges. Le fruit est une capsule s’ouvrant à maturité, en 3 coques bivalves.

Les aleurites ou bancouliers, Aleurites molluccana (Euphorbiaceae), sont de beaux arbres, d’origine asiatique. Ils ont été introduits assez récemment par le Service de l’Agriculture. Leurs fleurs sont décoratives, bien que dépourvues de pétale, car le calice y est brillamment coloré (blanc pur ou blanc rosé) Le fruit est une grosse capsule de la taille d’une pomme, légèrement charnue. Elle est partagée en 3 loges, renfermant chacune une graine à tégument épais, pierreux. Ces graines contiennent une pulpe blanche, comestible quand elles sont jeunes, mais qui acquiert rapidement des propriétés purgatives. On en extrait une huile siccative, très utilisée pour vernir les bois, imperméabiliser les cuirs, etc. Ils font l’objet d’une culture qui s’étend rapidement, en particulier dans la région du lac Itasy.

Les euphorbes constituent sans doute un des groupes des plus importants du globe (1200 espèces, dont près d’une centaine à Madagascar). Ce sont des herbes ou des arbustes, souvent sans feuille, à port cactoïde, souvent pourvus de nombreuses épines. Elles contiennent toutes, un latex abondant, à propriétés vésicantes énergiques, dangereux surtout pour les yeux.

Une des espèces les plus répandues dans les jardins est l’euphorbe très-belle souvent dénommée « Madagascar », on se demande d’ailleurs pourquoi, car elle provient du Brésil et fut introduite par Edmond FRANCOIS, en 1923. Elle appartient au sous-genre Poinsettia, Euphorbia pulcherrima (Euphorbiaceae) et on la connaît souvent sous ce nom.
– Elle fleurit au début de la saison sèche et on peut admirer alors dans les jardins les magnifiques bouquets d’un rouge pourpre qui constituent les grandes bractées qui enveloppent ses inflorescences.
– Les fleurs elles-mêmes qui sont groupées au centre de ces belles bractées, sont insignifiantes, elles sont vertes et petites.
– Leur organisation est très
curieuse. Sur une sorte de réceptacle, portant une grosse glande à nectar, on voit un ovaire à 3 loges, porté au sommet d’un pédoncule recourbé : c’est la fleur femelle, réduite à sa plus simple expression.
– À côté d’elle, sur le même réceptacle, se trouvent de nombreuses étamines articulées qui sont autant de fleurs mâles rudimentaires.
– Toutes ces fleurs sont nues, presque complètement dépourvues de périanthe. Une telle organisation a reçu le nom de cyathium.
– L’ovaire se transforme après la fécondation, en une capsule à 3 coques, refermant 3 graines.

Dans d’autres espèces, telles que : l’euphorbe splendide ou l’euphorbe de Bojer, Euphorbia millii var. splendens et Euphorbia bojeri (Euphorbiaceae), connue en malgache sous le nom de songosongo, le cyathium est entouré de petites bractées colorées de rouge et peut être très décoratif, mais les fleurs elles-mêmes sont toujours nues.

Il existe des formes de transition qui peuvent nous servir à expliquer le passage des grappes de fleurs monoïques, à cette curieuse organisation du cyathium. Chez les dalechampies, Dalechampia clematifolia (Euphorbiaceae), notamment, lianes fréquentes dans le Centre et l’Ouest de Madagascar. Les Mernes les utilisaient autrefois, sous le nom de teloravina, pour teindre les rafias, en noir et les Betsileo s’en servent pour se noircir les dents et les dénomment, vahendrongony. Leurs inflorescences ont une organisation intermédiaire. Trois fleurs femelles et un grand nombre de fleurs mâles sont en effet réunies en un fascicule, entouré de deux grandes bractées colorées, en jaune ou en blanc.

Ces plantes forment l’importante famille des Euphorbiacées.

L’Euphorbe très-belle ou « Madagasikara »

Cette belle Euphorbe provient d’Amérique centrale et a été introduite à Madagascar, par le Service des Parcs et Jardins, en 1923.

Voir aussi : [->art43].

La Vernonie

La Vernonie

Composées ou Astéracées

13ème TYPE

L’AMBIATY ou VERNONIE

L’ambiaty ou vernonie, Vernonia appendiculata (Compositae) :

C’est un arbuste de 2 à 3 mètres, très fréquent dans la Région centrale. Sa floraison se produit en septembre et sert de signal aux semailles des riz de deuxième saison « les varinambiaty ».

Si l’on regarde avec attention les grandes grappes de couleur bleu-clair qui décorent l’arbuste à cette saison, on voit que ce que l’on prenait au premier abord pour une fleur est en réalité composé d’un grand nombre de fleurs. C’est une inflorescence très compacte et entourée de nombreuses bractées vertes, simulant un calice : on lui donne le nom de capitule.
Chacune des fleurs véritables ou fleuron comporte un ovaire infère à une loge, renfermant un seul ovule, surmonté d’un calice formé de soies très fines et d’une corolle à tube étroit s’épanouissant en 5 lobes. Enfermées dans le tube de la corolle et soudées à celle-ci par leurs filets, nous trouvons 5 étamines, courtes, soudées les unes aux autres par leurs anthères, en une sorte de manchon qui traverse le style. Celui-ci, plus long que le tube de la corolle, s’épanouit à l’extérieur en un stigmate à deux branches.
Après la fécondation, l’ovaire se transforme en un akène qui reste surmonté par les soies du calice, formant ainsi une petite aigrette. Ce qui lui permet d’être facilement transporté par le vent. C’est pourquoi, cette espèce peut se disséminer avec autant de rapidité.

L’ambiaty fournit de grandes feuilles que les Malgaches mangent parfois bouillies. Ses cendres sont utilisées comme topiques et il entrait autrefois dans la composition de nombreux « ody » et d’amulettes.

Toutes les fleurs qui composent un capitule de vernonie sont ainsi des sortes de petits tubes. C’est pourquoi, cette plante peut servir de type à la famille des tubuliflores.

Vernonie

PLANTES VOISINES

On peut placer à côté des vernonies, une petite plante herbacée, très commune dans tout le Centre de Madagascar, dont les fleurettes bleues ornent souvent les talus de Tananarive : l’agérate, Ageratum conyzoides (Compositae) ou herbe de bouc, connue en malgache sous les noms de hanitrinimpantsaka ou de fotsivony. Le premier nom est une allusion au parfum que dégagent ses feuilles, surtout quand on les froisse, parfum pénétrant, rappelant l’odeur de la coumarine. On attribue à ses feuilles des propriétés vulnéraires très puissantes.

On doit aussi en rapprocher une mauvaise herbe malheureusement commune l’éléphantope, Elephantopus scaber (Compositae), connue en malgache sous le nom de tambakombako et en créole sous celui de tabac marron qui sont des allusions à ses grandes feuilles couvertes de petits poils raides, rappelant un peu celles du tabac. Ses petites fleurs roses disparaissent presque complètement entre les grandes bractées scarieuses qui entoure son capitule, mais en regardant avec attention, on s’aperçoit quand même, qu’on a affaire à une Composée. Cette plante envahit tous les terrains, même les moins fertiles. Son akène est en effet pourvu de crochets adhésifs qui lui permettent de s’accrocher aux vêtements et aux toisons des animaux.

L’artichaut, Cynara scolymus (Compositae), très cultivé autour de Tananarive, appartient aussi à cette tribu.

1°) Tribu des Liguliflores qui a pour exemple :
– La laitue des Indes ou Ligulaire, Ligularia stenocephala « The Rocket » (Astéraceae ou Compositae) qui est une grande herbe, atteignant 1 mètre de haut, à tige robuste, dressée, contenant un latex blanc abondant. Les nombreuses feuilles sont grandes, lancéolées et à bords plus ou moins dentés. La tige se termine par une grande grappe de capitules, portés par de petits pédoncules bractéolés. Chaque capitule comporte un involucre de bractées vertes et de nombreuses fleurs de couleur jaune. Une fleur est composée d’un ovaire infère, terminé d’un bec effilé. C’est au sommet de ce bec, que se fixent le calice composé de soies et la corolle qui comprend un tube étroit et un limbe étiré en languette ou ligule, résultant de la soudure des 5 pétales. La ligule est d’ailleurs terminée par 5 petites dents à peine distinctes. Le fruit est un akène, lisse et noir, surmonté d’un bec effilé jaune dans le haut et qui conserve à son sommet les soies du calice étalées comme un petit parachute.
– Les laitues, Lactuca sativa (Compositae ou Asteraceae), cultivées dans les jardins, ainsi que les chicorées, Cichorium endiva (Compositae ou Astéraceae), sont très voisines de cette plante. Elles contiennent toutes comme elle, un latex blanc abondant et leurs capitules ne comportent que des fleurs en languette.
– Le pissenlit, Taraxacum officinal (Compositae ou Asteraceae) ou dent-de-lion qui est souvent naturalisé dans la région centrale (surtout autour d’Antsirabe) ne possède aussi que des fleurs en ligule.

2°) Tribu des Radiées qui a pour exemple :
– L’Anthémis frutescent, Anthemis frutescens, ayant pour synonyme, l’Agyranthemum frutescens ou Chrisanthémum frutescens (Compositae ou Asteraceae) :
Cette belle plante, si souvent cultivée dans les plates-bandes des jardins publics, dans Tananarive et dans d’autres villes, est bien connue pour ses capitules blancs, au centre jaune qui rappellent beaucoup nos marguerites en France. Son feuillage est très finement découpé. Chaque capitule présente une rangée de fleurons stériles pourvus d’une grande ligule blanche et au centre, un grand nombre de fleurons jaunes, sans ligule. Chacun d’eux est une fleur minuscule comprenant : un calice réduit à quelques poils, une corolle à 5 pétales soudés, 5 étamines soudées par leurs anthères et un gros ovaire infère. Ces fleurs du centre sont fertiles et donnent naissance à un petit fruit sec indéhiscent : l’akène. Les feuilles de l’Anthémis, frutescent ont une saveur piquante et les Malgaches les consomment souvent comme brèdes.
– Le Spilanthes, Spilanthes acmella et S. oleracea (Compositae ou Asteraceae), brède mafane ou cresson du Para, appelé anamalao ou anamafana en malgache, est une herbe très commune dans tout le Centre de Madagascar et qui peut descendre jusqu’à 500 à 600 mètres d’altitude. Ses feuilles ont un goût piquant qui les fait utiliser abondamment comme brèdes et leur vaut leur nom de anamafana ou celui de mangevitra qui signifie : « Qui fait vibrer le palais ». Le Spilanthes possède des feuilles opposées, ovales, plus ou moins dentelées, à pétiole court. Les pédoncules floraux, sans bractée, portent généralement un seul capitule. Chaque capitule comporte à sa périphérie quelques fleurs en ligule, mais surtout des fleurs en tube qui occupent le centre renflé en cône de la fleur.

Toutes les Composées qui ont ainsi dans un même capitule des fleurs ligulées à la périphérie et des fleurs en tube au centre, ont reçu le nom de Radiées.

Elles constituent un groupe extrêmement important. On peut y distinguer :

1°) Des plantes potagères : introduites pour leurs racines comestibles,
– telles que les salsifis, Tragopogon porrifolius (Compositae ou Asteraceae),
– les scorsonères, Scorzonera hispanica (Compositae ou Asteraceae), etc.

2°) Des plantes décoratives :
– telles que les dahlias, Dahlia x (Compositae),
– les marguerites, Chrysanthemum maximum (Compositae ou Astéraceae),
– chrysanthèmes, Chrysanthemum (Compositae ou Asteraceae),
– zinnia, Zinnia elegans Compositae ou Asteraceae),
– tagètes, Tagetes erecta ou rose d’Inde
– et Tagetes patula (Compositae ou Asteraceae), l’œillet d’Inde
– cosmos, Cosmos caudatus, C. bipinnatus (Compositae ou Asteraceae),
– soucis, Calendula officinalis (Compositae ou Asteraceae), etc.

Il faut signaler en ce qui concerne ce groupe, que ce que l’on appelle généralement des fleurs-doubles sont en réalité des capitules, où les fleurs-tube sont remplacées presque totalement par des fleurs en ligule. Les Composées « à fleurs-doubles » peuvent donc se reproduire par graine, alors que chez les véritables fleurs-doubles, ce sont les étamines qui se transforment en pièces pétaloïdes et la fécondation est impossible par conséquent.

3°) Des plantes médicinales :

– Telles que la camomille, Parthenium hysterophorus (Compositae ou Asteraceae),
– Le pyrèthre, Chrysanthemum indicum, cultivé pour ses propriétés insecticides.
– La Siegesbeckie orientale, Sigesbeckia orientalis qui est une mauvaise
herbe fréquente dans les jardins des Hauts-Plateaux, très utilisée à la Réunion comme vulnéraire et dépuratif, comme en témoignent ses noms créoles : herbe divine, souveraine, guérit-vite. On l’appelle également herbe grasse ou colle-colle, ce qui est une allusion à ses feuilles et surtout à ses inflorescences visqueuses. Son nom malgache satrikoaga maratra montre qu’on y connaît aussi ses vertus cicatrisantes.

4°) Des mauvaises herbes : c’est sans doute dans cette famille, que l’on trouve les mauvaises herbes les plus difficiles à faire disparaître des sols de culture et celles qui ont pris le plus d’extension, en raison de leurs graines adhésives.
– Parmi les plus désagréables, il faut citer : les bidens, Bidens pilosa (Compositae), dont les Malgaches consomment néanmoins les feuilles, mais qu’ils ont nommé ananatsinahy : « La brède qu’on ne désire pas » Ses fruits (tsipolotra) sont en effet garnis de crochets qui lui permettent d’adhérer aux vêtements et il est bien difficile de s’en débarrasser.
– Encore plus désagréable, surtout pour les personnes qui marchent pieds nus, est le bakakely, Xanthium spinosum (Compositae), dont les akènes sont pourvus d’épines robustes et acérées qui lui ont valu le nom d’Acanthosperma (tiré du grec : acanthus = épine ; sperme = graine.

5°) Quelques arbres qui fournissent des bois appréciés :

– Tel le merana, magnary (Sak.), manipiky (Bara) Brachylaena menara et le hazotokana Brachylaena ramiflora qui caractérisent cette famille à Madagascar.

Dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord, toutes les Composées sont au contraire des herbes.

Toutes ces plantes constituent la famille très homogène des Composées, caractérisée par ses fleurs groupées en capitules, à pétales soudés, à ovaire infère, uniovulé, se transformant en un akène.


Les deux derniers types, que nous venons d’étudier, sont donc caractérisés par leurs fleurs à pétales soudés et à ovaire infère. Ils constituent l’Ordre des Gamopétales inférovariées.

Les caractères qui les distinguent peuvent être résumés dans le tableau suivant :

|1°) Fleurs non groupées en capitules, à ovaire pluriovulé. Le fruit est une baie ou une capsule|Rubiacées|
|2°) Fleurs groupées en capitules, à ovaire uniovulé. Le fruit est un akène|Composées|

Voir aussi : [->art42]

Le Café

Le caféier

Rubiacées :

Cucurbitacées

12ème TYPE

Le CAFÉIER

A) Le caféier d’Arabie, Coffea arabica (Rubiaceae), fut introduit à Madagascar au début du 19ème siècle, probablement en 1802, par MICHAUX. Il fut cultivé près de Tamatave et fut multiplié par CHAPELIER. Puis, il s’étendit tout le long de la Côte-Est. Il y vivait d’ailleurs assez mal. Remonté peu à peu vers les Plateaux par les cultivateurs malgaches, il y trouva un climat plus favorable. Au 19ème siècle c’était à peu près la seule espèce cultivée dans les plantations. Cependant, vers 1850, un redoutable champignon parasite « l’Hemileia vastarix » apparut dans les cultures de Ceylan et dévasta bientôt les plantations du Monde entier.

B) On introduisit alors à la Réunion, le caféier du Libéria, Coffea liberica qui résistait beaucoup mieux au parasite. Ce caféier fut amené sur la Côte-Est, avant la conquête française et sa culture fut intensifiée dès l’installation du Service de l’Agriculture.

C) Le caféier Kouilou fut introduit en 1900, par un planteur de la Côte orientale, Monsieur NARRAS. Sa grande vigueur, sa résistance parfaite aux maladies, son rendement important, le firent bientôt préférer par les planteurs et dès 1912, il avait pris une grande importance.

D) La Station d’essais de l’Ivoloina reçut, en 1901, du Jardin colonial de Nogent, une centaine de graines d’un caféier du Congo. Ce nouvel arbuste se montra aussi très résistant au champignon parasite et fut multiplié en grand.

Ce sont ces deux espèces qui fournissent à l’heure actuelle, le fond des exportations de la Grande-Île : exportations atteignant chaque année de 20 à 30.000 tonnes. Ces cafés n’ont pas l’arôme exquis du café d’Arabie, mais ils sont plus appréciés pour la production des cafés solubles.

La production du caféier d’Arabie, sur les terres volcaniques riches des Hauts-Plateaux (Itasy, Ankaizina), serait possible en organisant la défense des plantations contre l’Hemileia par des pulvérisations fongicides.

Ces caféiers sont des arbustes ou de petits arbres, à feuilles opposées, stipulées :
– Les deux stipules conjointes, des deux feuilles opposées, se soudent en une seule languette interpétiolaire, comme d’ailleurs chez la plupart des Rubiacées.
– Les fleurs blanches, à parfum très pénétrant, sont portées par de très courts pédoncules et agglomérées en bouquets serrés à l’aisselle des feuilles. La fleur régulière comporte un réceptacle concave, à l’intérieur duquel est soudé l’ovaire infère. Sur les bords du réceptacle se fixent un calice, à 5 lobes soudés, très petits ou même nuls et une corolle blanche, à long tube s’élargissant peu à peu vers le sommet, à gorge souvent pubescente, à limbe découpé en 5 lobes tordus dans le bouton. (Certaines fleurs, anormales, mais fréquentes, portent 4 ou 6 lobes). 5 étamines, dont les filets courts s’insèrent sur la gorge de la corolle, font saillies au centre de la fleur.
– L’ovaire infère est généralement à deux loges. Il est surmonté d’un style dépassant la longueur du tube de la corolle et qui s’épanouit au-dessus des étamines, en un stigmate à deux lobes.
– Le fruit est une baie appelée vulgairement « cerise » en raison de la belle coloration rouge qu’elle prend à maturité. Elle comprend une pulpe molle, plus ou moins abondante et deux noyaux convexes sur une face et plans sur l’autre qui sont des grains de café. Ces noyaux sont entourés d’une pellicule parcheminée : la parche

Pour préparer le café :
a) On écrase généralement les cerises au moyen d’un dépulpeur.
– La séparation de la pulpe et des grains est faite par un courant d’eau.
– On laisse ensuite fermenter les grains en parche, pendant 24 à 48 heures.
– On les lave après ce temps et on les fait sécher.
– Il faut alors enlever la parche. On utilise à cet effet le déparcheur, un appareil composé d’une vis sans fin qui entraîne les grains dans un cylindre fixe et les forcent à passer par un goulet obturé, par un clapet de résistance réglable. Le frottement, contre les parois du cylindre et du clapet, permet l’enlèvement de la parche.
– Il ne reste plus qu’à vanner.

b) On laisse aussi parfois sécher les cerises au soleil, sans les dépulper. Une fois les cerises desséchées, ce qui demande souvent longtemps, on les passe dans une décortiqueuse. Les cultivateurs malgaches les décortiquent même souvent au pilon. Ce procédé est moins bon, il donne un café chargé de brisures, et de valeur commerciale toujours moins élevée.

Le café pris en infusion a des propriétés toniques et excitantes bien connues. Il est d’autre part très aromatique. Ses propriétés excitantes sont dues surtout à la présence d’un alcaloïde : la caféine. Alors que l’arôme du café est dû à une huile odorante : la caféone. Pour éviter les inconvénients présentés pour certaines personnes par l’absorption de l’alcaloïde, on prépare aujourd’hui des cafés décaféinés.

Il est intéressant de signaler que Madagascar et en particulier les régions de l’Ouest et du Sambirano, comptent plusieurs espèces indigènes de caféiers : caféier de Perrier, caféier tétragone, caféier de Bonnier, caféier de Gallieni, etc. Ces caféiers malgaches ont de petits grains, généralement dépourvus de caféine. Une Station a été créée à Kiangavato, sur la Côte-Est, pour essayer de sélectionner les caféiers malgaches, naturellement dépourvus de caféine. Ils pourraient constituer alors une production originale, intéressante.

Café

Café

PLANTES VOISINES

Les quinquinas, Cinchona officinalis, sont des arbres américains dont les écorces fournissent un alcaloïde bien connu : la quinine.
C’est en 1639, que les premiers quinquinas furent importés en Europe, à la suite de la guérison de la Comtesse de CHINCHON, femme du vice-roi du Pérou. C’est pourquoi LINNÉ, leur donna le nom scientifique de Cinchona. Ces arbres ne furent mis en culture que 200 ans plus tard, à Java, en 1847 et dans les Indes, par les Hollandais et les Anglais. Ces plantations fournissent actuellement, toute la quinine du Monde, les arbres spontanés des Andes de Colombie ayant disparu depuis longtemps, détruits par une exploitation abusive.

En ce qui concerne la France, ce n’est guère que vers 1860, que les premières tentatives furent faites aux Antilles. À la Réunion l’introduction du quinquina, (Cinchona succimbra), fut essayée en 1870. Tous ces essais ne semblent pas avoir été suivis avec l’intérêt qu’ils auraient dû susciter. Pour Madagascar, des semis de quinquinas furent effectués à plusieurs reprises. Mais cette culture ne s’était jamais développée. Ce n’est que pendant la seconde guerre mondiale, que les efforts conjoints du Service forestier et de l’Institut Pasteur de Tananarive, ont permis des
plantations assez importantes. Mais ces efforts furent à nouveau abandonnés. Il serait pourtant vital que Madagascar soit à même de produire ce précieux alcaloïde, base indispensable de la lutte contre le paludisme.

Les quinquinas sont de beaux arbres, à feuilles opposées, stipulées, tantôt arrondies et amples, à surface un peu bulleuse : C. succimbra, tantôt plus allongées, lisses et d’un vert plus sombre : C. ledgeriana.
– Les fleurs, abondantes pendant toute la saison des pluies, sont disposées en grandes grappes terminales. Elles sont très odorantes. Leur odeur est suave. Elles comprennent : un réceptacle à l’intérieur duquel est inclus l’ovaire. Sur ses bords sont fixés un calice très court, à 5 dents qui ne recouvrent même pas complètement le bouton floral et une corolle à long tube dilaté vers le sommet et dont le limbe s’étale en 5 lobes, ornés de nombreux poils. Les étamines sont insérées au niveau du renflement du tube de la corolle. Elles sont courtes et arrivent juste à la hauteur de la gorge. Les 5 étamines alternent avec les pétales.
– L’ovaire est infère et surmonté d’un style plus court que le tube corollaire, terminé par un stigmate à deux branches. L’ovaire comporte 2 loges, renfermant chacune de très nombreux ovules. Il se transforme en une capsule surmontée par les dents persistantes du calice et qui s’ouvre à maturité par deux fentes longitudinales, laissant échapper un grand nombre de graines fines. Chaque graine comporte un petit noyau très fin, entouré d’une aile membraneuse, dont les bords sont irrégulièrement déchiquetés.

Psychotria

La flore malgache compte des plantes très voisines des quinquinas :

a) Une des plus connues est une liane, Danais fragrans (Rubiaceae), commune non seulement à Madagascar, mais aussi à la Réunion et à Maurice et que les empiriques utilisent depuis longtemps dans ces deux pays, sous les noms créoles de : liane de bois jaune, lingue noire ou liane de bœuf :
– COMMERSON lui donna le nom poétique de danais, parce que dit-il : « Les femelles dominent, suffoquant presque les masles qui sont dans la même fleur »
– En réalité, il s’agit d’un dimorphisme de la fleur, commun chez beaucoup de Rubiacées. Certaines fleurs ayant des étamines longuement saillantes et d’autres au contraire, des étamines incluses dans le tube de la corolle.
– Ces lianes sont appelées par les Malgaches : tamboronaombe ou vahimantsy (betsim.), rikiatra (tsim.) et le plus souvent bongo.
– Leurs racines servent souvent à teindre les rabanes en jaune ou orange.
– Leurs tiges sont aussi fort utilisées comme masticatoires pour l’entretien des dents.

b)Le santal de Madagascar, Enterospermum madagascariensis, nommé en malgache, masinjoana :
– C’est un petit arbre commun dans l’Ouest, où il est souvent réduit d’ailleurs à de vieilles souches brûlées, émettant des rejets chaque année.
– Les souches et les racines renferment une huile volatile parfumée.
– On en fait des exportations assez importantes (quelques centaines de tonnes) sur l’Inde, où il est utilisé comme le santal véritable au cours des cérémonies religieuses.
– La poudre de ses racines mélangée à de l’huile de pignon d’Inde sert à confectionner des onguents qu’on applique sur le visage.

c) Beaucoup de plantes de cette famille pourraient-être utilisées en décoration pour la beauté de leurs fleurs :
– Certaines ont en effet de grandes fleurs parfumées ou délicates qui comptent parmi les plus beaux ornements de la forêt malgache.
– D’autres possèdent, outre la corolle, un calice et des bractées colorées : tels que les Pentas, Pentodon pentandrus (Rubiaceae) et les Carphalées, Carphalea kirondron (Rubiaceae), qu’on nomme en malgache, Voninjazava et les superbes Alberta, aux corolle et calice, vermillon.

d) Enfin, un certain nombre sont de beaux arbres des forêts orientales fournissant souvent un bois apprécié pour sa dureté, tels les molompangady ou Bréonies, Breonia madagascariensis.

Toutes ces plantes appartiennent à la famille des Rubiacées.

FAMILLES VOISINES

Les Cucurbitacées comptent un grand nombre de plantes cultivées pour leurs fruits généralement volumineux et comestibles :
a) La courge, Cucurbita pepo ou Cucurbita maxima (Cucurbitaceae), fut introduite vers le 17ème siècle.
– C’est une plante herbacée, lianoïde, à grandes feuilles couvertes de poils raides.
– Ses fleurs sont de deux sortes :
– les fleurs mâles qui ne portent que des étamines.
– et les fleurs femelles qui portent un gros ovaire infère et des stigmates volumineux.
– La courge est donc une plante monoïque.
– Toutes les Cucurbitacées ont ainsi des fleurs de deux sortes.
– Le fruit est une énorme baie, pouvant atteindre 20 kilos et renfermant de nombreuses petites graines.

Potiron

La chouchoute ou chayote, Sechium edule (Cucurbitaceae), provient de l’Amérique tropicale. Elle fut introduite de la Réunion à Madagascar assez récemment, mais s’est largement répandue depuis :
– C’est une plante grimpante, à tiges herbacées, couvertes de poils.
– Ses tiges sont annuelles, mais une souche renflée, tuberculeuse, rend la plante vivace.
– Les feuilles alternes sont dentées, couvertes de poils rudes, avec un sinus pétiolaire profond.
– De nombreuses vrilles permettent aux tiges de s’accrocher après les supports.
– Les fleurs sont petites, d’un blanc verdâtre. Elles se développent à l’aisselle des feuilles supérieures. On trouve généralement à la même aisselle :
– Une petite grappe de fleurs mâles
– Et une fleur femelle, isolée.
– Les fleurs mâles comprennent : un calice renflé en coupe, à 5 segments, une corolle à 5 lobes profonds, 3 étamines, dont les filets courts sont soudés en une petite colonne, au centre de la fleur.
– Les fleurs femelles ont un périanthe analogue, mais elles portent un gros ovaire infère, à une seule loge, renfermant un seul ovule et surmonté par un stigmate, à 5 lobes recourbés.
– L’ovaire se développe en un gros fruit drupacé, orné de nombreux poils rudes et, parcouru par quelques sillons longitudinaux.
– Il renferme une seule graine, ovale, comprimée, à bords aigus.
– On consomme, non seulement le fruit après cuisson, mais encore, les jeunes pousses, comme brèdes et même les tubercules.

Chouchoute

b) La pastèque ou melon d’eau, Citrullus vulgaris ou Citrullus lanatus (Cucurbitaceae), est abondante aux bords des étangs et des lacs et sur les alluvions du domaine occidental. Elle est cultivée dans toute l’île. Son introduction est très ancienne, antérieure au 17ème siècle. Elle fut probablement introduite par les Arabes qui la cultivent souvent. Les Malgaches l’appellent suivant les régions : voabe, voamanga, voantsiriky. Ce dernier nom est sans doute une allusion à la forme de ses feuilles très découpées. Son fruit, très volumineux, est agréable pour sa fraîcheur, mais peu parfumé.

c) Parmi les plantes les plus anciennement introduites de cette famille :
– Il faut citer une sorte de melon, melon malgache que les Malgaches nomment : voatango, Cucumis melo, à fruit allongé, très odorant, mais dont la chair est farineuse et sans saveur.
– La calebasse, Lagenaria siceraria ou Lagenaria sphaerica (Cucurbitaceae), était aussi déjà cultivée du temps de FLACOURT (1650)
C’est une plante originaire de l’Inde tropicale et il est intéressant de noter, que son nom vernaculaire : voatavo peut-être rapproché facilement du nom que lui donnent les Malais « tabu » lui-même dérivé du sanscrit, « atuba » On peut donc penser que l’introduction s’est opérée par l’Orient. Le jeune fruit est comestible et a des propriétés purgatives.
Le fruit mûr a un péricarpe dur qui sert à faire différents ustensiles de cuisine, selon les formes très diverses du fruit de cette espèce, cultivée depuis l’antiquité (PLINE).
– La pipengaye, Luffa acutangula (Cucurbitaceae), originaire d’Asie, que les Créoles dénomment parfois pittoresquement : « œuf de bourrique ». Elle a été introduite beaucoup plus récemment, en provenance de la Réunion. Elle s’est cependant naturalisée, çà et là, dans les régions côtières. Son jeune fruit est comestible. Ensuite, celui-ci développe des fibres qui le rendent impropre à la consommation.
– La margoze, Momordica charantia (Cucurbitaceae) qui tire son nom, de l’espagnol « amargosa, signifiant amer », reçoit souvent des Malgaches un nom de signification analogue : mafaibe.
– C’est une liane haute de plusieurs mètres, à vrilles, dont les feuilles sont alternes, simples et lobées.
– Sa fleur a : 5 pétales, de couleur jaune pâle et des étamines, jaunes d’or.
– Ses fruits, oranges, muriqués, plus ou moins oblongs, très amers, s’ouvrent sur des graines rouges.
– C’est qu’en effet, son fruit présente une saveur extrêmement amère qui le fait utiliser comme condiment. C’est un petit fruit fusiforme, atteignant au plus une vingtaine de centimètres de long, pourvu d’ailes irrégulièrement contournées qui lui donnent un aspect caractéristique.
– Ce fruit s’ouvre à maturité par 3 fentes à son extrémité inférieure et laisse alors échapper de nombreuses graines.
– On lui prête beaucoup de propriétés qui le font utiliser par les empiriques, comme amer, tonique, drastique, vermifuge et vulnéraire.
– La margoze s’est répandue rapidement autour des villages des régions côtières et sur les alluvions des fleuves occidentaux.

– Enfin le concombre, Cucumis sativus, nommé en malgache Voantangombazaha qui est une plante pan-tropicale, originaire d’Asie tropicale, Chine et Himalaya, connue depuis des millénaires en Orient et devenue très rare. Le concombre et sa variété, le cornichon sont comestibles, mais
la partie verte, externe, est irritante. La pulpe du concombre est très appréciée en cosmétologie.
– Le cornichon est une variété de concombre, dont les fruits sont confits dans le vinaigre.

– La patole, Trichosanthes cucumerina, syn. T. anguina, nom formé de trichos = poil et anthos = fleur ou en créole, snake gourd signifiant, courge du serpent. Les Malgaches l’appellent : patoly, pataoly (betsim.) :
– Le genre comprend, 15 espèces, de la Malaisie au Pacifique.
– Cette espèce est originaire d’Indo-Malaisie.
– Le fruit peut atteindre jusqu’à 200 centimètres de long et est consommé cru, encore jeune.

Ces dernières Cucurbitacées sont fréquemment cultivées dans le Centre de l’île et servent surtout à l’alimentation des Européens.

Voir aussi : [->art41].

Le Muflier

Le Muflier

Scrofulariacées :

Labiacées – Acanthacées – Bignoniacées

(Bignoniacées-Créscentiées)

(Bignoniacées-Técomées)

11ème TYPE

Le MUFLIER ou GUEULE de LOUP

Le muflier, Antirrhinum majus (Scrophulariaceae) ou gueule de loup, est une plante originaire de la région méditerranéenne qui pousse vigoureusement sur les Hauts-Plateaux et est souvent cultivée dans les jardins pour la beauté de ses fleurs :
– Le calice comprend : 5 lobes inégaux. La corolle comporte : un tube bossu à la base et partagé au sommet en 5 lobes formant deux lèvres. On lui donne le nom de corolle personée, en raison de la ressemblance qu’elle présente, avec les lèvres énormes des masques dont s’affublaient les comédiens de l’antiquité (ces masques portaient en latin, le nom de persona). Les deux lobes supérieurs dressés forment la lèvre supérieure, tandis que les trois lobes inférieurs étalés forment la lèvre inférieure. Le lobe central inférieur, plus petit que les latéraux, se relève en une pièce généralement velue qui ferme la gorge de la fleur. Il y a quatre étamines, dont deux grandes et deux petites.
– L’ovaire est supère et renferme de nombreux ovules. Il est surmonté d’un style terminal.
– Le fruit est une capsule renfermant de nombreuses graines très petites.

PLANTES VOISINES

a) On rencontre souvent à Tananarive une liane à fleurs roses personées rappelant beaucoup, mais en plus petit, celles du muflier. C’est une Maurandie, Maurandia ou Lophospermum (Scrophulariaceae) ou Asarina, introduite du Mexique et qui est devenue sub-spontanée sur quelques vieux murs de la ville.

b)Il faut signaler encore une curieuse plante répandue dans les marais et les rizières de toute l’île : l’Hydrotriche, Hydrotriche hottoniaeflora, que les Malgaches nomment, volonkotona. C’est une herbe aquatique qui nage et dont les tiges sont maintenues à la surface de l’eau, par de petits
ballonnets remplis d’air. Ses feuilles sont extrêmement minces, réduites à de simples filaments. Au mois de septembre, on voit apparaître de petits pédoncules dressés qui portent une fleur rose ou jaune, ne dépassant pas un centimètre, mais construite absolument comme celle du muflier.

Ces plantes forment la famille des Scrofulariacées (Scrophulariaceae) du nom de la scrofulaire qui est une plante de l’Europe tempérée.

FAMILLES VOISINES

Les Labiacées (Labiateae) :
– Ont une fleur à pétales soudés, irrégulière, à ovaire supère comme les Scrofulariacées, mais elles s’en séparent, par leur ovaire constitué de 4 carpelles libres et qui donne naissance à 4 akènes et non à une capsule.
– D’autre part, le style est généralement inséré sur la base de l’ovaire et non terminal.

Il est intéressant de noter que c’était par des caractères analogues que nous séparions les Solanacées, des Borraginacées. Ce groupe est donc très homogène :
– Il existe d’ailleurs dans la nature de nombreuses formes de passage entre les Solanacées et les Scrofulariacées, d’une part
– Et entre les Borraginacées et les Labiacées, d’autre part.
Pour ne citer que des exemples de la première transition :
– Le pétunia, Petunia x hybrida (Solanaceae) une plante herbacée, au feuillage ramifié, vert, duveteux et collant, est souvent cultivé dans les jardins de Tananarive, pendant la saison sèche. Il présente une fleur légèrement irrégulière, mais dont les 5 étamines sont fertiles.
– La brunfelsie, Brunfelsia calycina (Solanaceae), plus connue sous le nom de jasmin d’Afrique, bien qu’elle soit originaire d’Amérique, est un charmant arbuste souvent cultivé dans les jardins pour ses fleurs abondantes qui dégagent un parfum délicat. Leur coloration, d’abord d’un bleu intense, passe au fur et à mesure qu’elle se fane, au bleu pâle, puis au blanc, ce qui lui vaut le nom malgache de telomiova. Les botanistes ont été bien embarrassés pour la classer, car sa corolle irrégulière tend vers la forme personée et 4 de ses étamines sont fertiles, la dernière n’étant que rudimentaire. On ne l’a placée parmi les Solanacées qu’en raison de ce rudiment d’étamine.

Cela nous montre combien sont fragiles nos classifications. Ce sont des abstractions créées par l’esprit humain, pour permettre une étude plus facile d’un monde excessivement vaste et complexe. Toutefois, ces classifications ne sont pas arbitraires. De nos jours, les recherches chimiques ont souvent confirmé la parenté des plantes d’une même famille.

Les plantes, les plus répandues à Madagascar parmi les Labiacées, sont surtout :

a) Les basilics, Ocimum basilicum (Labiaceae) ou pistou, en provençal dont les noms vernaculaires sont : keranjany, kiranjay en hova rombiromby et romba en sakalava ou basilic grande feuille, Ocimum gratissimum (Labiaceae) :
– Ce sont des herbes ou des arbustes, dont les feuilles secrètent des essences à odeur très pénétrante qui pourraient être extraites par distillation. La teneur en camphre d’une de ses essences est assez élevée pour permettre l’extraction de ce produit.
– Ils sont parfois utilisés comme condiments et passent pour avoir des propriétés digestives et toniques.
– Les graines et les feuilles broyées sont par ailleurs antinévralgiques et servent contre les maux de tête.
– Les basilics sont naturalisés, çà et là, autour des lieux habités et certaines espèces ont pris une grande extension dans l’Ouest, sur les alluvions sableuses des rivières.

b) Les sauges ou Salvia (Labiaceae) qui provient du latin, salvare, signifiant « sauver, guérir », n’ont que deux étamines, au lieu de quatre. Ce genre comprend près de 800 espèces, très diverses dans leurs formes et leurs rusticités :
– La sauge splendide, Salvia splendens ou sauge éclatante, originaire du Brésil, est fréquemment cultivée dans les jardins pour ses grappes de fleurs pourpres, dont la corolle et le calice sont colorés.

– Il existe de nombreuses espèces de sauges malgaches, arbustes ou herbes vivaces des montagnes du Centre, dont certaines sont très décoratives et mériteraient d’être cultivées :
– La sauge à 4 ailes, Salvia porphyrocalyx, par exemple qui tire son nom de la disposition curieuse de ses feuilles, en 4 rangées longitudinales. Cette symétrie se retrouve d’ailleurs chez toutes les Labiacées qui se distinguent généralement, outre les caractères de leur fleur, à leur tige à section carrée.

c) L’Hyptis, Hyptis pectinata (Labiaceae), désigné en malgache sous les noms de, sangasanganandevolahy ou sangasanganimarina ou tsangatsanganabily, en sakalava :
– C’est une plante cosmopolite, tropicale qui a envahi les lieux humides et les sols riches de presque toute l’île.
– Leur grande panicule de fleurs rouges qui leur ont valu dans le Betsileo, le nom d’afolava qui signifie « longue flamme », rappellent assez celles des sauges, mais leurs étamines ont un filet curieusement articulé avec la corolle, alors qu’il est soudé à celle-ci, chez les sauges.
– Leurs feuilles sont pourvues de nombreuses glandes qui secrètent une essence aromatique.
– On leur attribue des propriétés vermifuges et anti-dysentériques. Elles sont utilisées fréquemment dans la région occidentale, pour colorer et parfumer les rhums indigènes.

Les Acanthacées (Acanthaceae) sont très proches des Scrofulariacées. Elles n’en diffèrent guère que par leur graine dépourvue d’albumen et le réceptacle de leur fleur légèrement convexe. Cependant leurs exigences sont très différentes :
– Les Scrofulariacées sont généralement des plantes des régions tempérées ou froides, cantonnées sur les Hauts-Plateaux à Madagascar. Alors que les Acanthacées sont essentiellement tropicales et bien plus nombreuses dans les forêts côtières, que dans le domaine central.
– En même temps les Scrofulariacées comptent surtout des plantes introduites et naturalisées, alors que la plupart des Acanthacées sont indigènes et propres à Madagascar.
– Ce sont généralement des lianes, des herbes vivaces ou des arbustes. Elles ont toutes des fleurs très décoratives :

a) Cette plante, très communément plantée dans les jardins de Tananarive, le justitia ou gendarusse, Justicia gendarusa (Acanthaceae), nommée en malgache, dingadingambazaha, a été introduite de l’Inde. À la Réunion où elle est cultivée depuis longtemps et s’est souvent naturalisée, on lui donne le nom de Nitchouly. Ses feuilles nauséeuses ont un pouvoir émétique très puissant.
– C’est un arbuste pouvant atteindre 3 mètres, glabre, à grandes feuilles entières, ovales, aiguës au sommet, opposées et dépourvues de stipule.
– Il fleurit très abondamment et presque toute l’année.
– Ses fleurs sont groupées en épis terminaux. Chacune d’elle comporte à sa base trois bractées, dont l’inférieure est plus développée que les deux latérales et qui dissimulent complètement le calice, à 5 lobes égaux. La corolle est irrégulière, composée de deux lèvres. La lèvre supérieure comporte deux lobes séparés par un sillon médian, dans lequel s’enchâsse le style sur presque toute sa longueur. La lèvre inférieure présente trois lobes, les latéraux colorés uniformément, tandis que le lobe médian est finement strié de lilas. Les teintes de la corolle sont délicates et varient suivant les variétés :
– stries de couleur lilas, sur un fond mauve très pâle,
– ou stries de couleur violet-foncé, sur un fond lilas, etc.
– Il n’y a que deux étamines, insérées sur la partie inférieure de la corolle et recourbées le long de la lèvre supérieure.
– L’ovaire est supère, à deux loges, surmonté d’un long style terminal.

Les Bignoniacées comprennent de nombreux arbres et arbustes de la forêt malgache.

a) Un des plus connus est commun dans la forêt de l’Est et très cultivé encore en Imérina. C’est le zahana, zaharna, tokandilana, en merne ou sangy, tohiravina, en sakalava ou Phyllarthron de Bojer, Phyllarthron bojerianum (Bignoniaceae) :
– Ce bel arbre porte un feuillage d’un vert sombre.
– Ses feuilles opposées ont une forme très particulière : elles sont ovales et portées par un long pétiole, entouré d’ailes qui semblent former un second limbe. On dirait que quelque factieux, armé de patience, s’est amusé à coller un second article, au sommet des feuilles normales. Ces feuilles sont couvertes d’un enduit cireux assez épais. Lorsqu’on y fait une trace, avec la pointe d’un canif, cette trace reste indélébile et se détache en blanc sur le fond coloré. Elles servaient autrefois, paraît-il, à l’envoi des messages.
– Les fleurs apparaissent en septembre. Elles sont groupées au sommet des rameaux en grappes, dont le rachis est constitué d’éléments aplatis, toujours surmontés de ramifications situées dans un plan perpendiculaire aux précédents. Au sommet de chaque élément aplati du rachis sont fixées deux fleurs opposées, portées par des pédoncules coudés. Chaque pédoncule porte deux petites bractées qui restent soudées avec lui, sur la plus grande partie de leur longueur et lui donnent ainsi un aspect ailé. Elles comprennent : un petit calice, à sépales soudés, une corolle rose, légèrement lavée de jaune à l’intérieur, irrégulière, à 5 lobes, dont les bords sont légèrement laciniés, pubescents à l’extérieur et à l’intérieur. Quatre étamines, dont deux grandes et deux petites, sont soudées à la corolle, vers la base du tube. L’étamine supérieure stérile est généralement visible sous l’aspect d’un petit staminode qui n’excède pas 2 milimètres de haut. Chaque étamine fertile porte une anthère à deux loges divariquées, étendues horizontalement de part et d’autre du filet.
– L’ovaire est supère, à une seule loge, pluri-ovulée.
– Il donne naissance à un fruit charnu, comestible,
à saveur sucrée. Ce fruit est une sorte de silique comprenant deux valves et une cloison centrale, mais les valves et la cloison sont charnues, épaissies et le fruit ne peut s’ouvrir à maturité. Il renferme de nombreuses graines, plates, sans aile.
– Les fleurs, caractéristiques des Bignoniacées, forment de larges corolles de couleur rose vif, où viennent souvent s’abreuver les souimanga (oiseaux-mouches)

b) La liane aurore ou Pyrostégie de Vénus, Pyrostegia venusta (Fig. 36) si souvent cultivée à Tananarive, pour orner les murs et les pergolas, grâce à ses magnifiques fleurs, d’un rouge tango, est le type de cette famille des Bignoniacées. Elle est originaire d’Amérique.

c) Signalons aussi dans la Région Occidentale de beaux arbres situés en arrière de la mangrove : les mangarahara ou stéréospermes, Stereospermum variabile ou encore nommés mahafangalitsy, en mahafaly ou « ébènes verts » (Fig. 37) Les fruits de ces arbres sont très curieux. Ce sont des sortes de siliques s’ouvrant par deux valves sèches et comportant au centre une cloison renflée, dans laquelle s’emboîtent les graines. Chaque graine comporte un corps central globuleux, entouré d’une aile transparente. Les stéréospermes ont des feuilles composées-pennées, à folioles ovales, aiguës.

La liane aurore
s’appelle en réalité Pyrostégie de Vénus (Mots grecs : pyros = feu et stegie = toiture)

Ses innombrables fleurs, d’un rouge orangé brillant, lorsqu’elles recouvrent un toit font penser qu’il est en feu.

Elle aussi est originaire d’Amérique tropicale, mais s’est fort bien adaptée aux murs de Tananarive.

Le stéréosperme ou mangarahara

C’est un bel arbre à bois dur, souvent connu sous le nom « d’ébène-vert » Il pousse dans les forêts qui perdent leurs feuilles en saison sèche.

Noter :
-les feuilles composées
-le fruit caractéristique, en haut à droite
-la graine entourée d’une aile membraneuse.

Les trois derniers types que nous venons d’étudier ont en commun les caractères suivants :
– corolle à pétales soudés
– et ovaire supère

Ils constituent l’ordre des Gamopétales superovariées.

Le stéréo-sperme ou mangarahara

C’est un bel arbre à bois dur, souvent connu sous le nom « d’ébène vert ». Il pousse sur la Côte-Ouest, dans les forêts qui perdent leurs feuilles en saison sèche.

Noter, les feuilles composées, le fruit caractéristique, en haut à droite et la graine entourée d’une aile membraneuse.

Voir aussi : [->art40].

Le Sevabe

Le Sevabe

Solanacées :

Borraginacées – Convolvulacées

Apocynacées – Asclépiadacées

10ème TYPE

Le SEVABE ou MORELLE AURICULÉE

Le Sevabe ou morelle auriculée, Solanum auriculatum = Solanum mauritianum (Solanaceae), est une espèce américaine qui fut introduite involontairement et assez récemment, sans doute vers la fin au XIX° Siècle :
– Elle se développe surtout dans les terres riches en humus, autour des villages du Centre, sur les tas de détritus où il n’est pas rare de l’y rencontrer.
– Mais c’est surtout après la destruction de la forêt primaire qu’elle s’installe sur les sols encore riches.
– Ses graines sont disséminées par les oiseaux et il est impossible aujourd’hui de traverser une clairière de la forêt de l’Est, aussi isolée soit-elle, sans rencontrer cette grande plante qui étouffe rapidement toutes les espèces indigènes.

Le sevabe doit son nom malgache à ce qu’il ressemble au seva (Buddleia de Madagascar) et fournit comme lui, des cendres riches en potasse, qu’on utilise comme succédané du savon. On le nomme encore parfois, angivy ou voangivy qui signifie (tabac mâle) et qui est à rapprocher de son nom réunionnais, bois de tabac marron :
– C’est un arbuste atteignant 3 à 4 mètres de haut, à bois mou, sans consistance.
– Il est couvert, sur les jeunes rameaux et les feuilles, d’une pubescence fine et blanche.
– Les feuilles ovales, aiguës, atteignent 20 centimètres de long. Elles sont pourvues à la base de leur pétiole, de deux stipules arrondies en forme d’oreille, d’où le nom de « morelle auriculée ».
– Ses fleurs comportent : un calice à 5 dents, couvert d’un duvet blanc très abondant. Une corolle bleue à pétales soudés, comportant 5 dents, avec une macule blanche, au centre de chaque dent. Les 5 étamines sont insérées à la gorge du tube de la corolle. Les anthères jaunes, nettement saillantes, sont dressées et entourent le style d’une sorte de manchon.
– L’ovaire est supère, formé de 2 loges renfermant des ovules nombreux. Il est pubescent, ainsi que le style. Le stigmate est petit, jaunâtre.
– Il n’est pas rare de trouver sur la même plante, à côté de ces fleurs normales, des fleurs construites sur le type 6.
– Le fruit est une baie de la grosseur d’une cerise, jaune à maturité et restant parsemé de poils glanduleux. La plante fleurit à peu près toute l’année et fournit des fruits extrêmement nombreux.
– Ses feuilles broyées peuvent remplacer les cristaux de carbonate de soude, pour laver les plancher et les instruments de cuisine. Elles dégagent toutefois une odeur forte.
– Les cendres de la plante peuvent constituer une excellente lessive, pour le blanchissage du linge.

Sebave

Les Plantes voisines

La morelle noire, Solanum nigrum (Solanaceae), généralement appelée anamafaitra ou anamamy (herbe douce) est encore connue sous le nom créole de brède morelle ou brède martin, en raison de l’usage qu’on en en fait, comme légume pour assaisonner le riz. La même plante passe en France pour avoir des propriétés toxiques et narcotiques, surtout par ses fruits.

La morelle de l’Inde, Solanum indicum et la morelle à gros fruits, Solanum macrocarpum (Solanaceae) ou grosse anguive, connues sous les noms malgaches d’angivy et angivibe, ont des baies amères qui servent cependant dans l’alimentation. Elles ont paraît-il des vertus stomachiques, sialagogues et apéritives. Leurs racines grillées sont appliquées sur les gencives, pour calmer les maux de dents.

L’aubergine, Solanum melongena = S. heteracanthum (Solanaceae), est aussi une morelle. Le nom créole, bringelle, que les Malgaches ont transposé en barangely, vient lui-même du portugais « belingela », dérivé de l’espagnol « alberenjena », de l’arabe « albudinjan » et du sanscrit « vatingana ». C’est là, un bel exemple des déformations successives, que l’euphonie de chaque langue impose à un même nom. Cette plante originaire de l’Inde est souvent cultivée pour son fruit violacé, comestible. Elle peut se ressemer d’elle-même aux environs des villages, dans les régions chaudes.

Enfin la pomme de terre ou morelle tubéreuse, Solanum tuberosum (Solanaceae), est fréquemment cultivée sous le nom de ovimbazaha qui indique une introduction assez récente par les Européens. Cette introduction est cependant antérieure à la conquête française. La variété à tubercules violacés et à yeux profondément enfoncés, était déjà cultivée abondamment dans l’Ankaratra, au moment de la création du Service de l’Agriculture. Cette culture s’est largement développée depuis, dans toute la région centrale. Elle est en outre intéressante dans l’alimentation de l’homme et des animaux et permet même une petite exportation. La pomme de terre pousse maintenant à l’état sauvage dans les montagnes de l’Ankaratra. Mais elle n’est pas à proprement parler, naturalisée, car elle ne se reproduit que par ses tubercules et non par ses graines.

La tomate, Lycopersicon esculentum = Solanum lycopersicum (Solanaceae), est largement cultivée dans toute l’île et se multiplie souvent d’elle-même, autour des villages. Mais elle donne alors de petits fruits, de la taille d’une cerise et lisses. Elle a du être introduite au début du XIXème siècle, de la Réunion, où sa culture était déjà ancienne. Les Malgaches lui donnent d’ailleurs souvent le curieux nom de voandamora qui est une déformation du nom créole, pomme d’amour, dans lequel ils ont remplacé le mot pomme, par le vocable malgache « voa » qui signifie fruit. Les Sakalaves la nomment plus couramment babonga ou voabongo, en particulier quand elle présente des côtes. Dans le Centre, c’est le nom de voababiha, à l’origine obscure qui a prévalu. Il veut peut-être dire « fruit honorifique » en raison de sa couleur rouge qui est l’emblème royal. angilo, angilobe (mern.)

Tomates

Les piments, Capsicum (Solanaceae), sont très en honneur dans les régions tropicales, en raison de leurs propriétés apéritives et sialagogues :
a) Le piment arborescent, appelé aussi piment enragé, Capsicum annuum, var. glabriusculum (Solanaceae), fut introduit très anciennement à Madagascar, probablement de Malaisie. Son nom malgache, sakay, est d’ailleurs resté très proche du nom malais « chabaï ». Flacourt signale qu’il était fort répandu, dès 1650. Aujourd’hui, il constitue des peuplements immenses sur les alluvions des grands fleuves de l’Ouest, (Betsiboka, Tsiribihina, Onilahy et leurs affluents). Il est toujours très commun aussi, autour des villages :
– Sa fleur à pétales blancs est organisée, comme celle des morelles.
Mais son fruit est une baie allongée, très peu charnue.
En dehors de la consommation locale, le piment fait aussi l’objet d’exportations assez considérables.
Il est aussi très utilisé en thérapeutique empirique :
– Ses fruits broyés constituent un vésicatoire énergique.
– La poudre des fruits secs est aussi fréquemment utilisée, pour combattre les effets de l’alcoolisme et même le delirium-tremens, « parce qu’un feu chasse l’autre » prétendent les empiriques.
– Il jouit de propriétés effectives pour protéger des insectes parasites, les denrées alimentaires telles que le riz, les haricots, etc., au cours d’une longue conservation.
b) Le piment annuel ou piment doux ou poivron, Capsicum annuum, (Solanaceae), est aussi cultivé dans le Centre de l’île. Son introduction est assez ancienne. Il était déjà répandu en Imerina, en 1777.

Ces deux espèces, bien qu’introduites des régions situées à l’Orient de Madagascar, sont d’origine américaine.

Le coqueret du Pérou, Physalis peruviana ou Physalis alkekengi (Solanaceae), appelé en créole, poc-poc, alkékenge, amour en cage, lanterne japonaise et en malgache voanatsindra, est originaire du Pérou :
– Il fournit un fruit à saveur acidulée et agréable, dont on fait d’excellentes compotes.
– Son introduction, en provenance de la Réunion, est récente et volontaire.
– La baie comestible est enfermée
à maturité à l’intérieur du calice soudé qui se développe beaucoup après la fécondation. On dit que ce calice est accrescent.
– Le calice verdâtre enferme la baie orangée qui peut-être consommée :
– crue et a une haute teneur en vitamine C,
– ou en confiture et est surtout utilisée en confiserie.
Il existe des variétés ornementales, Physalis franchetii, au calice d’un rouge identique à celui de la coccinelle.

Le tabac, Nicotiana tabacum (Solanaceae), est très anciennement connu à Madagascar. Il était déjà cultivé dans le Sud-est au XVIIème siècle. On le connaît généralement sous le nom de tambaky ou de paraky qui sont des déformations du nom français :
– Les Malgaches utilisent le tabac haché mélangé avec diverses cendres, comme masticatoire.
– On en fabrique aussi des cigares et des cigarettes.
– La culture du tabac a beaucoup augmenté depuis quelques années et donne lieu à des exportations assez importantes.
– La fleur du tabac est construite sur le type 5, comme celle des morelles.
– Le fruit est une capsule s’ouvrant en deux valves.
– Les graines très fines sont très nombreuses.

Le datura ou stramoine, Datura stramonium (Solanaceae), (Fig. 32), est une mauvaise herbe, très commune dans les terrains cultivés et sur les décombres de la Région centrale. Les Malgaches les nomment, maimbobe, en raison de l’odeur désagréable de leurs feuilles froissées ou encore ramiary :
– Ce sont de grandes herbes à fleurs blanches, plus ou moins lavées de violacé. Les étamines sont insérées sur le tube de la corolle et leurs anthères ne font pas saillie à l’extérieur.
– Le fruit, souvent appelé « pomme épineuse », est une capsule grosse comme une noix, ornée de piquants. Elle s’ouvre à maturité par quatre fentes.
– Les graines noires, assez grosses, sont nombreuses.
– Ces plantes et en particulier leurs graines ont des propriétés, toxiques et stupéfiantes, bien connues qui leur ont valu le nom créole de « feuilles du Diable » :
– Elles étaient autrefois très utilisées, mais à faible dose dans le traitement de l’asthme et les rhumatismes chroniques.
– Le début de l’intoxication se manifeste par une dilatation marquée de la pupille de l’œil.

Le datura_suave, Datura metel et le datura fastueux, Datura fastuosa (Solanaceae), sont des arbustes à grandes fleurs blanches, pendantes très décoratives et parfumées. Leur nom créole est trompette du jugement dernier. Elles fructifient rarement à Madagascar. Les formes cultivées sont d’ailleurs souvent à fleurs doubles, leurs étamines sont transformées en pièces pétaloïdes et elles sont stériles.

Toutes ces plantes entrent dans l’important famille des Solanacées.

Datura

FAMILLES VOISINES

Les Borraginacées :

a) Les Cynoglosses, Trichodesma zeylanicum (Borraginaceae), (nom formé de trichos = cheveu ou poil et desma = derme), (Fig. 33), ressemblent beaucoup aux myosotis de France. Les créoles les nomment, bourrache sauvage, herbe cypaye ou gingeli bâtard. Les Malgaches suivant les régions les appellent, lelanaomby en sakalava, lelosy, mandraitsirena, sarinatsipenala :
– Ce sont des herbes annuelles, communes dans toute l’île, poussant dans les terrains cultivés, sur les vieux murs et le bord des chemins.
– Leurs petites fleurs bleues, comportent : un calice à 5 sépales et une corolle à 5 pétales soudés, ainsi que 5 étamines insérées sur le tube de la corolle. Le périanthe et l’androcée sont donc presque analogues, à ceux des Solanacées.
– Mais l’ovaire est constitué de 4 carpelles, renfermant chacun, un seul ovule.
– Le fruit est caractéristique, il est constitué de 4 akènes soudés : c’est un tétra-akène. Il est pourvu de crochets adhésifs qui en facilitent la dissémination.

b) L’héliotrope des Indes, Heliotropium indicum, dont les noms vernaculaires sont : herbe papillon, en créole et adabondolo, anamboay, lelomboro, samake, en malgache :
– C’est lui aussi une mauvaise herbe commune dans les jardins, les champs et les rizières, des parties chaudes de l’île, surtout pendant la saison sèche.
– C’est une petite plante annuelle, à fleurs blanches, ayant une organisation voisine de celle des Cynoglosses et groupées en inflorescences caractéristiques : cymes scorpioïdes, dans lesquels toutes les fleurs sont disposées d’un côté de l’inflorescence, celle-ci étant enroulée sur elle-même, en forme de queue de scorpion.

Le Cynoglosse, en malgache lelosy

C’est une petit herbe commune, à fleurs bleues, dont le nom scientifique veut dire « langue de chien », tandis que le nom malgache signifie « langue de chèvre », curieuse coïncidence.

Noter l’ovaire formé de 4 carpelles.

Les Convolvulacées sont des lianes caractérisées par leurs fleurs dont la corolle est généralement en entonnoir, et à pétales si étroitement soudés qu’il est difficile d’en distinguer le nombre :

a) De nombreuses espèces d’ipomées, Ipomea et de volubilis ou liserons Convolvus (Convolvulaceae), sont utilisées pour la décoration des clôtures, des façades et des pergolas. (Volubilis signifie en latin : qui tourne aisément).

b) Mais cette famille renferme aussi une plante importante, au point de vue alimentaire : la patate ou patate douce, Ipomea batatas (Convolvulaceae). Cette plante semble avoir été introduite, vers le XVIIIème siècle à Madagascar et y donne lieu aujourd’hui, à une importante culture. Elle vient bien sous tous les climats, jusqu’à une altitude de 1.800 mètres environ, car elle est très sensible aux gelées :
– C’est une plante herbacée, lianoïde, produisant des tubercules de taille et de coloration très variable, suivant les variétés.
– Ses feuilles sont généralement en forme de cœur, glabres.
– Ses fleurs comportent : un calice à 5 sépales libres, une corolle en entonnoir, composée de 5 pétales soudés, 5 étamines soudées à la corolle et à anthères incluses.
– L’ovaire à deux loges ne comporte que des ovules mal constitués, aussi la patate ne donne-t-elle jamais de fruits. On la multiplie en bouturant des fragments de tige.
– Les tubercules ont une saveur sucrée agréable. On peut les utiliser comme légumes ou pour la préparation d’entremets. On peut en faire des confitures, dont le goût rappelle celui de la purée de châtaignes.
– Les Malgaches consomment aussi les feuilles de patate comme brèdes avec le riz.

Patate douce

Les Apocynacées comprennent des herbes, des arbustes, des lianes et même de grands arbres caractéristiques, par leurs fleurs régulières et construites sur le type 5, à pétales soudés :

a) Ces plantes sécrètent en général un latex blanc et visqueux, qui fut récolté jadis pour la préparation du caoutchouc, Landolphia. Ce grand genre pan-tropical comporte une centaine d’espèces, dont le Landolphia myrtifolia (Apocynaceae) ; 13 de ces espèces sont endémiques à Madagascar et les Malgaches les nomment voakina.

b) La plante, la plus connue de cette famille, dont la réputation redoutable était parvenue en Europe, dès le XVIIIème siècle est le tangena ou tanghin, Cerbera venenifera = Cerbera manghas, dont les graines appelées kebona étaient administrées, comme poison d’épreuve :
Les hovas lui attribuaient un pouvoir divin, lui permettant de discerner l’innocent du coupable : Lorsque deux personnes étaient accusées d’un crime et que ni l’une, ni l’autre, ne pouvait apporter de preuve convaincante de son innocence, on leur administrait le tanghin. La dose légale était de 2 graines râpées dans l’eau, soit environ 4 g. Celui qui survivait à cette épreuve, était considéré comme innocent, mais la plupart du temps les deux parties mouraient.
Pour pratiquer certaines professions et notamment, pour être admis à vendre des médicaments sur le marché, il fallait, d’après une ordonnance d’Andrianampoinimerina, avoir subi l’épreuve du tanghin.
De très nombreuses morts étaient ainsi à déplorer chaque année et cette pratique, jointe à celle d’exposer les enfants nés un jour fady, amenait une dépopulation très rapide. Radama 1er, vers 1820 et à la suite des remontrances que lui fit à ce sujet son ami Hastie, décida que l’épreuve du tanghin ne pourrait plus se faire sur les hommes, mais sur des chiens que chacun d’eux choisirait. Cette prescription ne fut jamais suivie à la lettre, même à Tananarive, et des morts par le tanghin étaient encore à déplorer assez fréquemment jusqu’à la fin du XIXème siècle.
– Le tanghin est un arbuste à rameaux, gros et un peu charnus, à feuilles alternes, groupées au sommet des rameaux, si bien qu’elles y semblent parfois plus ou moins verticillées.
– Dans la forêt de l’Analamazaotra où il est assez commun, il fleurit à la fin de la saison des pluies.
– Ses fleurs sont groupées en cymes au sommet des rameaux. Elles sont d’un blanc rosé et atteignent 2 à 3 centimètres. Elles comprennent : un calice en forme de tube étroit, surmonté de 5 dents étalées ou légèrement réfléchies. La corolle est constituée, elle aussi par un tube plus long que celui du calice, dilaté au sommet et poilu à l’intérieur, elle porte à sa gorge des appendices ovales qui l’obturent presque entièrement et se termine par 5 lobes ovales, aigus, étalés, légèrement tordus à droite. 5 étamines, alternant avec les pétales, sont fixées vers le sommet du tube. Elles sont entièrement dissimulées par les appendices de la gorge. Le pistil comprend 2 ovaires jumeaux, surmontés d’un style glabre qui s’épanouit au niveau de la gorge du tube, en un stigmate orné d’une couronne de poils.
– Des deux ovaires, un seul se développe généralement et donne naissance à une drupe peu charnue, à mésocarpe fibreux, renfermant de 2 à 4 graines.

c) Les Pachypodes, Pachypodium (Apocynaceae), (Fig. 34),
dont Pachypodium densiflorum (Apocynaceae), appelé en malgache songo-songo, comptent parmi les plantes les plus curieuses de cette famille :
– Ce sont des plantes vivaces, des arbustes ou des arbres. Mais ils comportent toujours une souche épaisse, parfois curieusement déformée pour embrasser la forme d’une crevasse de rocher.
– Sur cette grosse souche se dressent des rameaux peu nombreux, charnus, armés de nombreuses épines et sur lesquels se développent, pendant les mois pluvieux de l’année, des feuilles allongées, coriaces et vertes-foncées.
– Les fleurs apparaissent avant ou après les feuilles. Elles peuvent être suivant les espèces :
– jaunes, pour les espèces du centre,
– blanches, pour le Pachypode de Geay, Pachypodium geayi, en malgache, Voantaka (Sak.), (Fig. 35), commun dans le Sud-ouest
– ou d’un rouge très brillant, chez le superbe Pachypode de Windsor, Pachypodium baronii var. windsorii qui tire son nom de « Windsor-Castle » situé près de Diégo-Suarez.
– La forme, du calice et de la corolle, varie selon les espèces, mais l’androcée est toujours formée de 5 étamines, assemblées par leur sommet en un cône très net.
– L’ovaire comprend toujours deux carpelles jumeaux libres. Ici, les deux carpelles se développent en donnant naissance à un double follicule, dont l’ensemble rappelle un peu les cornes d’un bucrane.
Ce fruit double est caractéristique de la famille des Apocynacées et de celle des Asclépiadacées, d’où le nom malgache de tandrokosy :
1°) donné à plusieurs Cabucala, Cabucala ou Petchia (Apocynaceae) qui font partie des Apocynacées.
2°) ainsi qu’aux Pentopetia, Pentopetia (Asclepiadaceae) qui sont des Asclépiadacées.
-Les Pachypodes, en raison de leurs souches renflées, de leurs feuilles rares et éphémères et surtout de leurs racines extrêmement développées qui leur permet d’explorer les couches profondes du sol, résistent admirablement à la sécheresse. Aussi les trouvent-on généralement sur les rochers des hauts sommets du Centre ou dans la région très sèche du Sud-ouest.
-Les Mahafaly déposent souvent des Pachypodes au sommet de leurs tombeaux, constitués par des constructions de pierres sèches et il n’est pas rare de voir ces curieux végétaux, vivre et fleurir des années durant, grâce aux réserves importantes d’eau et de matières nutritives accumulées dans leur énorme souche renflée.

Pachypode densiflore appelé en malgache songo-songo

Il pousse sur les roches du Centre.
Ses fleurs sont jaunes. Il ne dépasse pas 30 à 40 centimètres de haut.
Noter les étamines qui dépassent nettement de la gorge de la fleur.

Le Pachypode de Geay

est spécial au pays des Antandroy. C’est une des plus curieuses espèces de Madagascar.

Ses fleurs blanches, magnifiques, donnent des fruits formés de deux méricarpes, dont chacun s’ouvre en deux valves, laissant échapper les graines pourvues d’une aigrette de longues soies blanches.

d) C’est encore à cette famille qu’appartient la pervenche de Madagascar, Catharanthus roseus (Apocynaceae) : Elle porte en créole les noms de « guillemette » ou « rose amère » et en malgache ceux de vonenina, salotsa, felambaratra, felanandrona :
C’est une plante suffrutescente, à fleurs roses ou parfois blanches, très commune dans les régions chaudes, sur les terrains sablonneux et les alluvions des fleuves.
Ses racines très amères sont réputées pour leurs propriétés toniques et stomatiques.
On tire de ses feuilles la « vincaleucoblastine » utilisée dans le traitement de la leucémie et de certains cancers.

Les Asclépiadacées ne diffèrent guère des Apocynacées, que par leur pollen qui est aggloméré en « pollinies », alors qu’il était pulvérulent chez les plantes précédentes :
– Elles contiennent, comme elles, un latex blanchâtre qui peut produire chez certaines espèces du caoutchouc.
– Mais alors que les Apocynacées (Pachypodes mis à part) habitaient souvent la forêt de l’Est, les Asclépiadacées sont plus souvent les hôtes du bush ou de la savane de l’Ouest et des rocailles du Centre.
– Ce sont généralement des lianes feuillées ou aphylles, quelquefois pourvues d’un tubercule.

a) L’une des plus connues est le lombiro ou Cryptostégie, Cryptostegia madagascariensis (Asclepiadaceae) qui fit l’objet d’une recherche intense, pour la récolte du caoutchouc que produit son latex :
– C’est une liane ou un arbuste à rameaux flexueux, portant des feuilles ovales, plus ou moins acuminées au sommet, d’un vert foncé.
– Ses fleurs roses sont très décoratives. Elles comportent : un calice court à 5 dents, une corolle à tube court évasé en entonnoir et terminé par 5 lobes ovales imbriqués, se recouvrant à droite. Une couronne d’appendices, plus petits que les pétales, insérés sur la gorge de la corolle. Les 5 étamines sont terminées par un organe pointu, soudé au style. Chaque loge d’anthère comporte deux pollinies qui sont des masses de grains de pollen soudés entre eux.
– Le fruit est un double follicule, court et épais, parcouru longitudinalement par 3 côtes saillantes.
– Il contient de nombreuses graines pourvues d’une aigrette de fine soie.

– Le latex du Lombiro, riche en caoutchouc, a d’autre part des propriétés toxiques qui le font utiliser par les Sakalaves, comme onguent contre la gale.
– Ses tiges renferment des fibres, fines et solides qui pourraient être utilisées pour le tissage.
– Enfin, les aigrettes de ses graines servent aux-mêmes usages que l’amadou, pour les populations de l’Ouest.
– Cette liane a été introduite, tant pour la beauté de ses fleurs, que pour ses usages industriels dans de nombreux pays (Maurice, Inde, Floride, Californie et Mexique)
– Une sélection des plantes, en vue de l’augmentation de leur teneur en caoutchouc, fut pratiquée aux Etats-Unis et permet de porter cette teneur de 2,5 à 6%.
– On a isolé le principe toxique : c’est un glucoside cardioactif, proche de la digitaline.

b) Parmi les lianes aphylles, les Cynanches, Cynanchum, sont les plus curieuses :
– Le Cynanche de Perrier, Cynanchum ampanthense = Cynanchum humbertii (Asclepiadaceae), est assez abondant sur les rocailles du Tampoketsa d’Ankazobe. C’est une liane sans feuille, à rameaux charnus, un peu verruqueux et couvert d’un épais enduit cireux.
– Ses fleurs sont extrêmement curieuses dans leur détail, mais elles ne mesurent pas plus d’un ½ centimètre et sont assez difficiles à observer. Elles comportent : un calice à 5 sépales verts, charnus, faiblement soudés à leur base ; à l’aisselle de chaque sépale se trouve une glande volumineuse. La corolle est blanche, repliée sur elle-même de façon compliquée. Vu d’en haut, elle forme un pentagone assez régulier, dont le centre est occupé par le sommet des 5 lobes repliés sur eux-mêmes, vers l’intérieur. L’échancrure entre les lobes est située juste en face de la nervure médiane du sépale. À l’intérieur de cette corolle presque complètement fermée, on distingue 5 lames blanchâtres, alternant avec les pétales et qui constituent la couronne. Elle s’applique sur une pièce centrale volumineuse, résultant de la soudure du stigmate et des pollinies, nommée gynostème.
– Le fruit est encore un double follicule assez épais, à surface irrégulière.
– Il laisse échapper à maturité de nombreuses graines pourvues chacune d’une aigrette de poils soyeux.